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mercredi 23 septembre 2009

The Walkmen - You and Me (2008)



Voir aussi la chronique de Lisbon (2010)
Voir aussi le portrait des Walkmen

Fantastique alchimie qui a conduit à cet excellent album qu’est You and Me. Le quatrième disque studio de ce groupe New-Yorkais est en effet une nouvelle confirmation de leurs talents, dans l’architecture flamboyante de morceaux à l’énergie fougueuse et aux guitares héritées du rock des origines. Bows and Arrows (2004) puis A Hundred Miles Off (2006) avaient déjà été particulièrement bien accueillis par la presse. Il devient urgent de s’intéresser à cette formation qui, en quête de perfection, ne cesse de s'en rapprocher, méthodiquement.


Les Walkmen sont responsables de chansons à l’efficacité presque fâcheuse pour leur carrière (ils ne revendiquent pas être une nouvelle formation de rock abrasif et rentre-dedans comme le suggère The Rat sur Bow and Arrows par exemple). Et si l’excellence leur nuit, apparemment, ils ne font rien pour améliorer cette réputation, puisque l’un des titres ici, In the New Year, est tout simplement l’un des meilleurs morceaux d’indépendant du nouveau siècle. Refrain inoubliable dû à une superbe mélodie, et la voix de Hamilton Leithauser qui prend une liberté rare.

Ce disque sophistiqué, flamboyant, calibré et varié n’a pas reçu l’attention qu’il méritait, chose hallucinante quand l’on sait le succès de formations comme les Shins ou les Strokes, pour ne citer qu’eux. On suppose que ce dédain est dû au manque d’agressivité commerciale du label Gigantic Music, et en France de sa branche Talitres Records (basé à Bordeaux). Mais c’est aussi sans doute inhérent à la discrétion particulière des musiciens, dont l’ambition n’est manifestement pas de vendre beaucoup de disques. Engagés dans un rythme de travail régulier (un album tous les deux ans), les Walkmen continuent tranquillement et patiemment de progresser, jusqu’au moment où, lassés d’autres rengaines, on avalera d’un seul trait tous les chapitres de leur discographie.


Au chant, Hamilton Leithauser a la voix puissante, aux accents Dylaniens, et dans ses cris évoque même le Roy Harper de Stormcock (1971) – un sommet dramatique. Furie de rythmes, de mélodies et d’instrumentations psychédéliques autant que de rock viscéral qui fait beaucoup avec peu (On The Water), les Walkmen ont la science de la belle ligne de chant, de la diversité, de la noirceur urbaine. Les inspirations rythmiques diverses, la variété des jeux de guitare semblent être celles d’un groupe qui veut tout embrasser. C’est ça, la ville ; se disperser pour mieux régner, multiplier les idées pleines de verve. Mais, d’un autre côté, un travail quasi-permanent à partir d'influences a permis aux Walkmen de donner à leur lyrisme quelques lieux communs – comme ces cuivres sur Red Moon.


Des morceaux intimistes au timbre étouffé qui évoluent en plages calmes (Long Time Ahead of Us, New Country) nous prouvent qu’a la manière d’une formation folk, les Walkmen travaillent à la précision de leur son, tentant au mieux d’offrir l’honnêteté – c’est une notion qui peut se retranscrire assez clairement en musique (écouter Caravan Girl) autant que le meilleur environnement pour son chanteur, très présent. Ils n’y a pas de règle qui préfigurerait la construction des morceaux.

Si One Hundred Miles Off s’avérait déjà particulièrement prometteur que ce soit au niveau des compositions ou de la production, You and Me embrasse plus large en diversifiant ses humeurs ; et le son, qui devient à la fois encore plus vaste et précis, est celui d’un groupe amené à jouer dans Central Park plutôt que dans le confinement d’une salle de concert. Jeu plein de souffle, traversé d’authenticité et de passion. Un plus : sur la vidéo pour In the New Year, on retrouve des images du Nosferatu de Murnau.


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