“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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lundi 11 juillet 2016

BADLAND REVIVAL - Interview (V.F. - V.O.)




Badland Revival, c'est un tout jeune groupe d'humeurs diverses, en recherche d'authenticité. Avec leur premier album, ils parviennent à un résultat quasi télépathique, leur son spontané et vivant sans perdre une miette de l'énergie des concerts. Après deux chansons rutilates qui donnent un sens vigoureux à leur formule, Foggy (Little One) joue le premier revirement, sous forme d'une ballade au banjo. Plus loin, Mr Hawai encapsule leur envie de s'amuser : Come, on, springtime is here... » Difficile d'arguer contre une petite chanson limpide telle Fact is Fiction, par laquelle ils brouillent, dans le recueillement, la frontière entre réalité et imagination.
Cette musique ensoleillée, habilement affiliée à la country -blues sudiste, n'attend que de conquérir un nouveau public qui ait le désir de s'abandonner.  Conquis par le potentiel de ce groupe, Trip Tips les a interviewés.

Comment le groupe est t-i né ? Mr Hawaï était t-elle votre première chanson terminée ?
La plupart d'entre nous nous connaissons depuis longtemps, en fonction des groupes dans lesquels nous avons joué, ou en supportant des projets solo, entre amis. Cela nous a simplement pris du temps, et de l'éloignement géographique, pour réaliser que nous fonctionnions bien ensemble. En ce qui concerne notre première chanson, Live Slow/Die Whenever était notre étendard, elle nous a vraiment servi à poser notre façon d'approcher l'écriture des chansons. (Mr Hawaï est venue peu de temps après.)

De quelle manière votre son est t-il lié à la Floride, où vous vivez ?

La Floride est un état éclectique, résidence de personnes très différentes, et cela a complètement marqué notre jeunesse. De plus, j'aime penser qu'en tant que groupe, nous sommes le reflet de cela, avec la diversité de notre son comme expression naturelle de notre culture. Le rock grincheux, le blues rugueux, et les paroles portent leur loyauté à un héritage. A l'exception de Mr Hawaî qui renvoie plus simplement au plaisir de la plage et du soleil, les autres chansons sont une combinaison de choses qui animent la Floride en son cœur.

Quelles sont vos inspirations pour les beaux sons de guitare ?

Merci ! Nous avons eu une approche originale, due au fait que nous travaillions avec trois guitaristes. L'un d'entre eux a changé pour la basse, mais l'idée est restée : nous voulions que les guitares aient une vraie force, viscérale. Nous étions prêts à sacrifier la clarté tonale, ou même la précision, dans l'idée d'obtenir le genre de son vous transportant dans un concert rock à l'ancienne, dans lesquels les groupes se chauffent de tout bois et passent une heure marquante sur scène. Notre guitariste lead, Grayson Hendren, est constamment en train de chercher l'équilibre de ses mélodies, se mettant dans un continuum entre un son signature et la formulation d'un moment unique à chaque chanson. Sa technique joue un grand rôle dans les variations entre les chansons.

S'affilier au swamp rock, c'était une bonne idée pour se faire repérer ! Vu d'ici, on pense à Tony Joe White, le 'renard des marais', et à un son de guitare bien précis. Mais j'ai appris que cette musique est faite de toute la diversité musicale de la Louisiane : boogie, country, rock, blues....
Polk Salad Annie! [Une chanson culte de White] Tony Joe White est vraiment de bonne compagnie ! Une partie de la musique la plus cool du dernier siècle est venue des bayous de la Louisiane, à notre avis. C'est une source d’inspiration inépuisable pour de nombreux groupes. Nous venons d'un si large spectre d'influences et d'ex-groupes, mais nous avons réalisé que toutes ces empreintes musicales provenaient de ces sons des bayous. Selon nous, ça nous fait revenir à l'âme qui anime la musique. En Louisiane, comme à Chicago ou Detroit, les scènes musicales se développent nourries par une telle âme, un tel cœur, cela devient impossible de s'y arracher dans la musique elle-même. L'âme, je pense que c'est une chose qui se perd dans la musique moderne. Je pense que les gens vont entrer en connexion avec le blues et la musique des mélanges, car, comme l'espèce humaine, c'est plus axé sur l'émotion que sur la logique.

Vous dites avoir voulu retourner à une rugosité qui n'est plus présente dans le rock aujourd’hui, et je vous associe à un retour aux racines du rock. C'est vrai avec Live Slow/Die Whenever ou Seven Year Sickness, mais c'est aussi par son côté laid back que l'album se démarque... Était-ce votre intention ou est-ce venu naturellement ?
C'est un peu le produit de notre temps limité dans le studio, mis c'est aussi ce que nous sommes en tant que personnes. La façon dont nous écrivons influence directement la chanson qui en résulte. Nous nous réunissons dans notre espace et nous jamons. NYOR ou Bring Your Own Riff (une forme de Do It Yourself) est ce qui marche le mieux pour nous. Certaines de nos meilleures chansons viennent d'un riff joué accidentellement pendant une jam-session insensée de trente minutes ! D'ailleurs, les chansons se forment plus vite avec cette méthode d'improvisation, car la musique ne devrait jamais être difficile à créer. Si une chanson devient trop difficile à construire, alors il se peut qu'elle ne vaille pas le temps que vous lui consacrez. Nos chansons sont des conversations entre nous ; parfois elles sont amusantes, parfois sérieuses, et parfois elles ne nécessitent qu'une seule voix (acoustique) pour les interpréter, pendant que les toutes les autres voix sont sorties prendre l'air pour un break de cinq minutes !

On sent que cet album a été produit avec peu de chose, aussi, ce qui lui donne un côté intime à des chansons comme Five Point Blues et Dom's Song. Cela donne son humeur à l'album, avec les sifflements, les claps, ou le drôle de chant à sur No Bone. Comment aurait t-il sonné si vous aviez eu plus de possibilités ? Imagineriez vous utiliser des cuivres, par exemple ?
Nous devons beaucoup à notre producteur et ami Adam Chadwick des Plush Studios, à Longwood, en Floride. Il est l'une de ces personnes aimant vraiment intervenir comme une autre voix de la conversation, qui est la musique – et il a usé de leviers de géant pour faire en sorte que ces chansons soient enregistrées comme il fallait. Tu as raison, nous avions un budget minuscule pour cet album, et à peu près quatre semaines pour écrire et enregistrer toutes les chansons. Si nous avions l'argent pour avoir des cuivres, des chanteurs et ce genre de choses, nous sauterions sur l'occasion. Par chance, avec la nouvelle musique, que nous commençons à répéter et que nous enregistrerons au mois de mai, nous allons explorer de nouvelles pistes pour ajouter des muscles aux squelettes de ces chansons.

Pouvez-vous raconter l'origine de a chanson Virtue for Sale ? Ou Fact is Fiction

Ces chansons ont une signification particulière pour moi, car elle ont évolué tandis que je gagnais en maturité et que je devenais un meilleur songwriter et chanteur. Badland Revival a réussi à en faire ce qu'elles devaient devenir. Les deux touchent les mêmes thèmes, grandir hors de la réalité perçue, et vers une forme de réalité plus intense. L'une d'entre elle considère la nature abstraite du bien et du mal, l'autre évoque le danger de s'accrocher trop étroitement aux faits, avec un mépris pour l'importance de l'imagination.

