“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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Trip Tips - Fanzine musical !

mercredi 28 septembre 2016

KOKOMO - Monochrome Love Noise (2016)





O
sombre, contemplatif, puissant
post rock

Voilà un album qui mérite d'être apprécié, même s'il est devenu difficile, depuis quelques années, d'impressionner dans le genre post rock, qui a rencontré des sommets avec Sigur Ros, pour ma part. C'est un disque bien conçu, avec des morceaux dynamiques, autour de sept minutes pour les mieux développés. C'est quintet allemand enregistrant son quatrième album, sans chant mais pas sans quelques voix qui participe de l'ambiance contemplative. Ainsi, ils n'ont pas peur d'affronter ce genre post rock pour lui insuffler un peu de vie, ou de non-vie, puisqu'il est quasiment question de zombies (I am Bill Murray n'est-il pas une référence à Zombieland?). La peur est un thèmes universel qui permet au groupe de considérer leur musique avec honneur, comme s'ils faisaient face à leur destin. Ils voient là l'occasion de produire une œuvre énigmatique et pleine d'une appréhension sourde, avec en fil conducteur une affaire de survie globale. L'être humain et son environnement progressent dans une harmonie fragile, en recul constant, que représentent ces quelques fleurs. Judith Hess est invitée à chanter "Wake up, hold up" sur le premier morceau, Pills & Pillows, tandis que l'avant dernier, hurlé, trahit l'érosion de l'optimisme, le passage de la lumière à l'ombre :" I push you down, I watch you die »... Kokomo sonne comme un groupe se composant et se découvrant à chaque étape de nouvelles ressources dans les deux extrémités du spectre de la vie.

On parle souvent de musique cinématique pour le post-rock, mais cependant les ambiances ne sont pas totalement visuelles : il reste à la fin de l'album des choses qui n'ont pas été montrées et donc irrésolues, tandis que l’auditeur s'est laissé gagner par la puissante enveloppante des guitares, de la basse ronflante, de cuivres parcimonieux (trompette trombone...) et d'une batterie qui maintient effectivement cette expérience dans le domaine de la musique - intense, changeante à défaut d'être vraiment surprenante, et qui parfois - notamment sur I'm Not Dead – dépasse nos espoirs. C'est dans les contrastes que ce disque s'affirme, lentement, quand sa simplicité apparente, à nos oreilles habituées, devient de la franchise, et la progression de chaque morceau se fait plus définitive. Ainsi, c'est une autre définition du rock instrumental que Kokomo apporte sans litanies ni fioritures.

https://kokomoband.bandcamp.com/album/monochrome-noise-love

HAMILTON LEITHAUSER & ROSTAM - I Had a Dream That You Were Mine (2016)




~
indie rock


Quand j'ai commencé à parler d'albums, je ne me souciais pas de savoir si je les écouterais encore un an plus tard. C'est moins le cas aujourd'hui, crois-je en écoutant ce disque. Un plaisir fugace, et comme la musique provoque toujours des émotions sans support, des émotions quasiment vaines hors de leur rôle de nous faire mieux vivre l'instant, l'existence de tels disques se justifie. Mais pas dans la durée, où I Had a Dream That You Were Mine s'avère décevant.

Le single A 1000 Times résume bien l'album : d'ailleurs le titre de celui-ci reprend assez péniblement l'une des phrases du refrain de cette chanson. Elle repose sur de petites astuces de production qui la font sonner incroyablement jeune et dynamique pour une chanson des années 50, ou presque. Déballant dès la première seconde les deux choses qui nous font légèrement craquer pour cet album – une mélodie entêtante et la voix d'Hamilton Leithauser – elle multiplie les pistes (vocales...) tout en restant la même rengaine insistante. « J'ai fait ce rêve mille fois », chante astucieusement Leithauser, et si l'on est convaincu par l'énergie de la chanson, elle sonne effectivement comme une redite. Le contenu lyrique de chaque chanson n'est pas à craindre ; Leithauser et Rostam Batmanglij y ont bien travaillé. Et l'album sait profiter de la capacité de son chanteur à endosser plusieurs personnalités, crooner ou rocker à la voix éraillée. Un bon moyen de réaliser la vanité de la démarche est d'écouter Rough Going (I Won't Let Up). La chanson n'a rien de 'rude' comme le titre pouvait le laisser penser, mais surtout la voix superposée en chorale de Leithauser sonne creux.

Bien sûr, il a pu parfaire son charme New-Yorkais et le son de ses guitares avec les Walkmen pendant des années, se détachant de l'ombre tutélaire de Bob Dylan avec une voix progressivement moins nasillarde, et apparaît aujourd’hui comme un artiste n'ayant plus beaucoup à prouver. Son charme est une paresse bien goupillée, capable de surgir à chaque fois qu'on s'y attend, ou presque. I Had a Dream That You Were Mine peut paraître malin en combinant ancien et moderne, mais ce n'est pas suffisant pour faire une musique qui reste crédible.
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