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Trip Tips - Fanzine musical !

vendredi 28 août 2009

Talking Heads - Remain in Light


Quelques groupes d’aujourd’hui, comme Yeasayer, Animal Collective ou Akron/Family aux Etats Unis, ou bien les projets de Damon Albarn sur Albion construisent à leur façon des passerelles entre différents mondes, ajoutant une dose de world-music afin de sortir d’un carcan pop étouffant ; à leur époque, les Talking Heads l’ont fait, avec notamment cet album produit une nouvelle fois par Brian Eno (connu notamment pour son travail avec David Bowie sur Low, Heroes et Lodger, ainsi que pour des travaux en solo comme Here comes the Warm Jets ou Another Green World, et pour My Life in the Bush of Ghosts conçu avec David Byrne – leader des Talking Heads). En ce qui concerne David Bowie, on a l’impression que ces médiocres albums des années 80 (Let’s Dance, Tonight et Never Let me Down) ont été fortement inspirés par le travail des Talking Heads – ou de Peter Gabriel. Dans les deux cas, il s’agit d’insuffler un souffle « d’ailleurs » à une musique anglaise qui redoute de ne faire que se répéter. Et ce qui est étrange, c’est que les musiques de cette époques étaient à la fois exotiques et par moment suprêmement agaçantes, comme si elles contenaient le syndrome de leur temps.


Il y a pourtant alors, en Angleterre, une foule de groupes qui vont apporter infiniment plus à la musique que nombre de leurs prédécesseurs des seventies (dont l’a fin annoncée est symbolisée par l’explosion de Pink Floyd au chevet de son dernier chef d’œuvre, The Wall : dans le cœur l’un des premier disques des années 80) ; Joy Division/New Order, The Cure, Adam and The Ants, Gary Newman ; les mouvements post-punk (qui succèdent aux Sex Pistols) et new wave apportent terreurs soniques et fantaisies artificielles. La musique populaire fait un pas de plus loin de l’innocence. Les groupes effrayants sont ceux qui marchent, parce qu’ils s’opposent à une culture disco de plus en plus envahissante et apparemment stérile : Joy Division est alors le plus grand groupe du monde, amené par un leader névrosé et malade qui finira par se suicider ! Etrange période de sons synthétiques, humeurs mauvaises bardées de mascara, tandis que les mannequins sympa des jaquettes de Roxy Music ont laissé la place à des mises en scène morbides, fluo et pathétiques (Here Comes the Warm Jets ; Three Imaginary Boys …) Heureusement, on est aujourd’hui assez éloignés de cette obscure période pour pouvoir revenir sur les vraies réussites artistiques en son sein. Elles ne manquent pas.


Remain In Light est un cocktail de new wave, de world music de post punk et surtout de pop eighties très cohérent, avec des morceaux longs, des solos de guitares à figures qui ont inspiré Radiohead (Radio Head, le nom du groupe, vient d’un morceau des Talking Heads) et font penser à Robert Fripp sur Baby’s on Fire. Il est la suite logique de Fear of Music, paru en 1979, et le début de ce qui a été qualifié d’avant-primitivism. Les morceaux sont construits autour d’un riff répété indéfiniment, un groove funk avec basse bondissante. C’est cette linéarité que l’on retrouve dans la musique africaine (m’aventurant en terrain non maitrisé, je me contenterai de citer Tinariwen, groupe qui connait depuis quelques temps un regain d’intérêt). Les instruments sont joués condensés, entremêlés – et il y a de nombreuses apparitions des guests - comme un Bush. Le travail en collaboration avec Brian Eno est palpable, dans les conductions rythmiques urgentes, et le peu de glam-rock qui reste se mêle à un funk Américain extatique. Dire que le disque est d’avant-garde, n’est pas exact ; il est un meilleur moyen de se familiariser avec deux bêtes peu abordables (que ce soit Talking Heads 77, Another Green World ou, à plus forte raison, My Life in the Bush of Ghosts et ses voix piquées au hasard à la radio).


Les trois premiers morceaux, qui constituent le première face du disque s’avalent avec une délectation particulière. C’est une perpétuelle cavalcade en avant, quelque chose de foutrement volumique et rock. The Great Curve est un morceau glam au rythme endiablé. Eno, véritable cinquième membre du groupe ici, est connu pour avoir popularisé une musique pour danser et pour penser. Ici, les paroles sont refusées à toute prétention, et c’est l’énergie plus que l’appréhension qui prime, malgré toutes les bizarreries de parcours. Surtout, c’est un album qui reste moderne et frais, presque trente ans après sa parution. Etant donné sa forte identité, c’est un signe que les formes qu’il contient ont une sorte de sagesse inaltérable (d’ailleurs commune aux travaux de Brian Eno encore référents aujourd’hui). Once in a Lifetime, le single, restera l’un des plus célèbres morceaux du groupe. Le chant de Byrne y est plein de suspense.


C’est un album entre lumière et obscurité. Comme de nombreux disques à cette période, il y a une hésitation entre une bé-attitude eighties et le pessimisme tourné en mythique incarné par Joy Division. Le dernier morceau, The Overload, est ainsi une pure imitation de ce qu’avaient fait les Mancuniens auparavant. Sans oublier le « Take a look at these hands !”, paroles scandées au travers desquelles David Byrne apparaît aussi paranoïaque que Ian Curtis. The Listening Wind, enfin, raconte l’histoire d’un Natif piégé et vengeur.
  • Parution : 1980
  • Label : Sire Records
  • A écouter : Born Under Punches, The Great Curve, The Listening Wind

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