Comment sonnera votre prochain disque ?

Le prochain album va polir le style que nous avons abordé dans le premier. Nous savions que nous voulions explorer quelque chose dans la veine de ce que nous avons fait avec Mr HawaÏ, mais depuis lors nous avons pu clarifier cette direction dans de nouvelles chansons, de la même façon qu'avec les chansons plus brutes, nous avons trouvé des façons de les rendre plus performantes.

Quelle est le moment dont vous êtes le plus fier en tant que groupe ? Et en tant que chanteur ?

En tant que groupe, je pense que nous sommes les plus fiers du dévouement dont nous avons fait preuve dans la dure, pour nous révéler à travers la musique et la partager avec des gens qui n'avaient jusque là jamais prêté d'attention à ce type de rock & roll ! Et pour le reste, il y a une liberté dans ce projet à laquelle aspire tout chanteur. Cela passe de chansons profondément émotionnelles à des choses purement fun, ou énervées, cet album est en défi en matière de diversité et de style. D'être capable de parvenir à un seul album avec tant de diversité est un accomplissement.
Merci...

Merci pour la discussion ! Nous avons des vidéos sur You Tube, des reprises de chansons... Notre Facebook est mis à jour chaque semaine avec de nouveaux contenus, ça vaut bien un Like !


The majority of us have known one another for many years, in and out of other bands together or supporting solo projects as friends. It simply took some time and geographical distance for us to realize we work well together. As for our first song, Live Slow/ Die Whenever was our flagship, and really served to set the tone for how we approached writing. (Mr. H came shortly thereafter).

 How is your sound bounded to florida, culturally speaking ?


Florida is an eclectic state, home to many types of people, and it shaped the entirety of our early lives. Therefore, I like to think we are a reflection of that, with the diversity of our sound as a natural expression of our home's culture. Grit, blues, and lyrics speak to heritage. Mr. Hawaii speaks to the beach and love of the sun. Still other songs act as a combination of many things, which is Florida at its core.
What are your inspirations for the superb guitar sound ?


Thank you! When it came to guitars and tones, we took an odd approach to it, as originally we were working with three guitarists. One eventually migrated to bass, but the idea we had remained: we wanted the guitars to have a power and a gut in them. We are willing to sacrifice total tonal clarity or even accuracy in the process of achieving some kind of sound that almost transports you to an old school rock concert where the band is hitting you with everything they got for an hour on stage. Our lead guitarist Grayson Hendren is the tone-snob of our group, and he is constantly trying to balance his lead guitar tones on a continuum between a signature voice and a unique experience. That plays in heavily to our variations song-to-song.


I think that being affiliated to swamp rock is a good idea to put you appart from a lot of bands. From France, it makes us think of Tony Joe White and a very peculiar guitar sound. But i found out that this music is much more diverse, showing all the diversity of Louisiana music : boogie, country, rock, blues...

Polk Salad Annie! Tony Joe White is good company to be in! Some of the coolest music of the last hundred years has come from the bayous around that Louisiana area in our opinions. Most music that has influence one group or another has come out of there. We all come from such a broad spectrum of influences and former bands, but we found that all of those influences originated from these swampy sounds. It just really comes down to the soul of the music for us. These places like Louisiana, Chicago, or Detroit develop these music scenes fueled by such heart and soul, it becomes inescapable in the music itself. I think that is something we see missing in modern music. Although there's a lot more to dip your feet into these days, it also gives a voice to people who do not necessarily have anything new or unique to say. I think people will always connect with bluesy, swampy music because, like human-kind, it is more emotionally charged than mathematically centered.
You said you wanted to go back to a grit mostly absent on rock music these days. It is true in Live Slow/Die Whenever or Seven Year Sickness, but there is also a laid back and elegant vibe that puts this album appart... Was it your intention or did it came naturally ? This is a music and a singer smiling, trying to change the listener softly. And most of all, the strong point is that the record is made of diverse songs...


It is a little bit the product of limited time in the studio, but it is also part just who we are as people. The way in which we write directs entirely how the songs come out. We get all of us into a practice space and we just jam. BYOR or Bring Your Own Riff mentality is just what we found works best for us. Some of our best songs come from one riff accidentally played during a thirty minute non-nonsensical jam session. However, the songs shape themselves faster in this improvisational method, because music should not be hard to create. If a song gets too difficult to build, than it might not be worth your time. Our songs are conversations between the lot of us; sometimes these conversations are fun, sometimes serious, sometimes uplifting, and sometimes they just involve a singular (acoustic) voice because all the other voices went outside for fresh air and a five-minute break!

It feels like this album is produced with relatively little money, with gives songs like Five Point Blues or Dom's Song an intimacy. It gives the album its mood, with whistles, claps, or the funny mouth noise on No Bone. How would it have sounded with more ways to do it ? Could you imagine using brass, for example ?

First, big credit goes to our producer and good friend Adam Chadwick at Plush Studios in Longwood, FL. He is one of those people who truly enjoys being another voice in the conversation, which is the music-- and has been such an enormous help to getting these songs laid down properly. You're right though, we had a shoe-string budget for this album, and only about four weeks to write and record all the songs. If we had the funds to bring in brass, background singers, and such we would jump at the chance. Luckily, with the new music we are just getting into the studio to record this May, we will be exploring adding those muscles to the skeletons.

Could you write about the meaning of Virtue for Sale ? And Fact is Fiction, which seems to be at the heart of the record...

These songs are particularly special to me, as they have evolved along with me as a person, writer, and singer. Badland Revival has finally brought out what these songs were always meant to be. Both touch on some of the same themes, growing out out of perceived truth and into reality. One considers the abstract nature of right and wrong, the other touches on the dangers of holding to tightly to fact with disregard for the importance of imagination.

What will your next album sound like ?

The next album is going to be a bit of a polishing to the style we had explored in the first release. We knew we wanted to explore something in the vein that we did with Mr. Hawaii, but since then we have been able to clarify that direction in some new songs, and just the same with the heavier tracks-- we have explored ways to lean into those directions with more polished, raw intensity.

What is the moment as a band that you are the most proud of ?

As a band, I think we are most proud of the dedication from all five of us to go the distance to push through and share our music with people who may never knew they enjoyed this type of rock and roll! Also, we are proud of figuring out how much fun hitting golf balls into a lake can be when bored.
And as a singer ?
There is a total freedom in this project that every singer dreams of. From deeply emotional, to pure fun, and grit, this album challenges range and style. To be able to put together a single album with such diversity is the hope of any singer. 

Thank you so much for letting us chat with you! We just want to make sure everyone knows to check out our YouTube channel for music videos, cover songs, and more. Also our Facebook is updated weekly with new content, so it is worth a Like!

lundi 20 juin 2016

ATLANTER - Interview (2016)





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Arild Hammerø , chanteur, guitariste et compositeur d'Atlanter, le fascinant nouveau groupe de rock alternatif norvégien, répond aux questions de Trip Tips. Leur album fait partie des grandes découvertes de la première moitié de l'année 2016.

Un des premiers groupes auxquels votre album m'a fait penser, c'est Genesis, et j'ai pensé que sans doute le temps était venu de remettre du rock progressif dans le domaine du rock à danser... Quelles sont vos inspirations pour le son des guitares ?

