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James Vincent MCMORROW

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vendredi 7 août 2009

Wild Beasts - Two Dancers (2009)




Parution3 août 2009
LabelDomino
GenreRock alternatif, pop
A écouterHooting and Howling, This is Our Lot, The Empty Nest
/107,50
Qualitésludique, original, doux-amer

Two Dancers fait suite à Limbo Panto (2008) et sa pop déjà subtile, soignée et excitante, due partie à la voix de falsetto de Hayden Thorpe et partie à l’intelligence qui émane de ces fabrications délicates et colorées. En contraste avec leur précédent disque, pourtant, les sonorités sont plus homogènes et parfois dansantes, et les percussions savent s'installer progressivement, laissant une agréable appréhension. De l’ensemble, à la fois excentrique ("Kendall… les gens ont tous des comportements étranges là bas et ça ne gêne personne", raconte Thorpe), légèrement irrévérencieux (du fait de la voix haut perchée de Thorpe notamment) et classieux, naît un fort pouvoir d’inspiration, l’impression d’assister à l’éclosion d’un classique d'un genre tout poli et neuf . Une alchimie impossible à expliquer correctement (« Ce qui nous plait le plus dans l’art ce sont les choses à la fois incompréhensibles et incroyablement accessibles »).

C’est à Antony ou Scott Walker que fait penser la voix de Thorpe (« Nous avons pour principe de ne pas nous laisser influencer par aucun autre groupe », nous dit t-il). Mais la pop, c’est également Mickael Jackson, Prince, Marvin Gaye. Sa moustache dans le clip du de The Devil’s Crayon Un morceau qui part de l’idée que le diable dessine avec des crayons de couleur »), est quant à elle une référence directe à celle de Freddie Mercury de Queen. La pochette évoque également ce monde underground, sensuel et gothique, entre art contemporain New-Yorkais et Robert Smith. Surtout, Two Dancers est court et très cohérent, comme taillé dans un seul bloc de pop supérieure et maligne.

La dernière grande progression anglo-saxonne de la décennie.

L’album commence avec Two Fun Powder Plot, qui se met en route avec une aise extraordinaire et imparable, usant de sonorités électronica et d’une guitare hypnotique qui va peu évoluer au cours du morceau. La percussion a finalement un pouvoir asseyant, tandis que le chant de Hayden Thorpe ne révèle que lentement ses subtilités, jonglant entre voix de tête outrageusement haut perchée et simili-Scott Walker qui devient dans cet environnement très pop comme une expérience totalement nouvelle et addictive. La volonté est de composer des morceaux très directs, qui ne soient pas indigestes, à mille lieues du folk du folk complexe dont l'Amérique se repait pendant ce temps. Vient ensuite Hooting and Howling. Hayden, les yeux clos, l’air hautain, agite ses bras pour se maintenir en apesanteur tandis que claviers, guitare et batterie prennent l’eau (tout cela est bien sûr extrait du clip qui accompagne le morceau). Beau déluge naïf et sensuel.

Les chœurs se mêlent ensuite de la mélodie et lui donnent une nouvelle dimension, au sein d’un morceau toujours aussi efficace et surprenant. A ce moment déjà, on imaginer le fort pouvoir que le groupe va exercer sur la scène anglaise dans les mois à venir. Il est plausible de penser qu'on va bientôt « jouer à la manière des » et « chanter à la manière des » Wild Beasts, ce qui est le signe qu'une formation importante est en train de se trouver. Dommage que When i’m Sleepy soit si courte, car elle est obsédante dans es manières chaloupées et caressantes. Quelques faiblesses lyriques apparaissent à la longue (mais le disque ne fait que trente sept minutes !) qui ne pénalisent pas l’album dans sa globalité, tant on veut n’en retenir que ce qui fait sa force ; originalité, influences (les Smiths ?) maîtrisées, etc.

Aucun groupe anglais d’aujourd’hui ne pourra vous détourner assez longtemps de celui-ci, parce qu’on se sent instruit de quelque tendance future comme ce fut le cas pour le post-punk (Joy Division), la new-wave (New Order), le romantisme (The Cure) ou un peu des trois (Talk Talk) en leur temps. La plus grande performance des Wild Beasts ; produire la nouvelle étape de la musique anglaise. Sans doute la dernière grande progression anglo-saxonne de la décennie, dans une lignée qui prend ses racines au début des années 80 et donna entretemps un regard de convoitise sur l’Afrique (Vampire Weekend ?) Il y a aussi dans le disque de cette culture club (Orange Juice, The Associates).

Il est dommage que le patronyme du groupe paraisse aussi banal. « fauves » pour un hommage au fauvisme, mouvement artistique du 20ème siècle qui favorisait la recherche de nouvelles chromatiques (« Ce que j’aime avec l’art moderne c’est qu’on peut mélanger les styles et ça donne quelque chose de plus intéressant »). Matisse et Braque en furent les principaux contributeurs et créèrent le scandale. Un peu l’équivalent en peinture de David Bowie gagnant la scène en mascara et combinaison alien moulante. Le pouvoir provocateur de ce nouvel album des Wild Beasts n’est vraiment pas à négliger. La presse outre-manche a souvent tendance à fantasmer ses découvertes ; mais il se pourrait que cette fois elle puisse exulter pour de bon.

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