“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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Trip Tips - Fanzine musical !

mercredi 5 août 2009

Bowerbirds


Alors que le Phil Moore avait été payé en Caroline du Sud par un musée d’histoire naturelle pour observer les oiseaux, sa compagne Beth Tacular peignait – elle cherchait des idées de peinture lorsqu’elle est tombée dans une encyclopédie pour enfants sur le Bowerbird, oiseau Australien au plumage noir. On retrouve ces occupations contemplatives dans ce qu’évoque leur musique à l’alchimie irréprochable. Comme Joanna Newsom, Alela Diane, Bill Callahan, Peter Broderick, Justin Vernon, ou encore Department of Eagles, les Bowerbirds tentent de saisir l’essence d’une Amérique nomade et volatile, rêveuse, éthérée mais profondément enracinée.

La musique traditionnelle est ainsi le principal matériau travaillé par le trio, constitué du couple et de Mark Paulson à la batterie. C’est en récupérant à son compte un aspect de son qui, s’il peut apparaître comme un genre de folk traditionnel, est en réalité réécrit par des dons multi-instrumentistes, qu’il trouve son identité. La présence notamment d’extraordinaires percussions et d’accordéon, ce à quoi il faut ajouter la jeune et changeante voix de Phil Moore, se prêtent à merveille à l’approche bucolique du groupe - dans la tradition appalachienne. Ils préfèrent, comme les plus grands, la justesse à la perfection, le dépouillement à la surcharge, laissant percer l’émotion et la finesse au travers de pièces plus solides qu’il n’y paraît.

Dans la vraie vie – celle qu’ils mènent hors du bois aux fées et de la cabane de sapin où ils ont l’habitude d’enregistrer - Beth Tacular et Phil Moore sont à la tête d’une entreprise qui s’occupe de webdesign, ce qui leur permet de travailler même lorsque ils sont en mouvement - ce qu’ils font la plupart du temps, tirant leur caravane Airstream pour y loger. De son côté, Mark Paulson est serveur dans un restaurant et enregistre le travail d’autres groupes. Il apparait que Phil Moore et Mark Paulson se connaissent de longue date, puisqu’ils ont joué ensemble dans une formation appelée Blast Force, puis Vivid, Speed and Sauce et Ticonderoga, groupe dont le nom évoque l’un des ces groupes de touaregs qui courent le Sahara avec guitares et amplis chargées sur leurs dromadaires (Tinariwen, etc.) Une autre culture aux similarités étranges avec celle des Bowerbirds.

Le groupe a démarré en été 2005, et ce n’est qu’après l’écriture des premières chansons que Beth Tacular a appris à jouer de l’accordéon, ce qui, avec le recul, est peut être l’apport de spontanéité idéal à l’alchimie d’un groupe composé par ailleurs de musiciens rodés. Sur la lancée de Hymns of a Dark Horse, au début de 2008, le groupe répond à de nombreuses interviews, signe qu’ils éclatent alors au grand jour. La France continue cependant de les ignorer. Mais n’a-t-il pas fallu attendre 2005 et Cripple Crow pour que l’on commence à saisir ici l’essence du mouvement nu-Folk amené par le charismatique Devendra Banhart ? Pourtant, Phil Moore fait honneur à ce pays en disant aimer Que ma joie demeure, de Jean Giono.

Aux Etats Unis, il y avait dans cet engouement pour les Bowerbirds et les autres la preuve que le nu-folk est reconnu comme davantage qu’un genre qui fait des émules ; c’est le nouveau son d'un pays toujours en quête entre racines et modernité, le son d’un continent de campagnes. Un son qui va au-delà des frontières, et d’ailleurs embrasse des influences étrangères aussi naturellement que celles de son propre territoire. Bowerbirds est sans aucun doute un groupe de world music avant tout. Et au fil des écoutes, au nom de ces multiples façons de les appréhender, et de quantité d’autres détails qui se défilent peu à peu pour tomber sous le sens, ils apparaissent rapidement comme un acteur essentiel de la musique contemporaine.

Discographie :

Danger at the Sea (2006)
Hymns for a Dark Horse (2008)
Upper Air (2009)
The Clearing (2012)...







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