Arild Hammerø : Ahh, merci de penser à Genesis en écoutant notre musique ! Genesis est une inspiration majeure pour moi, et pour Morten (le bassiste). Je sais que Jens et Jonas apprécient aussi, mais leur goût pour la musique progressive des années 60/70 n'est pas aussi fort que le mien, ha ha. Nous avons une palette d'influences assez diverse, mais personne ne néglige le rock progressif. Je suis très inspiré, du point de vue de la guitare, par des guitaristes comme Steve Howe [Yes] et Steve Hackett [Genesis]. Le façon dont Robert Fripp [King Krimson] crée des lignes de guitare fluides m'a beaucoup inspiré.

Ce qui, je pense, est l'aspect le plus distinctif de Genesis, c'est leur habileté à créer des sections musicales qui évoluent harmoniquement d'une façon très organique. Je pense souvent à leur approche quand je compose, et en particulier quand j'improvise. Quand le groove évolue simultanément avec des progressions harmoniques, c'est mon truc favori.

Il semble que dans ce type de groupe, le batteur est l'élément moteur pour permettre à la musique de prendre des voies changeantes et successives. Quel a été son parcours pour en arriver là ?

Jens a une formation musicale. Et je suppose qu'il a joué avec tant de groupes différents dans des milieux divers qui l'on rendu versatile. Sa façon de garder le groove, très relâché tout en gardant une direction musicale affirmée, en fait un très bon batteur pour la musique que fait Atlanter.
Comment trouve t-on le succès aujourd’hui ?
Si on répond à ça, nous allons sans doute t'embobiner ha ha !Mais si on définit le succès comme avoir la liberté de faire ce que tu veux vraiment réaliser, quelque chose qui ne soit pas défini par des paramètres extérieurs comme les ventes, si tu suis ton propre appel intérieur et fais ce qui semble juste instinctivement, tu ne peux pas te tromper. C'est une grosse satisfaction personnelle. Particulièrement ces jours-ci, quand la tentation d'être quelque chose que tu n'es pas, d'agir de façon téléguidée, est tant encouragé par ton environnement, la publicité. Jouer la musique que tu souhaites le plus jouer est un succès.

Faut t-il que ceux qui vous écoutent puissent définir d'où vous venez, et où vous allez, ou le mystère est un élément important de votre musique ?

Eh bien, le plus important, c'est que, en dépit de nos inspirations musicales différentes, nous sommes néanmoins capables de jouer ensemble, d'improviser et de faire naître quelque chose de ça. Je pense que c'est le facteur le plus important. Le fait d'apprécier de jouer ensemble est le champ à partir duquel les références peuvent naître. Les références deviennent un mot vide de sens si elles ne sont pas enveloppées d'une certaine fraîcheur, et la musique jouée avec inspiration est toujours fraîche, quelle que soit son style ou genre.

Lisez vous des livres, comme celui de David Byrne, How Music Works ? [dans lequel le chanteur compositeur des Talking Heads planche sur la musique, son fonctionnement et a réception par l'auditeur]

Oui, nous l'avons acheté dans une librairie à New York quand nous y étions pour une petite tournée il y a quelques années. J'ai lu la première partie, mais je l'ai trouvé assez ennuyeux même si les informations qui sont données sont intéressantes. Un autre livre que je veux vraiment recommander est 'Supernatural Strategies For Making a Rock n'Roll Group' par I.F.Svenonius ! C'est vraiment drôle et c'est le plus fidèle rendu de l'ihistorie de la musique que j'aie jamais lu ! https://www.youtube.com/watch?v=nAq0RcKL45Q

A propos de David Byrne, tu sembles rechercher cet étrange charisme que les Talking Heads ont mis en avant dans leur musique, vraiment sur le devant de la scène. Chez vous, c'est Let it Fade, par exemple... De quoi parle cette chanson ?

J'ai écrit les paroles de celle-ci, et je suis entré dans un état d'esprit qui devait être la version spirituelle de House of the Rising Sun. Ça peut être vu comme une chanson d'amour entre deux personnes distinctes, ou comme les différentes parties d'une seule et même personne évoluant simultanément, mais par bonds et par différentes voies. J'aime qu'il y a ait un versant humoristique à cette chanson, ce qui est quelque chose que nous empruntons à Talking heads ou Queen. J'essaie d'alterner la tragédie et la comédie, ha ha.

Human vs Human est l'une de mes favorites, pour ce son qui semble en expansion et sa structure complexe. Comment avez-vous travaillé sur cette chanson ? Est t-elle issue d'improvisations ? De quoi parle t-elle ?

Celle-ci est le travail de Jens. Il dit que toutes ses chansons sont des chansons d'amour, et celle-ci ne fait pas exception ! La chanson a évolué, c'était juste nous en jouant ensemble, improvisant. Et Jens aimait vraiment le feeing d'enregistrer à partir d'une impro, alors il a écrit des paroles qui s'accordaient bien avec ce sentiment. J'ai toujours cette impression de conduire une voiture au milieu de la nuit, avec la pluie contre les fenêtres, quand je joue cette chanson. La section instrumentale a été improvisée en studio. Nous avions la structure de base de la première partie de la chanson. Et nous sentions que nous voulions l’amener plus loin harmoniquement, et Jens a écrit rapidement des structures harmoniques, et nous l'avons faites très vite. Un de mes moments favoris de l'album !

Pourquoi l'album et la chanson sont t-ils appelés « Jewels of Crime ». Ca peut paraître provocateur et se lire comme « jew oF crime » [les juifs du crime], au moment ou l’Europe est en plein repli identitaire.

Nous n'y avons pas pensé, jusqu’à ce que quelque le prononce mal et dise jews of rime. Oh mon Dieu, ça n'était pas voulu, ha ha ! Non, jewels of crime, c'est quand vous avez accumulé des richesses et de la célébrité que vous ne méritez pas, des richesses que vous avez menti ou volé pour obtenir. Ainsi par exemple, ça serait en phase avec ce que les grosses entreprises gagnent en bourse. Les TISA/TTIP [accord sur le commerce des services, partenariat transatlantique de commerce et d'investissement] et d'autres activités délictueuses se produisant derrière des portes closes.

Allez vous jouer en France, bientôt ?

Ce serait super ! J'aime Paris et la culture française. Nous aimons tous les fromage, le vin et la culture française, et si quelque nous appelle, nous serons là ! C'est tellement génial de jouer pour de nouveaux publics, et et nous aimerions que d'aucuns puissent apprécier notre musique en France. Si tu connais quelqu'un qui puisse nous organiser un concert, fais-nous le savoir !


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dimanche 19 juin 2016

ATLANTER - Interview (V.O.)


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The Norvegian band Atlanter, a sensational rock discovery.


One of the things you made me think of, listening to your album, is Genesis, and i thought that maybe it was time to put those progressive influences back in the realm of danceable rock... I like Efterklang, to which i associated you a bit in my review, for the same capacity to be addictive... What are your inspirations for the diverse and surprising guitar sound ? 

Ahh, thanks for thinking of Genesis while listening to our music! Genesis is a major inspiration for me, and for Morten (the bass player). I know Jens and Jonas probably like it too, but their taste for 60s/70s progressive music is not as strong as with me. We have quite diverse influences, but I don´t think anyone dislikes progressive rock, ha ha. I´m very inspired guitar-wise by melodic and progressive guitarists like Steve Howe and Steve Hackett. Also how Robert Fripp creates fluid lines has been very inspirational. What I think is the strongest and most unique aspect of Genesis, is their ability to create sections that evolve harmonywise in a way that is very organic. So I often think of their approach when creating music, and especially when improvising. When the groove can evolve simultanously with harmonic progressions is my favorite kick!

