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mercredi 23 septembre 2009

Hope Sandoval & the Warm Inventions - Bavarian Fruit Bread (2001)



Voir aussi la chronique de She Hangs Brightly (1990)
Voir aussi la chronique de So Tonight That i Might See (1993)
Voir aussi la chronique de Through the Devil Softly (2009)
Voir aussi la chronique de Rainy Day LP (1984)
Voir aussi l'article sur Hope Sandoval


Bavarian Fruit Bread est de ses albums qui jouent sur l’affect de l’auditeur en distillant une énergie étrange. Les pièces moelleuses, languissantes et un peu ténébreuses nous révèlent Hope Sandoval jouant avec le fantasme qu’elle provoque, depuis quelque quinze années, dans l’esprit de doux rêveurs mélomanes, amoureux de musique alternative profonde et de qualité – Hope Sandoval est l’ancienne chanteuse de Mazzy Star (avec David Roback), groupe culte des années 90 qui sortit trois disques – autant que de Hope elle-même, sorte de gracieuse aberration toute en douceur du regard et légère provocation. Mais aussi plutôt effacée, ce qui constitue un signe de grande personnalité étant donné le nombre de gens qui aimeraient la voir et l’entendre davantage. Depuis Mazzy Star, elle répète une formule mi-recyclage de morceaux du Velvet Underground, mi-empreinte personnelle (sensuelle, vaporeuse, parfois envoûtante). Seulement, là où Mazzy Star construisait des chansons plus musclées serties de la voix confiante de Hope, The Warm Inventions étudient, avec ce disque, en 2001, quelques morceaux de nuages, gagnent une tendance minimaliste, retrouvent d’anciens chemins pop et folk avec moins d’ambition, et livrent une belle tapisserie florale, vaguement inquiétante mais apparemment sans relief.


Pourtant, ce disque n’est pas sans saveur. Le batteur Colm O’Ciosoig est celui de My Bloody Valentine, et il apporte avec lui quelques bouts de fulgurances propre au quatuor irlandais (à découvrir de toute urgence pour ceux qui en sont encore à Nirvana). Un court instrumental (Baby Let Me) trahit la présence d’un MBV à bord, ainsi d’autres audaces (tronquer Drop après si peu de temps). Il est aussi co-auteur de Feeling of Gaze, On The Low et Around my Smile. D’un autre côté, on retrouve Bert Jansch, guitariste anglais mythique qui inspira Nick Drake Et qui illumine ici Charlotte et Butterfly Mornings. Magie des accords, sorcellerie vocale, mais surtout l’extraordinaire faculté à étudier une sorte de décantation musicale, à mélanger musique à rêveries avec paroles intimistes, à se projeter dans l’air sans que cela ne nécessite le moindre spectacle. L’énergie de Hope est là, dans l’air qu’elle respire et transforme en mots doux. Sa voix se fait plus caressante au cours du disque, pour parvenir avec Lose me on the Way à complètement nous subjuguer. On a quelques comptines extraordinaires (Around my Smile, Butterfly Mornings), morceaux enfumés (Clear Day), excitants (On The Low). Et la délicatesse du jeu répond enfin, dans chacune de ces étapes féeriques, au fantôme de voix de Hope.


La chanteuse entretient le mythe qu’elle a construit malgré elle, s’aventurant plus loin dans la méditation traînante et ajoutant davantage de belles pièces à celles qui nous ont longtemps hantées (Into Dust, etc.) tout en opérant avec une retenue qui nous laisse épuisés d’en vouloir plus. Il n’y aura pas plus, nous dit t-elle. C’est moi… Rien que moi. Soyons raisonnables, c’est bien assez. Ce disque est emprunt de la présence d’une artiste aux évocations puissantes, qui dépassent largement ses talents d’écriture ou de composition. Quelques mélopées qui durent toute la nuit dont elles ont annoncé le soir – à plusieurs reprises, on recommande d’écouter le disque « dans le noir » - signe d’œuvre enveloppante et délicate, qui peut souffrir d’une écoute distraite. On a le droit d’écouter Bavarian Fruit Bread au casque en marchant dans la rue, mais la seule impression que vous aurez est celle de se faire chuchoter à l’oreille des mots d’amante anglophone au bord du réveil. Album pour lorsque le soleil n’est pas tout à fait là, ou bien pas tout à fait parti ; Hope tient dans ses cordes une belle tranche de rêve californien. Ces jours ci, un nouvel album est à paraître ; huit ans ont passé, mais Hope sait toujours faire attendre. On se dit qu’elle garde le meilleur pour elle, comme un secret, et que le jour où cette fleur éclora…
Parution : 23 octobre 2001

Label : Sanctuary Records / Rough Trade

Producteur : Hope Sandoval, Colm O'Ciosoig

A écouter : Suzanne, Butterfly Mornings, Lose Me on the Way

7/10
Qualités : nocturne, sensuel, envoûtant

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