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mercredi 5 août 2009

Black Mountain - In The Future


Deuxième album de Black Mountain, In The Future commence avec Stormy High, riff énorme et clavier toutes dents dehors. C’est clairement les années 70 qu’embrasse, en surface, ce quintet de Vancouver. Déjà, la pochette évoque King Crimson ; et pourtant, ce n’est pas King Crimson. Le deuxième morceau brouille d’ailleurs un peu les pistes, mais c’est pour mieux révéler l’aspect le plus crucial de ce disque ; la tristesse et la noirceur latente, pour ne pas dire la colère qu’exprime le combo. Tyrants nous ramène à notre première impression que Black Mountain est un groupe de prog-rock, bien qu’ils viennent de prouver qu’ils peuvent se mettre à nu et ne pas construire vainement, avec Angels. L’occulte de Black Sabbath est bien présent à nouveau, et les paroles en appellent à un monde meilleur dans un déluge d’ambiances écorchées. Après une longue plainte de Stephen Mc Bean (leader et producteur du disque), le morceau s’arrête puis repart dans une lourdeur presque métal. Phénoménal de beauté et de puissance, Tyrants est l’un des meilleurs morceaux de l’album, et parvient très bien à en cerner l’ambiance générale, qui n’est pas vraiment à l’allégresse.

Cette saga de science-fiction continue avec Wucan. Moins plombé, ce morceau est moins Led Zeppelin que Pink Floyd, avec une batterie métronomique et implacable qui s’impose lentement. Le disque semble lancé sur une ligne plus instrumentale et réfléchie que rock spontané, tentant d’atteindre en se développant quelque endroit intime à l’expérience du groupe, et mettant ainsi en avant l’entité du quintet. Tandis que la musique avance, il semble n’y avoir aucun espoir de retour. Stay Free calme le jeu mais se révèle inoubliable, et fait complètement partie du rituel. Si Black Mountain n’est pas déjà de l’autre côté du Styx, ça ne saurait tarder.
Alors que les riffs semblaient sur Stormy High ou Tyrants la force motrice première de la musique, c’est le chant modulé de miss Amber Webber qui donne sa direction à Queens Will Play, tandis que les claviers confirment leur rôle prédominant. Le morceau revient plus loin au psychédélisme, lorsque guitare et claviers effectuent des volutes, avant l’apparition d’un riff dans lequel on peut, enfin, voir assurément la marque de fabrique authentique d’un groupe encore en devenir.
Ainsi, certains morceaux se construisent comme des voyages d’un point à un autre, d’autres comme de simples échappées, des fuites vers l’inconnu. Evil Ways voit le retour d’un son et même d’une voix qui se rapproche beaucoup de Black Sabbath, influence poisseuse qui colle parfaitement à l’ambiance du disque et le cimente plutôt que de le détourner de sa sincérité. Les influences sont parfaitement assimilées à l’identité du groupe. L’occulte est de retour avec Brights Lights, morceau ambitieux de seize minutes étouffant mais passionnant. Il ne s’agit plus d’un voyage, mais d’une sorte de purgatoire. A ce stade, In The Future devient religieux, la musique un rite et le chant à deux voix une incantation. Heureusement, une salve de guitare vient sauver Brights Lights de la torpeur dans laquelle il risquait trop sûrement de s’enfoncer, rétablissant ainsi l’équilibre d’un groupe qui campe décidément bien sur ses dix pattes. Et de plonger à nouveau…
De multiples transformations semblent faire de Bright Lights une pièce maitresse du rock indépendant contemporain. Un disque qui invoque la participation de l’auditeur, et qui, plutôt que de chercher à le surprendre, tente de se faire accepter du fond de son abyme. L’écouter c’est plonger sûrement dans un voyage passionnant, loin de tout bricolage néo seventies.
  • Parution : 22 janvier 2008
  • Label : Jagjaguwar
  • A écouter : Stormy High, Tyrants, Queens Will Play, Stay Free

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