It seems that in that kind band, the drummer is the first element to pull the ever-changing ways of the music. What was his training to get to it ?

Jonas has got a masters degree in music, so he is educated enough. But I guess that he has played with so many different bands and constellations really has made him versatile. His way of grooving, being very loose but firm in the direction musically, makes him a great drummer for Atlanter-music.

How do you get successful nowadays ?

If we answer you on that, you will no doubt be fooled, ha ha. But if we define successful as doing what you want to do, something not defined by external parameters like record sales and such, I believe that if you follow your own unique calling and do what you feel is right for you, then you can´t go wrong. And that is a big personal success. Especially these days, when the temptation to be someone you are not, do something you really don´t want to do, is so overwhelmingly advertised, directly and indirectly, playing the music you most want to play is an act of success.

Does it takes to well define your sound for the listeners to understand were you come from and were yo go, or mystery is it an important part ?

Well, all four of us have a lot of differnt musical inspiration. But the most important part is that we are still able to play together, improvise and get a kick out of that. I think that is the most important factor. To enjoy playing together is the field from where refernces can pop out. Referneces just become empty words if it is not wrapped up in something fresh, and music played with inspiration is always fresh no matter the style or genre.

Do you read books, like the one by David Byrne, How Music Works ?

Yes, we baught in a book store in New York when we went there for a samll US tour a few years ago. I read the first part, but then I found it to be slightly boring although the information is very interesting. Another music book I really can recommend is "Supernatural Strategies for Making a Rock´n´Roll Group" by I.F. Svenonius! That is a great laugh and is the most truthful rendering of the history of popular music I have ever read!https://www.youtube.com/watch?v=nAq0RcKL45Q


Speeking of David Byrne, Jens Carelius seems to seek that strange charisma which Talking Heads took front stage, on Let it Fade for example... What is this song about ?

On Let it Fade, it´s actually me doing the vocal, so Jens is mostly doing some rhytmic stabs on the guitar (very Byrne-ish, yes). I wrote the lyrics to that one, and entered a state of mind that is the spiritual version of "House of the rising sun". It can be read as a love song between two people, or like the different parts of the same person evolving simultanously, but in leaps and in different ways.

I like that it has a humouristic feel to it, which is something we have from Talking Heads and Queen. I try to balance the tragedy and the comedy, he he.

Human vs Human is one of my favourites, for that expensive sound (chords...) and complex structure. How did you work on this song ? Is it taken from jams ? What is it about ?

That lyric is Jens´ work. He says that all his songs are love songs, so this one is no exception!

The song evolved from us playing together, just improvising. And Jens really liked the vibe of a recording from a jam, so he wrote some lyrics that went well with that feeling. I always have that feeling of driving a car in the middle of the night, with rain against the windows, when playing this song.

The instrumental section was improvised in the studio. We had the basic structure of the first part of the song. And we felt we wanted to take it further harmonically, so Jens and I quickly made a few harmonic structures, and then we did it really fast. One of my favourite moments on the album!

Why the album and song are called 'jewels of crime' ? It can read a bit like a provocative « jews of crime », when europe is again more and more folding on its supposed identity and rejecting the jews or minorities.

We didn´t think about that actually, until someone mispronounced it, and said "jews of crime". Oh my god, ha ha, that was not intended! No, jewels of crime is when you have aquired riches and fame that you do not deserve, or that you had to steal or lie to get. So for instance, it would fit very well with the earnings big companies make from global trade treaties. TISA/TTIP and other criminal activity happening behind closed doors, will result in great amounts of crimejewels...
Will you come to Paris to play soon ?

That would have been lovely! I love Paris, and french culture. We are all lovers of cheese, wine and french culture, so if anyone askes us, we will be there! It´s so great to play for new audiences, and would hope maybe someone could enjoy our music in France. If you know someone who might be interested in putting on a show with us, let us know! : )


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lundi 25 avril 2016

KING BUFFALO - Interview (2016)






Dan Reynolds (basse et lumières), Scott Donaldson (Batterie et voix) et Sean McVay (Guitar et voix) forment King Buffalo. C'est de ces tout jeunes groupes auxquels on rattachera des adjectifs les alourdissant inutilement, tandis que, sous leur heavy rock, ils dégagent plutôt une grâce éthérée et vous habitent au lieu de simplement vous confronter. Découverts avec une « démo » enregistrée en deux jours, où ils montraient déjà un effort d'exécution au-delà de ce que font certains groupes professionnels, ils se sont depuis pleinement donnés les moyens de répondre à l'appel de leurs influences, Pink Floyd ou Black Sabbath. A la fois inventif et efficace, leur premier album Orion est fait pour marquer les esprits et mérite de longues heures à descendre ses rivières de guitare fuzz.

Mondo Drag, Windhand, All Them Witches sont parmi leurs compagnons de route. Ce trio basse/batterie/guitare issu de l'underground nord américain, amateur de dissimulation, transporte dans ses veines le mysticisme réflexif propre aux anglais de Hawkwind. Comme eux, leurs sons circulaires et sinusoïdaux transcendent largement une voix qui se pose avant tout pour souligner une mélodie, mais aussi pour raconter une histoire décrire un sentiment d'aliénation et de lâcher-prise. Des riffs stoner éléphantesques viennent électriser leurs tentations léthargiques et propulser les morceaux dans une direction toujours exaltante. Ailleurs, il retiennent ce qui fait le bon classic rock à la Led Zep' ou Jimi Hendrix.


Quelle est votre inspiration pour le son des guitares ?

Nous avons grandi en écoutant beaucoup de Jimi Hendrix, Pink Floyd, Black Sabbath, et Led Zeppelin, et nous suis vraiment retrouvés plongés dans ce rock des sixties/début seventies, auquel nous avons mêlé nos idées psychédéliques originales.

Il y a une influence anglaise dans votre musique, Hawkwind, et aussi les power trios comme Motorhead, et Pink Floyd aussi. Et la musique blues, aussi ?

Nous aimons beaucoup tous ces groupes, et le blues les a grandement influencés.


Ce qui m'a frappé, c'est que pour un premier album, Orion est extrêmement bien produit. C'est le fruit d'une expérience particulière ?

Nous avons écrit à peu près tout l'album pendant l'été 2015 et nous l'avons enregistré entièrement nous-mêmes, dans notre salle de répétition. Cet endroit se situe dans un vaste immeuble, un peu comme une caverne, et nous avons décidé de le mettre à profit en plaçant des micros un peu partout dans les corridors pour obtenir ce très gros son.

Vous avez tourné avec de nombreux groupes.. Quel est votre meilleur souvenir ?

Nous étions en tournée avec All Them Witches en 2014 et nous avons joué dans cette salle géniale à Winston-Salem, en Caroline du Nord, appelée The Garage. Ben et Parks [Ben McLeod et Michael Parks bassiste et guitariste de All Them Witches] nous ont rejoint pendant le set. C'était une expérience très cool.

Les mélodies et les harmonies sont puissantes, produisant un sentiment à la fois ancien et sidéral. Quel équilibre avez-vous voulu obtenir ?

