“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

soigné (81) intense (77) groovy (71) Doux-amer (61) envoûtant (60) ludique (60) poignant (60) entraînant (55) original (53) élégant (50) communicatif (49) audacieux (48) lyrique (48) onirique (48) sombre (48) pénétrant (47) sensible (47) apaisé (46) lucide (44) attachant (43) hypnotique (43) vintage (43) engagé (38) Romantique (31) intemporel (31) Expérimental (30) frais (30) intimiste (30) orchestral (30) efficace (29) rugueux (29) spontané (29) contemplatif (26) fait main (26) varié (25) nocturne (24) extravagant (23) funky (23) puissant (22) sensuel (18) inquiétant (17) lourd (16) heureux (11) épique (11) Ambigu (10) culte (8) naturel (5)

Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

samedi 29 juillet 2017

JAMES ELKINGTON - Wintress Woma (2017)




O
élégant, hypnotique
Folk, americana

L'album de James Elkington concentre ce qui fait du Paradise of Bachelors une maison de disques aussi intéressante. Ils choisissent des guitaristes au talent confirmé et un goût pour leurs aînés des années 60 tels que John Fahey et Davy Graham. Des personnages pour qui le folk, plutôt qu'une tradition, était surtout une façon d'être au monde, avec gravité et rigueur, ainsi qu'un fameux réservoir d'accordages sur lesquels hisser leur créativité, avec l'envie d'orienter vers d'autres rivages.

A ce point de l'histoire du label, qui vient de faire enter Michael Chapman dans son catalogue, il devient un peu superflu de citer encore ces ouvreurs de tonalités. On préfère rapprocher James Elkington, 46 ans, de jeunes gens : James Blackshaw (sur When i Am Slow) ou Steve Gunn, pour la façon dont il mêle le son du folk anglais et une production vaste, riche et aérienne.

Délivré lui aussi de la tradition, il prend le meilleur des deux côtés de l'atlantique, avec une prédilection pour Bert Jansch, qui le voit rapidement évoquer Nick Drake dont il réitère l'élégance et la méditation. C'est comme d'instinct qu'il marie son timbre au violoncelle sur son propre Cello Song (Vading in Vapour), envoûtant. La pedal steel est également un bon choix en contrepoint du jeu en picking sur Grief is not Coming. Une même façon de jouer caractérise Chapman , le 'plus américain' des guitaristes anglais.

Comme cette cohorte à laquelle il appartient, Elkington reprend des chansons traditionnelles sans chercher à apparaître comme un puriste folk, au contraire. The Parting Glass est de cette espèce, s’inscrivant avec assurance et fluidité dans cet album qui s'écoule avec magie. Le guitariste sait aussi insuffler du dynamisme, de la vivacité, avec des chansons telles que Make It Up ou Sister of Mine. Greatness Yet To Come garde le meilleur pour le temps second : avec, pour être à la hauteur de l'ironie du titre, un arrangement de cordes laissant pencher cette « grandeur à venir » du côté la l'appréhension sublime. Une de ces plages qu'on imagine tout à fait étirer une chanson sur un temps bien plus long.

Au final, grâce à une écriture ciselée et sans prétention, tout converge vers la guitare.



vendredi 28 juillet 2017

JOHN MURRY - A Short Story of Decay (2017)




OO
lucide, apaisé, rugueux
Americana, rock

John Murry n'est pas votre artiste habituel. C'était si tentant, en 2013, d'essayer de se mettre dans sa peau, quitte à fabuler sur le personnage, avec cette terrible expérience de l'overdose. A la découverte de sa voix profonde, on ressentait avec bien trop de détail comment sa perception de l'existence avait été transformée. The Graceless Age était un album traversé par cette nécessité de prendre sa revanche sur la vie, l'un des meilleurs disques de la décennie, où la perfection musicale et les choix de production semblent tellement facilités par la résolution de se réconcilier avec la société.

On était confiant dans l'avenir de John Murry. Aujourd’hui, il faut s'approcher prudemment. Tim Mooney, musicien d'American Music Club, et mentor de Murry, avec lequel il avait reconstruit sa vie, est mort à 53 ans, et depuis la vie de Murry a bien failli s'effondrer complètement comme une bicoque sans fondations par un jour de tornade. C'est lié à la raison première de sa dépendance, apparemment : jeune, porteur d'une forme d'autisme non dépisté, il avait convergé d'abord vers les médicaments prescrits, puis les drogues. Il a fait des séjours en hôpital psychiatrique. Plus tard, à Memphis, la musique sera la seule source positive de son existence. Et lorsque le mentor d'un type comme ça meurt, ça fait des dégâts. Quand sa femme et sa fille le quittent, qu'il est interné, ça en fait aussi.

Ces handicaps et coups durs sont peut-être la raison pour laquelle le regard de l'autre, dans ses chansons, est si important.

