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mercredi 9 septembre 2009

Mew - No More Stories are Told Today, I'm Sorry they Washed Away, No More Stories the World is Grey I'm Tired Let's Wash Away

Parution : 2009
Label : Columbia
Producteur : Rich Costey, Mew
A écouter : Cartoons and Macreme Wounds, Repeater Beater, Hawaï

6.50/10

Mew possède de nombreuses attaches qui ne font aucun doute sur leur appartenance à une scène européenne plutôt nordique, réputée pour apprécier l’utilisation d’éléments rythmiques complexes (Wildbirds and Peacedrums), sons de parades (Efertklang) et cuivres dans des compositions éclatées. L’expérimentation est en effet une bannière bien large sous laquelle fleurissent en quantité des formations impopulaires mais prometteuses. Ainsi, Radiohead et l’axe Anglo-Saxon n’est qu’un aspect de plus en plus inconséquent – je ne parle pas de Radiohead, mais de la scène anglaise, bien entendu - de la scène musicale européenne. On peut cependant mettre de côté le travail du label emblématique de musique électronique allemand Warp auquel Mew n’est que peu apparenté. Quelques groupes sont parvenus à pleinement s’épanouir et imposer leur son, sans nécessairement emprunter la langue anglaise (Sigur Ros) ; dans le cas du quatuor islandais, une originalité entière – de son et d’approche - et l’appartenance à un courant montant, le post-rock, peuvent expliquer le succès. Nous avons ici un groupe Danois fondé en 1997, et qui après avoir ouvert pour Nine Inch Nails pour sa tournée européenne, se retrouve en position de force.

Cet album est gros et ambitieux. S’il a été adulé à sa sortie, c’est pour posséder la faculté, du moins dans les premières écoutes, de subjuguer. Sa richesse énorme, ses mélodies multiples suggèrent un travail long et périlleux ; et la production est plutôt heureuse. Pas de doute, Mew sait où il veut en venir ; ressusciter encore une fois pop et synthés dans un cocktail plus musclé et direct que Deus (excellent groupe belge) jouer des percussions comme la nouvelle furie anglaise (batterie tellurique dans l’esprit Matt Tong de Bloc Party), et surtout, surtout entretenir un lien avec les grands espaces miroités dans un post rock mélodique, quitte si possible à empocher l’auditeur qui avait déjà un pied dans le papier bonbon grand ouvert, mais trouvait les quatre premiers morceaux trop m’as-tu vu. Force est de constater que, malgré l’agacement aux troisièmes et quatrièmes écoutes, No More Stories… est impressionnant dans son désir d’impressionner. S’enchaînent donc en première partie de ce disque quatre morceaux qui, s’ils ne sont pas imparables, jouent à merveille dans un registre dual, entre avant-pop et racolage de piste de danse. Ou cela nous mène ? Probablement nulle part, et c’est dommage ; la rythmique sur Introducing Palace Players est par exemple si enthousiasmante qu’on aurait vraiment aimé lui donner plus de longévité. La voix évoque Mercury Rev, et le refrain nous fait basculer dans le totalement radiophonique. Repeater Beater est peut être un meilleur morceau, plus rude.

Après quelques secondes de silence, démarre la deuxième partie du disque – il y a la volonté d’une narration, qui explore de la joie la plus colorée jusqu'à une tristesse qui se fait presque violente. C’est ici que le groupe veut que nous entrions totalement au cœur de son son. Toujours plus de pistes superposées, c’est ce que les inconditionnels du quatre pistes appelleraient marasme sonore. Très peu de motifs répétitifs, mais au contraire, une tentative de sans cesse réinventer les morceaux, de les faire sinuer à la manière d’un Deus psychédélique (Cartoons and Macreme Wounds). De vraies mélodies plutôt glaciales se révèlent en centre de pièces vouées à l’abondance, la multitude de voies, la perte de focus. De très nombreux instruments sont joués, notamment en ce qui concerne les percussions, sorte d’assemblage pléthorique qui offre à chaque plage sa propre identité (Hawaï – ou les xylophones sur Vaccine). C’est un décor proprement construit pour nous laisser y pénétrer, plein de crochets pop insistants ou seulement passagers. L’impression globale est celle d’un album un brin prétentieux – dans sa volonté de créer une trame enveloppante et de sur-identifier les morceaux -, étrange et éthéré. Mais suffisamment ouvert et appliqué pour mériter la ferveur qui l’accompagne.

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