Nous essayons de faire en sorte que les voix ne soient pas la force directrice des chansons. L’instrumentation, le groove, et les dynamiques sont la clef pour nous. Les voix a tendance à flotter sur le mix et n'est utilisée plutôt pour compléter les mélodies.

Quelle influence la scène Nord-Américaine exerce t-elle sur Orion ? Êtes vous sensible à la scène psychédélique californienne également ?

Il y a une très bonne scène psychédélique dans le nord des États-Unis. Beaucoup de grands groupes y font des choses très intéressantes. Bien évidemment, la scène Californienne nous a aidés à former nos ambiances. Chaque partie du pays contribue à introduire ses propres façons de faire. Nous essayons de trouver un équilibre et tracer notre propre interprétation des sons psychédéliques, dans notre musique. Nous nous tenons à ce qui rend la chanson plus fluide ou nous fait nous sentir le mieux avec elle.
Que raconte la chanson Sleeps on a Vine ?

C'est une chanson d'amour tragique entre deux personnes qui, tandis qu'elles tombent amoureuses l'une de l'autre, perdent leur propre identité dans l'intervalle, les amenant à une existence misérable où ils ne savent plus qui ils sont.

Et à propos des thèmes de l'album, est-il plus attaché au réalisme, des choses dont vous avez fait l'expérience dans vos vies, ou des allégories ou du mysticisme ?

Eh bien, il y, c'est sûr, une pensée cohérente et une histoire qui traverse tout l'album. Mais nous aimons l'idée que l'auditeur puisse trouver sa propre interprétation et donner à la musique un sens à ses yeux. C'est intéressant de penser que notre musique peut pousser différentes personnes dans diverses voies. Concernant les thèmes, c'est un mélange de réalisme et de mysticisme. Beaucoup des allégories et de l'imagerie sont utilisées pour raconter l'histoire ; certaines d’entre elles viennent de notre expérience personnelle.

dimanche 24 avril 2016

SCOTT NOLAN - Interview (2016)







copyright : MCE. An premier plan, Anthony Crawford.

Copyright : Jessi Chandler. De g.à Dr. : Scott Nolan, Will Kimbrough, Grayson Capps, Susana Lee Crawford, Anthony Crawford. 





Pour Scott Nolan, la musique est une façon d'apporter des éléments de son histoire personnelle pour impliquer humblement les gens alentour à un monde meilleur. Inspiré par l'engagement et la loyauté de son entourage, il s'investit par l'écriture et la musique, dans un partage social, courtois, dont cette interview sous le signe de l'amitié et du respect a été révélatrice.

Rejoignant en une journée et demie l'Alabama depuis le Canada, pour répondre à l'invitation d'Anthony Crawford (collaborateur de Neil Young, Dwight Yoakam...) il va enregistrer sous son égide cette magnifique collection de chansons, Silverhill, marquée par une aisance qui permet à la voix de Scott Nolan de vraiment briller.

Entouré de musiciens talentueux – Grayson Capps, Savana Lee Crawford, Will Kimbrough, Corky Hugues, le canadien de Winnipeg va capter en deux jours des chansons engageantes et émouvantes à propos de l’Amérique, cherchant à faire écho à l'expérience de ceux qui l'entourent. Il continue cependant de porter le regard enthousiaste et malicieux d'un étranger sur cette terre sud-américaine.

On imagine les musiciens buvant ce fameux cocktail d'Alabama à base de whisky de maïs, déjà décrit par Grayson Capps dans la chanson Coconut Moonshine (sur The Lost Cause Minstrels, son propre album de 2011). Une boisson suffisamment douce et exaltante pour apprécier à leur juste valeur le simple plaisir de jouer ensemble, comme une version plus actuelle de Tonight's The Night (Neil Young) ou des Basement Tapes (Bob Dylan). Des inspirations que l'on retrouve sur ses quatre autres albums à l'humanité hors du commun.


A qui devez-vous d'avoir pu réunir autour de cet album ? Dans quelle mesure êtes vous redevable de l'aide extérieure pour la beauté et la fluidité de Silverhill ?

Anthony Crawford est celui qui s'est investi sans compter dans l'enregistrement de cet album. A l'origine j'avais prévu d'effectuer le mixage chez moi, mais Anthony m'a demandé s'il pouvait le faire lui-même. Il a ajouté la pedal steel, le piano, une harmonie vocale et beaucoup plus encore, avant de finalement le mixer, et il est parvenu à préserver l'impression d'un live, pas trop produit. Pendant que nous enregistrions, Anthony a joué de la grosse caisse et une basse ukelelé tout en s'occupant de faire fonctionner la session. Il est célébré pour de nombreuses choses mais c'est aussi un excellent vocaliste, ainsi je souhaitais qu'il improvise et qu'il ajoute tout ce qu'il voulait. Au final j'adore tous ses overdubs.


Tous les musiciens sur Silverhill sont vraiment brillants, mais avec Anthony je partage cet album, et je pense qu'il n'aurait pas été possible sans ce soutien réciproque. Cet homme est un trésor de la musique américaine, cela me tient à cœur de le faire comprendre à tous. Nous vivons parmi des géants comme lui, et c'est crucial de réaliser leur présence pendant nos vies.



Comment avez rencontré Hayes Carll ? Quelle vision de la musique partagez vous ?

Hayes Carll et moi sommes devenus amis après qu'il ait enregistré ma chanson Bad Liver/Broken Heart. Cela m'a vraiment aidé à attirer l'attention aux États-Unis. Nous avions beaucoup d'amis communs et nous sommes rapidement devenus amis nous-mêmes. Je dirai cela de Carll, il est loyal, détendu et courtois. Il est facile de s'intégrer pour lui, car il possède un charme naturel, auquel la majorité des gens sont sensibles. J'ai rencontré sa famille, et tout s'explique ! Bien élevé, intelligent et humble. Crois-moi, l'industrie du disque a besoin de plus de gens comme lui. Plus récemment, nous avons écrit ensemble une chanson qui apparaît sur nos albums respectifs. Sur le sien [Lovers and Leavers, 2016] cette chanson s'appelle You Leave Alone, et sur le mien, c'est When You Leave This World.


Forever is a Long Time est très accrocheuse, avec des harmonies pop. Ces harmonies, présentes sur tout l'album, étaient t-elle difficiles à obtenir ?

La raison pour laquelle j'ai fait appel à Willie Sugarcapps, à la base, c'était pour leur habileté naturelle à harmoniser. C'est un vrai supergroupe, dans le sens ou le tout est meilleur que la somme de ses parties. Leur combinaison musicale a une patine intemporelle. Comme je l'ai dit plus tôt, Anthony a ajouté sa voix après coup, mais tous les autres ont chanté live avec moi, sans casque, ni répétition, ni démos. Des artistes donnant le plein potentiel de leur présence humaine, et pendant deux jours entiers, j'ai tout oublié du reste du monde, et j'ai juste apprécié cette communauté.
Willie Sugarcapps étaient si attentionnés quant à la façon dont ils abordaient ces chansons, que chacun de leur instincts s'est avéré bon. Ils n'avaient pas besoin d'être beaucoup pilotés, montraient la bonne sensibilité. Nous disposions de juste assez de temps pour enregistrer et je pense que c'est ce qui rend le résultat si spécial, et le mix d'Anthony fait ressortir cela.


