“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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lundi 7 septembre 2009

Sigur Ros - () (2002)



Parution : 2002
Label : Emi
Genre : Post-rock, scène islandaise
A écouter : Vaka (#1), The Death Song (#7), The Pop Song (#8)

7.50/10
Qualités : pénétrant, vibrant, atmosphérique

Avec (), Sigur Ros s’abandonne, laisse échapper sa créativité. C’est beauté vraie, tristesse insondable, sentiments mis en jâchère, émotions qu’on laisse croître et se multiplier seules. Il semble que partout où cette musique se glisse, l’homme recule, se tapit, comme devant le flot menaçant d’une source amère. Une partie de vous (auditeur), de votre être, se sentira forcément menacée, mise en danger à l’écoute de ce disque. C’est un album terrible, éprouvant, majestueux.
L’album est d'une seule pièce, et il n’est que musique, que son et empirisme. Pas de titre, pas de noms aux morceaux, pas de notes ; une seule et unique voix construite de musique tellurique et de chant aérien. Jon Birginson a sa propre langue, ce phrasé répétitif et pénétrant, ces quelques syllabes formulées dans une langue inventée, inspirée cependant de l’islandais - le groupe reste le fer de lance de la musique islandaise. La trame des morceaux, longs, parfois austères, est évoque des séquences de vie où tout s'emballe. On jurerait être mis face à la nature en attente, vibrante, impatiente de savoir ce que l’on va faire d’elle, si l’on va la détruire. L'homme, et non la nature est au coeur de la musique de Sigur Ros. Jamais les moqueries aurait été moins appropriées pour qualifier le travail des islandais, que l’on dit rêvant d’elfes depuis Von (1997), même si leur influence est reconnue depuis Agaetis Byrjun (2000), un acte fondateur du genre post-rock. S’ils veulent nous faire croire à des figures non-humaines qui peupleraient notre environnement, c’est pour nous questionner sur la place de l’homme en son sein - et car il s'agit d'une mythologie spécifiquement islandaise.

On jurerait être mis face à la nature en attente, vibrante, impatiente de savoir ce que l’on va faire d’elle, si l’on va la détruire. L'homme, et non la nature est au coeur de la musique de Sigur Ros.
() est construit, maturé, avec 4 premiers morceaux – dont l’ouverture intitulée plus tard Vaka, qui met en exergue les progrès de Jon vers un chant plus androgyne - succédés d’un intermède de 30 secondes, puis 4 nouvelles pièces toujours plus grandes et belles ; finalement, les morceaux 7 et 8 (intitulés plus tardivement le Death Song - complainte fantastique - et le Pop Song , qui sont sans doute les meilleurs du disque, offrent la plus terrible expérience sonore, au moins depuis Svefn-g-Englar et son introduction à l’envers, sur le précédent album. Le pouvoir symphonique et mélodique du groupe n’est pas en reste, puisque se produit à 5 minutes de la fin de l'album une explosion d’énergie remarquable qui déchaine le quatuor - accompagné des violons de Aamina, artiste qui les accompagne en tournée avec son groupe. Ailleurs, c’est de délicatesse que sont empreintes les mélodies, avec imperfections, signes de fait-main - comme pour Mum, autre formation islandaise.


Les paroles répétées sont interchangeables d'un morceau à l'autre, et contribuent à donner à l'album une voix unique qui prend sa source qu delà du signifié. C'est une musique qui se veut prolongation de la culture locale, déconnectée des conceptions qui guident en général la musique populaire. Oubliées les contraintes de format - Sigur Ros aura le temps de s'en préoccuper plus tard - c'est le seul plaisir de faire grandir des émotions qui permet au groupe de construire l'album. Dans ces conditions, ce n'est pas étonnant que les connections avec le rock ou la pop soient ténues. () est parfois impalpable et désolé, instinctif et vengeur.     

C'est un disque qui attend de vous une réponse, une interprétation. Laisser sa marque dans les longues plages à l’aspect parfois vierge, laissées par le groupe pour que l’on s’y imprime.

 

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