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Trip Tips - Fanzine musical !

mercredi 12 août 2009

Devin Townsend - Terria


On a écrit énormément sur Devin Townsend. Les passionnés en font des tonnes sur chacun de ses albums, et Terria n’échappe pas à la règle. Sorti en 2001 au sein du Devin Townsend Band, composé de Devin Townsend (guitare, chant, ambiances, samples et claviers), Gene Hoglan (batterie), Craig Mcfarland (basse), Jamie Meyer (piano, claviers), l’album est le dernier de ce qu’on pourrait appeler le cycle de développement de ce projet de Townsend, par ailleurs leader de Strapping Young Lad. Ocean Machine nous avait fait prendre connaissance du talent du canadien en 1997 ; le son était déjà particulièrement massif, et l’ambition de composition extraordinaire. Heureusement, cette ambition était (est) accompagnée d’une interprétation à la hauteur ; Devin donne dans deux, trois registres vocaux schizophrènes, et c’est également un virtuose à la guitare qui n’hésite à se faire plaisir et à faire plaisir en ménageant l’attente et en surprenant toujours l’auditeur par l’aménagement de véritables paysages sonores. Devin est l’un des plus grands artistes de musique alternative de sa génération, qui ne se propose comme limites que les concepts qui façonnent ses albums.

Déjà depuis le début de l’aventure de The Devin Townsend Band, on voit que le jeune canadien a à cœur les problèmes environnementaux, doublés de la volonté de faire hommage à la nature, créatrice d’entités et d’identité - dont Infinity présageait la perte, à travers la folie symbolique de l’artiste (et réelle, puisqu’il fera une dépression et sera interné). Il y eut aussi Physicist, album très différent, qui ressemble à la thérapie de Devin après sa maladie plutôt qu’a un grand disque. Donc, Ocean Machine, Infinity en 1998, et Terria en 2001, qui terminait l’établissement sonore de Devin. Accelerated Evolution (2003) et Synchestra (2006) montrent un Devin à l’aise dans l’univers qu’il a créé pour lui-même sur ses trois premiers albums, y recyclant principalement la matière de Terria et ses prédécesseurs.

La rythmique lourde, dès l’apéritif constitué par Olives, nous rappelle que le musicien mystique est avant tout un métal child recruté par Steve Vai alors qu’il avait 19 ans. Guitares menaçantes et démultipliées en multiples pistes constituent l’essentiel de la musicalité sur les deux premiers morceaux, avec ce son technoïde mais aussi vaste et profond qu’un lac canadien. Attaché ici à dépeindre son pays, avec Mountains, Deep Peace ou Canada, Devin va présenter une terre encore préservée de l’influence humaine et fragile. Il y a des chants de baleine au début de Deep Peace, et ici et là, des voix qui commentent la vie politique locale. Une certaine naïveté se dégage de ces collages. C’est à un Devin neuf que nous avons affaire, libéré, et qui, comme un enfant en pleine croissance, continue de grandir et d’absorber son entourage pour le transformer en art.

Earth Day est le plus beau morceau du disque, incroyable de richesse et intense tout au long de ses neuf minutes, qui proclame «It’s Your Birthday, it’s on Earth Day ». La voix, les voix, se composent entre rage folle et douce langueur avec l’obstination d’un génie qui touche aussi les parties musicales. Deep Peace continue sur cette lancée anthropologique, mêlant voix humaines, chants animaux et musiques traditionnelles en introduction, avant de donner dans la construction épique dans la veine de Stratovarius – une autre formation, s’il tient à en rapprocher Townsend, haute dans l’hémisphère Nord.

Down and Under partage l’album, qui bascule ensuite dans des morceaux plus pop comme The Fluke, Nobody’s Here ou Stagnant. C’est que Devin ne cherche pas à s’isoler comme avec Infinity mais à renouer avec ses semblables. Après la mer, les grands espaces et la civilisation, c’est vers le ciel que Devin semble se tourner, nous offrant avec Tiny Tears un voyage intersidéral préfigurant Ziltoïd, The Omniscient (2007). Nobody’s Here est particulièrement poignante et mémorable. Si le chant de Devin n’y atteint pas les sommets de pureté qu’il caresse du doigt dans Mountains ou Earth Day, c’est chose faite cette année avec Ki (2009). Extrêmement riche, Terria réclame un investissement total à l’écoute, comme les autres disques de Townsend. Cependant, les disques du Townsend Band restent bien moins éprouvants que ceux de son alter-égo démentiel Strapping Young Lad. L’excentricité de cette musique est sans doute la seule barrière qui la sépare d’une adulation massive.

  • Parution : Août 2001

  • Label : Inside Out Music

  • Producteur : Devin Townsend

  • Genre : Rock Progressif, Métal

  • A écouter : Earth Day, Deep Peace, Nobody's Here

  • 7.25/10
  • Qualités : puissant, original

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