Tu es attaché à l'univers de la prison, aux possibilités qu'il y a à trouver la rédemption, et à continuer en toutes circonstances de chercher un moyen de rendre le monde meilleur, est-ce une bonne définition de la liberté ? Les motivations intérieures d'un individu semblent accompagner son besoin de se rattacher à des lieux, à des paysages...


Mon enfance a été largement influencée par mon cousin Patrick Nolan. Comme le reste de ma famille, il a grandi pauvre et à la dure, et a fini par être incarcéré à vie à la prison de Folsom en Californie. Mon cousin a vu la lumière, et a changé de vie là-bas. Il a impulsé des programmes d'expression, et a été le premier homme dans l'histoire des prisons à accueillir des groupes de différentes couleurs de peau. J'ai été invité à la prison il y a deux ans, pour animer des ateliers d'écriture à sa mémoire. Il existe un documentaire canadien évoquant cette expérience, sous le titre de « Visiting Day ».

Patrick était un poète, il m'a encouragé à écrire depuis petit. Il était à mes côtés pour m'aider à m'en sortir tandis que je m'égarais dans les drogues, étant ado.


Quels sont tes prochains projets ?


Ces derniers temps, je me suis tenu à l'écart des concerts, la direction qu'on prise la radio et le music business n'est pas très intéressante. J'ai passé deux ans à travailler sur mon premier volume de poésie [Scott Nolan orthographie un lapsus, 'poverty', dans l'interview], à être tuteur d'enfants dans des écoles de Winnipeg et à travailler au sein du système carcéral pour animer des ateliers d'écriture de chansons. À 41 ans, je cherche un équilibre et un sens à ce que je fais. Je viens de produire un disque de Watermelon Slim, et c'est un sommet dans ma carrière que d'avoir la confiance d'un tel maître. Pour paraphraser mon ami et mentor Wendall Holmes, désormais disparu, « Quelle vie ! ».






http://www.scottnolan.ca/music.html


http://admiralbeanstudio.com/







lundi 26 octobre 2015

Help making the film about "The Forgotten Folk Genius" JACKSON C. FRANK (2015)




OOOO

"The Forgotten Folk Genius"



- Mojo Magazine


https://www.indiegogo.com/projects/jackson-c-frank-blues-run-the-game#/

https://www.facebook.com/Jackson-C-Frank-Blues-Run-The-Game-The-Movie-1527301354199709/

A little piece about why supporting this film will change our lives. 

1. Folk music is spreading in circles

Folk music gathers the forces of the singer/songwriter into a delicate and introvert thing, most of the time. Sometimes, it overflies an universe seeming as wide as a real cosmos. Whatever is its richness, this music must show everything. You recognize folk music through its honesty. The clarity of arrangements should remain loyal to the musician’s mood, and sends back to the tradition inspiring it. Folk music may not be overtly inventive enough to retain your attention instantly, especially for those among us who don’t understand the language in which it is sang and who’re not going alongside the surroundings it comes from.

It happens that its power for upheaval propagates in different times, spreading in circles an adulation that will reach you. The only condition, is to be sensible, or to be receptive to the gravity, the emotion and the legacy that those artists are trying to channel. It is to be sensible, full stop. In 2015, there was Joanna Newsom, Bill fay, Tom Brosseau, Villagers, James Yorkston, The Unthanks, among others. They repeat that boldness, for a moment, to fly out of defiance, out of any bad feeling, to find that evocative place which whom they can be one.

They exploit a bit the wounds which informed them in their youth, because this was the moment when their profound self was made, away from all that will happen next in their life. As persons, such artists won’t change anymore. They can find stands and inspiration in others, but can’t change their ways entirely. To look at their life, measuring their work, their songs, is fascinating. To realize they share gathered forces into a thing able to influence is enchanting.


2. Jackson C. Frank will send your life into orbit
Jackson C. Frank is one of those. He was alongside or inspired Paul Simon, Al Stewart, Sandy Denny, Nick Drake, John Renbourn, Bert Jansh and many others, more and more of them.

Celebrating him always seems to come too late. Listening his odes to bitter love is hypnotic. In his perfection of execution there is something that breaks our heart. Well, he had a hard life.

This is a mixture of folk and blues in which the melody floats and arrests like a free, surrealist painting. The evocative force, through lyrics and a persistent musical verb, is of the greatest art. Jackson C Frank is celebrated through re-outings of his music, until the release of the Complete Recordings by Ba Da Bing ! in 2015.
An ambitious documentary is now in shooting, and borrows its title from his well known song, Blues Run The Game, a poem where the winners and the losers of life are already, sadly, identified. This documentary will value the meetings which enameled his dramatic existence, while always keeping in sight the cyclic power of his songs, brought to be started perpetually under brighter auspices, and embellishing the life of people we hope are luckiest than he was. Listening to such music, support such a project will spread the good fortune in all our lives.


https://www.indiegogo.com/projects/jackson-c-frank-blues-run-the-game#/


Des liens à élucider entre Roy Harper et Jackson C Frank... 
(We will try an interview of Mr Harper about that matter).

as published on :
http://forums.stevehoffman.tv/threads/jackson-c-frank-roy-harper-plus-david-gilmour.387235/

In 1965 when Jackson Frank (http://en.wikipedia.org/wiki/Jackson_C._Frank) arrived in England, he not only became pals with Bert Jansch, John Renbourn, Al Stewart and dated Sandy Denny, he and Roy Harper became very close friends. So much that Roy wrote a song for Jackson entitled "My Friend" that appeared on Harper's debut album "Sophisticated Beggar" from 1966. Listening to this song you can hear the musical similarities in their finger picking, melody structure, lyrics and to some degree, their voice. In 2013, a very rare Jackson Frank song entitled "Forest of Eden" was released and appears to be a demo or home recording from the mid 60's (I'm not sure if the date is known). This song takes Frank much closer to the traditional Roy Harper sound, featuring some sublime languid strumming and vocals that are more than reminiscent of his friend. What came first, and who influenced who, I do not know. What is likely is that they were both mining the same territory and their time together produced a cross pollination. Still it is fascinating to think of what Frank may have done if he had been able to keep it together and continued his friendship and collaboration with his English pals. Just about all of them have all gone on record to state what an influence Jackson was, and how his songwriting was much more evolved than the other songwriters in the early days of the British folk (rock) scene.

In addition, when I heard "Forest of Eden" about two weeks ago, I was not only struck by the similarity to Roy Harper, I instantly heard David Gilmour and post-"Pipers" Pink Floyd in there as well!!! Whether Gilmour knew or had heard Frank or Harper back then, I don't know. Does anybody know the recording date of "Forest of Eden?" It is quite possible that this song was written and recorded before David joined Pink Floyd. Or course, the later connection between Harper, Gilmour and Pink Floyd is well known.

 - 

lundi 24 août 2015

Interview ED ASKEW par Trip Tips (VO)




For the World allowed you to rework songs you recorded already before. Is it the case on the new album you plan for late summer ?
almost everything on the new album has been previously released on bandcamp as a home recording,
 but everything is relatively recent. generally speaking, when we (my band) decide to learn something "new", we use my bandcamp recordings as demos.

 
I read the tiple is a hard instrument to play, and it is your signature. Did the musicians playing it along with you knew that instrument before? 
No. Tyler had never played it before. he has his own style of playing it. more like a lead instrument.
 
