“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

soigné (81) intense (77) groovy (71) Doux-amer (61) envoûtant (60) ludique (60) poignant (60) entraînant (55) original (53) élégant (50) communicatif (49) audacieux (48) lyrique (48) onirique (48) sombre (48) pénétrant (47) sensible (47) apaisé (46) lucide (44) attachant (43) hypnotique (43) vintage (43) engagé (38) Romantique (31) intemporel (31) Expérimental (30) frais (30) intimiste (30) orchestral (30) efficace (29) rugueux (29) spontané (29) contemplatif (26) fait main (26) varié (25) nocturne (24) extravagant (23) funky (23) puissant (22) sensuel (18) inquiétant (17) lourd (16) heureux (11) épique (11) Ambigu (10) culte (8) naturel (5)

Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

jeudi 1 octobre 2009

{archive} Mazzy Star - So Tonight That i Might See (1993)



Voir aussi la chronique de Through the Devil Softly (2009)
Voir aussi la chronique de Rainy Day LP (1984)


Le second album du groupe, paru en 1993. Nirvana sort In Utero… Le son de Mazzy Star, lui, s’efface un peu, devenant encore davantage propice à la mélancolie. Le groupe devient avec cet album le détenteur d’un genre de motif touchant, une tapisserie magique. Alors que le grunge jouait compact et plein de distorsion, David Roback prenait la direction inverse ; manageant l'espace ; et privilégiant les instruments acoustiques, comme sur Fade Into You, peut-être leur chanson la plus célèbre. Bells Rings opère comme un morceau du Velvet au ralenti, qui laisse davantage s’installer la contemplation au détriment de la tension.


David Roback travaillait déjà dix ans que Mazzy Star ne voie le jour, au sein de Rain Parade groupe psychédélique, et l’un des groupes phares de la scène underground de Los Angeles d’alors. Puis il en vint à Opal, inspiré par Nico, la chanteuse sous héroïne du Marble Index . Mazzy Star fut pour lui l’échelon suivant, dans cette progression logique ; un morceau comme Mary of Silence montre qu’il n’a pas abandonné ses velléités underground, et le timbre de Sandoval, presque une incantation, fait des merveilles dans ce genre de morceau, d’humeur avant tout, d’humeur glauque. On n’avait pas vu Mazzy Star aussi triste auparavant ; c’est là que Hope Sandoval devient celle que l’on voit chanter, debout, immobile, inexpressive, Into Dust à la télévision. Une icône des années 1990 ; un disque qui devint platine (un million de ventes).


Heureusement, So Tonight the I Might See aussi de vrais moments de lumière ; Five String Serenade tire du fond de sa belle simplicité une envolée salutaire et naturelle quand on connait Sandoval. Une intime rêverie dédiée au genre du slow et de la ballade. Jusqu'à ce que Sandoval brise les barrières avec Bavarian Fruit Bread en 2001, elle semble trop contrainte à adopter les formats de Roback - qui, heureusement, est un musicien de grand talent. Il a assimilé le blues des Doors, la pop, l’avant-garde, le psychédélisme, et procède avec un sens inné de la mélancolie. Une chance que Sandoval sache, elle, si bien écrire des chansons et les interpréter. Mais c’est un disque qui se cloisonne peut être un peu dans son époque – en 1993, le Velvet Underground se réunira pour un dernier concert – un époque qui cherche à ressusciter conserver l’innocence des années 1980 mais qui bascule en réalité à nouveau dans le pessimisme, certes stimulant, des années 1970.


David voudrait même voir renaître les années 1960 ; mais les grands héros pop, Stones, Beatles, Beach Boys, les punks, Johnny Cash, Bowie, tous ont disparu ou sont passés à autre chose. Cobain est obtus et renfermé, P.J. Harvey un peu salace et d'ailleurs trop kitch (mais enrobée dans un sac plastique sur la pochette de Dry, elle préfigurait bien ce genre d’ambiance) R.E.M. trop populaire depuis Automatic For the People. Alors Mazzy Star peut régner dans les cœurs sentimentaux.


So Tonight i Might See est pourtant le disque d’une grande évolution ; plus lent et porté sur l’humeur que She Hangs Brightly, il contient une autre forme de viscéralité, plus blues que country (unreflected). C’est peut être que, maintenant trop près de Billie Holiday ou Gram Parsons, le disque peine à assumer son statut comme à éviter d’être monotone. Hope Sandoval est une artiste qui en apelle à l’alchimie, et se retrouve ici murée dans ce qui semble une maison visitée de vieilles âmes. Wasted a un esprit bluesy surprenant, et Into Dust est simplement ultime ; c’est le morceau qui cristallise un reniement extrême, une volonté de solitude, une détresse de drogué, une faiblesse que Sandoval a aujourd’hui, avec son nouveau disque totalement admise. Elle n’est capable que d’être elle-même, et David Roback a pourtant essayé de le respecter. C’est un grand disque pour ceux qui aiment les tragédies et les mystères, les énergies enfouies qui ne prennent jamais véritablement vie. Ce n’est pas une récréation, mais cela laisse songeur quand au nombre d’étudiants probablement à côté de leurs pompes qui l’ont acheté. Le mythe des 1990 est né.



Parution : 1993
Label : Chrysalis
Genre : Dream-Folk, Intimiste, Blues
A écouter : Fade Into You, Into Dust
  

Note : 6.50/10
Qualités : ambigu, envoûtant, psychédélique

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...