Le voilà contraint de repartir du point zéro, composer avec la solitude et la déception d'une fragilité pas seulement en lui, mais ancrée dans son entourage. Comment être constructif quand on commence à écouter la petite voix disant qu'il y a quelque chose de damné en nous, conduisant le monde extérieur à nous faire défaut de façon répétée ? Murry a gagné l'Irlande et trouvé d'autres soutiens, notamment Michael Timmins des Cowboy Junkies et Cait O'Riordain, ancien des Pogues.

Silver and Lead est une chanson dont les prémices au piano rhodes n'ont pas sonné aussi dépouillé depuis certaines chansons de Michael Hurley. Ce qui pourrait être pris pour de la nonchalance, c'est une simplicité qui vire quasiment à l'hésitation, une sorte de défaut d'assurance remarquable à l'heure ou la musique qu'on écoute doit forcément dégager un terrible entrain. Comme s'il n'était pas sûr, un instant, de son désir de poursuivre. Silver and Lead trahit sa déception sentimentale, mais sonne pourtant irrémédiablement lumineux, paisible. Il sait toujours séquencer cela avec des moments plus enlevés. Tout a changé dans l'équipe de conception, et ce qu'on apprécie en premier, c'est le soin particulier apporté aux guitares. Avec leurs textures étudiées, elles sont les meilleurs alliés de Murry.

« Tout ce que je peux faire, c'est réparer ce que j'ai brisé la veille », raille t-il de sa position de Sisyphe, sur Under a Darker Moon. « Tu peux me voir tomber, mais jamais trébucher, car je suis enfin libre ». Il faut l'imaginer heureux...

Il y a une autre histoire derrière cet album. Adopté à la naissance par la famille de William Faulkner, c'est l'histoire d'un garçon grandi à Tupelo, Mississippi, une enfance marquée par la mémoire de l'esclavage, celle de la guerre de sécession, une passion pour le whisky, la littérature et la poésie. Des qualités que l'on retrouve facilement dans l'écriture si vivante de Murry. Bien que cette enfance qui dans les moments de fatigue post-overdose a pu sembler un rêve. Revenir sur les traces de son passé, a du être une expérience évanescente, d'où la pochette.

La délivrance, si elle est utile, passe par une calme appréciation de ce qui est à sa portée, et ce qui ne l'est pas. Les chansons désormais n'ont pas tout à fait la même ampleur, avec un son volontiers sourd, cette aridité évoquant Smog, dans ses contrastes. En contrepartie, l’immersion en studio, cet espace d'enregistrement que l'on ressent fortement sur des chansons comme When God Walks In, nous rapproche de Murry. Les quelques performances a avoir précédé l'album sur You Tube mettent en avant cet agencement, comme un lieu de paix. La reprise des Afghan Whigs en fin d'album résonne de façon particulière en regard de l'histoire récente de Murry. Comme Greg Dulli, il devra apprendre, ou réapprendre, à mettre la distance nécessaire avec les paroles de ses chansons, pour peut-être les jouer en concert. Une telle distance existe déjà sur One Day (You'll Die) ou la bien rock Countess Lola Blues.

mercredi 26 juillet 2017

{archive} JUDY HENSKE & JERRY YESTER - Farewell Aldebaran (1969)






OO
inquiétant, audacieux, varié
expérimental, rock



On retrouve avec Judy Henske la présence languissante et solaire d'une artiste qui, ayant échoué à faire exister à Broadway une comédie musicale à la mesure de son talent, en proie à l'amertume, aurait décidé de s'épanouir selon ses propres termes. Jerry Yester est fermement décidé à brouiller les pistes de ses influences dans une expérimentation transfigurant la pop des sixties par le biais instruments au son à la fois archaïque et futuriste.

Il joue des humeurs douloureuses et parvient, chose rare, à produire un éclectisme à la hauteur de leur personnalité. Combien de chanteuses et chanteurs sont étouffés par une musique sans audace, incapable d'épouser leur particularités ? De ce point de vue, ce duo est un modèle. Et cette audace se prolonge dans l'utilisation des instruments : le vieux synthétiseur moog par exemple, utilisé pour dévoyer des sons sacrés sur le pastiche de jubilé St Nicholas Hall. La noble transcendance et la joie baroque débandent à l'attelage de la solennité géniale de Judy Henske. On entendrait presque les cloches carillonner tandis qu'elle s'épanche, aidée de chœurs contrefaits, sa passion discordante suggérant une spiritualité que l'on voudrait sincère. Sa présence vocale est l'artifice le plus perfide, qu'elle se fasse intransigeante (Rapture) ou plus « charitable » (Charity).