What are the people and places that marked you the most as a musician ?
have we got a few days for this? places: New Haven, New York, Mystic Ct, San Francisco, Boston...
Garcia Lorka, Picasso, the Beatles, Dylan, Joni Mitchel, John Cage, later..Gay issues. my friend Carl Williams, Bernard Stollman, lots of friends.  

 
As a poet, do you have influences ?
Lorca, i don't read much poetry. Ginsberg. Surrealist stuff, Rimbaud
 

I have the impression that the focus is more on the poetry and words, and that to maintain the music as minimalist as it is revealing allows you to keep a freshness in your music. Would you say it is true ?
well, i usualy make a chord progression. my taste is somewhat conventional, but i do regard these progressions as little compositions. and one always tries not to do the same thing.  to do something new, chord wise.
you have to come up, in most cases, with words that fit the progression. so, in a way, the rythm of the music determines the phrasing of the poetry. the words are what comes into my head as i listen to the chords. little by little, the words fall into the pattern and into it being about something.  

   
It seems the poetry is starting anew from nothing every time, from a simple idea, an observation. Paper Cup for exemple, striked me, on Viridian City.
sometimes. like some song thart  with a discription of my desk.. i'm just hopeing that will take me somewhere. others are more issue based. or a story i made up as i wrote to the music.
    

Did the re-releasing of Little Eyes in 2003 relaunched your career as a musican ?
to a great extent. it was after that that i started being asked to play.
 
What evolution (in the working techniques, the approach...) would you say there is between Viridian City and Shadows ?
i don't really think about that. i'm working from song to song..from collection to collection. it's not a progression of evolving ideas, or anything. like i notice i have been using decending chord series..so im trying to not do that so much.  also i am more and more making the music on proTools as i record it.  lately, i am less likely to make up a progression before i record it. this changes all the time. than i may write down music on paper first, because i haden't done it in a long time. someone else will have to analize it. 
Shadows borrows images from a wintery New York, even Christmas atmosphere. Was there an intention when you chose the tracks to figure on the record ?
the tracks i choose for any of my home recordings is just everthing i've writen/recorded since the last time. there are rear occasions where i don't include something, but not often. when i have enough for a collection; that is what i put in the collection. Shadows was rather stream of conciousness. but i did't "intend it". it's what came to mind. it had more to do with my mood than anything else. as if i had been provoked by the time, recent events, nostalga etc to wright those words. 
 
Why did you decided to tour again in 2011 ? Other people/musicians encouraged you to do it, or where doing it themselves ?
boath 2013 and the forthcoming tour were and are tours for the record label (Tin Ange). some of the venues were the result of requests from fans, but everything was or will be organized by T A. to promote the records.    
 
Does music plays as a artistic complement to painting ?
Maybe. it's like living in two rooms. and you can go back and forth at will. i don'r think about it. i don't need to. (i actully have one room that i live in).
   
The man that launched Esp Disk died a short time ago. What memories do you keep from the period ?
i try not to cherish memorys. some memories you can't help remember. good times and bad times. my only personal connection to ESP was that Bernard let me make a record, witch could have been a big thing, but it evaporated soon enough, until it was reveved: and that my total income for that record and  all subsaquent re-releases, was $200. 
    
Your musical 'myth' was built on only one album, Ask he Unicorn, as if the fact that it disappeared shortly after gave you the status of an underground legend. What did you planned when Ask the Unicorn was out then ? What was your situation ?
i continued to write and perform in New Haven, Boston a bit. and Mystic Ct. i rented spaces and put on shows.  

You where said to be part of the acid folk scene, that has celtic or medieval imagery, but your poetry was way more personal than that ?
Yes. i'm not a "movement" guy. haha if you look at that period you will notice that there was a wide veriety of musics being played. including other stuff, like John Cage and Terry Riley. some one needs to re think the whole period..from a panoramic perspective..

When do you decide an album is ready to be sold in bandcamp, as opposed to an official label release ? Are you choosing the tracks alone ? Is the track order important or is it more like compilations ? Who listens to it before it is released ?
i might send a song to Jay to listen to. but i like the idea that no one has heard it before it's released. if someone wanrted to release a bandcamp collection as an LP or CD it would be nice. but except for Rainy Day Song on CD (he went out of buisness a few monthes after the release. not my fault lol.) and a few recent cassette releases.  i havent had any offers. track order is important. but it's instinctive.

Bandcamp is such a good device, but there is no promotion for your albums, appart from the occasional e-mail... Did you feel fine about that at this point of your career ? 
i make almost no income from music or art. off and on. and i know nothing about promotion. the Bandcamp stuff only makes about $200. a year. not enough that i could afford anything more than word of mouth. and i'm not shure if that would work for me anyway. and no promoter is going to earn a lot from Ed Askew. i'm not Willy Nelson (who is wonderful). it would be nice not to have to worry about money, but i'm having fun.     


Steve Gunn is liked a lot here. How did you meet him ?  
David Garland (Spinning on Air on WNYC public radio) was curating a month of shows at the Stone, here in N Y and asked me to do one. i didn't have anyone to play for me so i asked around, and Clint Simonsos of Destijl Recs (Little Eyes) suggested i ask him. Nice guy. ED ASKEW & STEVE GUNN at the Stone / video B Gielis 

http://edaskew.bandcamp.com/music

lundi 29 avril 2013

VILLAGERS - Un article à propos de {Awayland} (avec Interview)

L’irlandais Conor J O’Brien s’assoit à son bureau avec une feuille papier blanc et une petite collection de chansons à demi écrites. Qu’est ce qui va lui passer par la tête, à partir de cet instant et jusqu’à ce qu’il ait terminé les onze chansons qui constituent le deuxième album de Villagers ? Cette question est restée en suspens pendant de longs mois en 2012, ne trouvant sa résolution que lorsque la musique a pris sa vraie dimension, jouée en groupe. Une fois sorti, l’album s’est hissé à la première place des charts en Irlande, et à la seizième en Angleterre.
Le processus d’écriture si singulier de O’Brien peut fasciner : avec sa façon d’interroger les instants et de se retrouver, au sortir d’une chanson, après avoir choisi les mots étrangement adaptés et la manière la plus percutante de les chanter, en zone dangereuse ; des personnages aux volontés propres ont surgi, des causes sont défendues, un monde elliptique est né, avec sa géographie particulière. 
Toutes ses influences auraient pu en dire autant, mais Conor O’Brien, évasif et souvent comme à peine sorti d’un rêve mouvementé, est particulièrement convaincant lorsqu’il remarque que ses chansons sont autant une surprise pour lui que pour les autres.
Histoire Humaniste
{Awayland} repose sur des chansons qui révèlent peu à peu leur franchise et leur désir de faire passer des messages. C’est une suite d’histoires, dont les meilleures sont des mises en abîme : Earthly Pleasures, Nothing Arrived, Passing a Message, qui vivent leur propre vie à travers les personnages qui les incarnent, semble les remuer de l’intérieur. Ils exacerbent leurs envies, donnant corps aux moments d’intimité que Conor O’Brien a passés à écrire, du temps qu’il avait cru perdu. C’est un jaillissement, qui démarre d’une seule voix, avec quelques harmonies, pour devenir de vastes et luxuriants voyages sonores. Ces sonorités nouvelles sont comme l’irruption d’éléments fantastiques dans une histoire dont on savait qu’elle nous réserverait déraillements. « Dans Earthly Pleasures, il y a cette figure d’ancienne divinité. Mais c’est un voyage intérieur : l’action se déroule dans la pièce que décrit la première ligne : 'Naked on the toilet and with a toothbrush in his mouth'. Tout le reste se passe dans la tête du personnage alors qu’il perd l’esprit, et il est affamé et frustré, il voyage dans le temps et se confronte à cette divinité, ce qui lui donne une épiphanie quant à sa place dans le monde, et le fait qu’il ne devrait pas placer ses espoirs dans autre chose que dans ses similarités avec les autres créatures de la terre. C’est une histoire humaniste. » Earthly Pleasures donne le ton pour le reste de l’album. O’Brien s’y glisse finalement avec le refrain : « Earthly pleasures, ring out/From the caverns of my soul. »
Plus loin, O’Brien a écrit à la première personne, s’est mis dans la peau d’une femme s’interrogeant compulsivement sur le sens que peut prendre son passé lointain, génétique, son ADN, dans son avenir proche. « I was carving my name/on a giant Sequoia Tree » donne l’impression d’un rituel, d’un geste primal, d’un besoin d’identité gravé dans le plus puissant, le plus ancien des arbres de la grande forêt. Puis nous sommes dans un hôtel, l’attention rivée sur un téléviseur. Passing a Message fascine, précipite l’auditeur, suggère aussi les longs voyages en avion, les premières tournées, alors que Villagers était projet plus solitaire. La chanson relie cette époque avec la nouvelle expérience du groupe survolant des continents entiers. On peut imaginer O’Brien en train d’observer l’histoire humaine à travers un hublot. Mais il suggère aussi dans son immensité la nature végétale et animale qui s’étend en bas, il est respectueux du temps qu’il a fallu à la vie pour se développer. « Il s’agit surtout de cette confrontation avec le paysage et la façon dont l’individu gère son rapport à la société et s’adapte aux contradictions. Il est souvent question de tenter de garder la vue la plus large possible. » Puis il accélère de nouveau, haletant bientôt, pour aller au rythme des villes, des concerts, pour répondre au désir de fuite de cinq musiciens désirant profiter intensément de leurs instruments.
Il a fallu un an à Conor O’Brien pour peaufiner les chansons d’{Awayland}. Mais malgré les ellipses, l’urgence est là, captivante, telle qu’on l’attendait pour celui dont l’ancien groupe, récoltant quelques succès déjà, s’appelait The Immediate. Elle est rendue idéalement impénétrable, filtrée à travers des personnages retranchés, dont on ne connaît pas tous les tenants et les aboutissants. L’album est en suspens, sa vie liée au tempérament type du personnage des chansons : introverti mais prêt à exploser de frustration, à refaire le monde à partir d’une fragilité passagère, voire d’une innocence originelle. Et ce vide n’est pas perçu comme un échec mais comme le moment critique où la fragilité atteint un point de non-retour qui nécessite un épanouissement soudain, une jubilation des sens, une poussée de sentiment le ‘plus large possible’, emboitée dans les vastes paysages et les pays survolés ; de la déception à l’espoir, la conviction timide trouvant son écho dans la certitude impérieuse des éléments naturels.
Baby Faced
Les personnages des chansons de Conor O’Brien sont influencés par des forces étroitement liées à leurs origines, voire des principes instaurés à leur place avant leur naissance. Le second degré, l’humour est absent de la vie de ces personnages pétris d’angoisse et de nécessité. Ce n’est pas le cas de O’Brien, qui lui aussi s’est laissé dicter une certaine conduite des sens par un livre écrit à une date antérieure à sa naissance. Quarante ans ce sont écoulés entre l’écriture de Abattoir 5 ou la Croisade des Enfants par le satiriste New-Yorkais Kurt Vonnegut, quand il dynamitait les tiraillements et le dépit des années 1970 aux Etats Unis, et le jour où O’Brien laisse le livre influencer fortement son regard sur le monde. A chaque fois qu’une personne s’inspire de cette histoire surréaliste, c’est comme si se produisait un accouchement introspectif, avec la promesse d’une courte vie sous le signe de la tragi-comédie, de l’humour noir. Et le bébé qui résulte de cet accouchement devient autre chose, lorsque le livre de Vonnegut cesse de faire son effet sur celui qui s’en empare. La littérature de Vonnegut est comme une musique en autharcie, et, pour prouver sa sensibilité en la matière, lui-même déclara un jour que l'existence de Dieu était prouvée par la musique.
Dieu semble hors d'atteinte de ses personnages. Avec Billy Pilgrim, soldat désorienté et fataliste de la deuxième guerre mondiale, sauvé par le feu qui ravage Dresden parce qu’il a été enfermé dans un abattoir hors d’usage par les Allemands, Vonnegut crée semble-t-il l’un des personnages de science-fiction les plus étrangement inspirants de la littérature du 20ème siècle. C’est son style qui marque le plus les esprits, celui de O’Brien parmi d’autres. « Je crois que les chansons devenaient un peu lourdes à porter, et j’ai voulu utiliser sa façon d’utiliser des éléments de comédie – j’étais inspiré par la façon dont il utilise des moments tragi-comiques pour élever les choses hors de leur momentum tragique et les transformer en moments hilarants. Même si le texte est lourd de sens, il s’en moque presque en même temps, il est très doué pour ça. Ce personnage, Billy Pilgrim, qui est dans l’Abattoir 5, est complètement innocent dans la guerre, et je suis presque mis à m’identifier à ce personnage pour celui de l’album. Puis j’ai commencé à avoir l’idée d’écrire l’album comme s’il dérivait de la perspective de l’être le plus innocent possible, une sorte de nouveau-né, de bébé. » C’est un bébé dont la situation émotionnelle serait assimilable à celle d’une grande personne, et qui aurait lu Sartre.
Le chanteur de Villagers veut courir sur le fil qui va de l’innocence, de la fragilité, à la révélation à soi-même. Nous ne sommes plus les mêmes à vingt-cinq ans qu’à dix-sept, et si quatre ans s’écoulent encore, les réalités appellent toujours davantage de métaphores, de vigilance, de lucidité, d’indignation. L’usure de l’âge n'a pas d'emprise sur des personnages qui se superposent dans un flou exaltant, à la propre personnalité de O’Brien. N’a pas d’emprise sur lui non plus. En effet, le trait physique qui pèse le plus dans les descriptions de Conor O’Brien, c’est son visage, ‘baby faced’. A le voir, Conor pourrait avoir dix-huit ans plutôt que trente. Et il avoue utiliser, comme Dylan parfois, une guitare électro-acoustique 'de salon' [parlor size] parce qu’une guitare de plus grande taille le fait ressembler, sur scène, à un gamin de douze ans.
 « Quand j’écris j’ai un livre avec de paroles de Bob Dylan au coin de mon bureau. Ses chansons depuis 1964 jusqu’en 2000. J’y trouve certainement une inspiration, car son lyrisme est très inspirant." Bob Dylan a deux fois et demi l’âge de O’Brien, il semble avoir tout créé en termes de chansons, a beaucoup écrit sur lui-même, finalement. « Je pense que lorsque vous créez des personnages dans des chansons, commente O’Brien lorsqu’on l’interroge sur la propension de Dylan à le faire, vous leur insufflez inévitablement des aspects de votre propre personnalité, mais en utilisant une mise en scène pour en transformer les sentiments et les émotions. »
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