St. Nicholas Hall, exprime l'humeur de Jerry Yester, auparavant baladin avec les New Christy Minstrels : une expérience de religieux factice, vouée à l'expérimentation pour le plaisir de l'espièglerie. Three Ravens n'offre pas de retour à la normale, mais la bande originale d'un film illusoire, où la mélodie s'égare vite, tandis que Henske insuffle une intensité décalée, pour nous éloigner toujours plus de nos habitudes. On est plongé au cœur des notes de harpes et des arrangements. L'apparence inquiétante de l'album, débutant à la pochette, est due à la coexistence déstabilisante d'une ambiance amère, désespérée, contrastée par des mélodies pittoresques. On passe ainsi de l’entraînante Horses on a Stick à Lullaby, où les évocations de fin du monde se prononcent sur des tonalités rappelant Lily & Maria ou Goldfrapp. On devine le hurlement du vent, l'air s'engouffrant dans l'abîme.

Raider est une sarabande country folk oscillant vers un état de surimpression, quand se superposent les voix, où la réalité espérée se dérobe. C'est ce qui incitera à écouter l'album autant que possible : cette recherche de choses tangibles et de sentiments sincères, ou bien la succession des trucages pour endiguer l'agonie implicite, peut-être symboliquement celle des années 60. L'aggresivité blues rock de Snowblind se délite, par l'irruption du fantastique, progressivement, jusqu'à la déchirure magistrale de Farewell, le moment où la mort s'invite comme un éclat persistant sur la rétine.

Un album qui est à lui seul bien des scènes, des fêtes, des attitudes imprévisibles. Il s'adresse à un public capable de plonger bien consciemment dans un rêve inquiétant.

mardi 25 juillet 2017

{archive} LILY & MARIA - S./T. (1968)






OO
pénétrant, envoûtant, frais
folk, soul


Cet album a été comparé à Parallelograms, mais l'album révéré de Linda Perhacs ne parvient pas à être aussi envoûtant que celui-ci, doublette de murmures spectraux. C'est le folk des années 60 à son crépuscule, le sentiment en musique d'une époque faste en train de se résorber. Cette capacité à résumer beaucoup d'humeurs en sensualité simple et pénétrante, toutes les couleurs de l'arc en ciel en deux visages blafards, le faste de cent mille arrangements en l'interaction sourde de mellotron et de guitare acoustique. Il est facile d'oublier que de nombreux musiciens ont participé à cet album, qui se détache par son atmosphère étouffée, des instruments au son cotonneux, et régénéré lorsque les mélodies s'interrompent pour ouvrir sur un quasi silence.

Deux mystérieuses adolescentes new-yorkaises, Lily Fiszman et Maria Neumann, deux voix virginales poussées par une force inespérée, subliment le temps d'un disque leurs influences folk et soul. Elles révèlent les utopies pour ceux à qui la conscience de fins brutales n'interdisent pas la douceur, l'affection. Leurs voix réunies, un susurrement d'une grande volupté, semble avoir été repris par Alison Goldfrapp. There Will be No Clowns Tonight, de la teneur lyrique aux arrangements stridents, renvoie de façon limpide à l'univers de la chanteuse rétro futuriste.

Il y a un je-ne-sais-quoi d'infiniment britannique sur cet album : les mots élégants, capables d'innocence, nous bercent de l'illusion d'un folk charmant et sémantique, précieux. Mais on sera régulièrement trompés.

Everybody Knows s'ouvre dans la turbulence, pour déboucher sur un lent refrain, permettant de convoquer des tonalités du monde entier au sein d'une vaste instrumentation. La basse et le tempo tranquille seront encore les meilleurs alliés de Lily & Maria sur Melt Me. Celle là exsude la lascivité, suinte après le triomphe désespérément intime du summer of love.

Il y a quelque chose de glacé dans la musique des deux femmes, une fraîcheur renouvelée à chaque écoute, comme dans un poème intemporel. La simplicité lyrique d'une chanson comme I Was souligne cette fraîcheur, basée sur la description spontanée de l'éphémère. Ismene Jasmine, sépulcrale, met en avant un nouveau ton de guitare et le mellotron, suscitant avec des sons poisseux, une humanité sans chaleur. La combinaison de ces deux instruments crée une atmosphère splendide, en espagnolade, sur ...Clowns Tonight. Les deux voix vont crescendo, s'unissant dans une harmonie déchirante.

Aftermath, Fourteen After One ou Morning Glory Morning renouent avec la lumière, les harmonies renvoyant à d'autres duos folk à la tendresse toute bucolique. La flûte traversière joue une part importante de cet éclairage plus serein.

dimanche 2 juillet 2017

"MID YEAR LIST" : Mes 12 albums préférés de 2017 jusqu'à maintenant...


Otis Gibbs – Mount Renraw


Sorority Noise – You're Not As- As You Think


The Spirit of the Beehive – Pleasure Sucks



Michael Chapman – 50


Fleet Foxes - Crack Up


Robyn Hitchcock – Selt Titled




Cindy Lee Berrihill – The Adventurist



Slowdive – Selft Titled



R Stevie Moore & Jason Falkner – Make it Be



Saltland – A Common Truth



Malcolm Holcombe – Pretty Little Troubles


Chuck Prophet – Bobby Fuller Died For Your Sins







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