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James Vincent MCMORROW

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dimanche 4 octobre 2009

The Flaming Lips - Embryonic (2009)


Parution : 13 octobre 2009
Label : Warner Bros
Genre : Psych-rock, Garage rock,
A écouter : Convinced of the Hex, See the Leaves, The Ego's Last Stand, Worm Mountain, Watching the Planets

7.75/10
Qualités : ludique, heureux, varié

Les Flaming Lips sont un groupe psychédélique qui tourne autour de l'excentrique Wayne Coyne. Un type qui non seulement produit de manière psychédélique, mais pense de cette manière, vit de cette manière. Sa discographie est faite de rêves d'enfant ; réinterpréter The Dark Side of The Moon en entier et multiplier les albums concepts en forme de psychodramas acidulés. Sa vie privée est faite des mêmes rêves, quand il décide de réaménager sa maison de manière mondialement inédite.   Née en 1983, le groupe est aujourd'hui ne réponse cinglante à tous ceux qui pensaient que les groupes signés sur des majors sont incapables de s'amuser et d'offrir une vision personelle du monde. Après quatre albums sur le label indépendant Restless - dont In a Priest Driven Ambulance en 1990 qui a vu la transformation du groupe de chenille a papillon, du garage-punk de leurs débuts à un rock kaléidoscopique - , le quatuor a, en 1992, publié son premier disque sous le joug de Warner Bros, Hit to Death in the Future Head. A l’époque, Jonathan Donahue, quittera le groupe pour Mercury Rev, qui ne va pas tarder à devenir une autre comète du rock alternatif américain.

Un an plus tard, le succès est au rendez-vous avec le tube She Don’t Use Jelly, qui apparaît notamment au Late Show de David Letterman. Le succès de ce morceau et de l’album Transmissions From the Satellite Heart permet au groupe de réaliser de longues tournées, par exemple aux côtés des Red Hot Chili Peppers. La scène va devenir peu à peu un moyen incontournable pour le public d’entrer en contact avec le groupe. Malgré les inévitables déboires dus à la drogue et à la fatigue des tournées interminables, les Flaming Lips sont enfin reconnus avec The Soft Bulletin (1999), qui annonce une certaine accalmie dans le son du groupe, puis Yoshimi Battles the Pink Robots (2002).

C’est à cette époque qu’il fallait commencer à s’y intéresser de plus près, au risque autrement de désespérer à chercher ailleurs le psych-rock qui, après quarante ans d’expériences et de rock’n roll devait tenir la route. The Soft Bulletin devient disque d’or en 2007. En 2006 sort At War With the Mystics, album qui, autant que l’on puisse en juger, est encore meilleur que les précédents. Recevant dans cette période plusieurs prix se référant à des performances live ou à leurs albums studio, ils sont à présent, sous la forme d’un quatuor soudé, complètement installés à la tête d’une tribu d’héritiers du rock surréaliste.

S’autorisant tout, ils n’hésitent pas à réaliser un quadruple album destiné à être écouté simultanément (Zaireeka) ou encore un film qui raconte le premier noël de colons humains sur Mars (Christmas on Mars) , joué par des proches du groupe. De la musique de laboratoire, en quelque sorte. D'un autre côté, l’un de leurs morceaux, Do You Realise ? est devenu l’hymne officiel de l’état d’Oklahoma. On peut trouver que le groupe est devenu une machine commerciale suffisamment puissante pour s’autoriser toutes sortes de lubies, mais c’est néanmoins en produisant une musique qui fait très peu de concessions qu’ils y sont parvenus. MGMT, invités de ce nouveau disque, Embryonic, la suite du très acclamé At War With The Mystics donc, ont là des leçons à prendre.

C’est une formidable leçon d’énergie scénique capturée par le studio, un exercice de psychédélisme condensé, d’imagerie raffinée, de décadence pop mixée avec un son brut.



On a repproché dernièrement au groupe de devenir trop ostensiblement une formation live, donnant toute démesure à leurs concerts, et tournant peut-être leurs morceaux studio de manière à les rendre plus spectaculaires une fois sur scène. Ils ont eu, il faut le reconnaître, quelques excellentes idées qui rendent leurs concerts particulièrement magnifiques. Coyne se promenant encapsulé dans une sphère de plastique, et les paillettes, mon dieu, les paillettes dorées qui pleuvent sur la foule. On craignait qu'ils deviennent des entertainers au détriment de ressembler à un vrai groupe, une entité artistique. Leurs scéances photos sont toujours un bon cirque mais il reviennent avec un objet qui fait mal derrière la tête de ceux qui les croyaient cyniquement perdus à répéter The Soft Bulletin comme des Superman décadents.

Ce nouveau double disque trouve les Flaming Lips plus puissants que jamais. C’est une formidable leçon d’énergie scénique capturée par le studio, un exercice de psychédélisme condensé, d’imagerie raffinée, de décadence pop mixée avec un son brut.

C’est un univers entièrement cohérent, car outre qu’il soit constitué de flashes inouïs, il y a un vrai travail pour obtenir des échos et des liens tout au long de l’œuvre, entre des pièces aussi diverses que Watching the Planets et Aquarius Sabotage. Dix-huit morceaux, rien à jeter. Les pôles qui en tracent les limites sont antithétiques. C’est un disque à la liberté très américaine, qui n’obéit à aucune idéologie plombante et processionnaire du type Tangerine Dream/Can - dont le Ege Bamyasi dont on retrouve toutefois quelques ficelles ici - /Neu/etc., un trip acide et coloré mais aussi plein de flamme garage-rock.

Convinced of the Hex encapsule l’énergie de Pink Floyd dans son premier disque, pour ses guitares tranchantes, tout en lui alliant un groove sinistre ; plus loin, Gemini Syringues est plutôt Dark Side of the Moon avec son piano Rhodes, si l’on fait abstraction de l’introduction narrative amenée par le mathématicien allemand Thorsten Wormann. Tout mysticisme n’en reste d’ailleurs pas là, cinq morceaux nommant pour une raison obscure des signes du zodiaque. 

Beaucoup de morceaux sont basés sur des lignes de basses grasses sans parfois paraître achevés - car Embryonic signifie embryon. Cette machine à enfanter des idées réserve bien des retournements, et certains morceaux sont propices au voyage au sein même de leur enveloppe. La guitare est en proie à toutes sortes d’effets live ; wah-wah, feedback, etc., toujours utilisés avec précision et muscle. Quelques claviers magnifiques aux sonorités Moog nous rappellent aux profondeurs cosmiques chères aux expérimentalistes allemands comme Klaus Schulze, mais c’est toujours au service de mélodies polies plutôt que d’inutiles nappes sonores. Sur Aquarius Sabotage, la batterie n’est pas loin de faire un carnage. Le groupe semble avoir eu la bonne idée de se confiner dans un espace réduit, pour garder la tension palpable.

Le disque de plus de soixante-dix minutes pétarade autour des thèmes de folie, isolation, horreur hallucinée et fables douceureuses. Wayne Coyne, parfois mélanbcolique ("I wish i could go back/Go back in time") est ailleurs comparable à Syd Barrett ; même ton monocorde - See The Leaves, même fascination, sans retour possible, dans le monde incapacitant de l'enfance. Et aucune volonté de trouver un sensz à touty cela ; « We weren’t trying to control this thing like a story or a concept that would make sense in the end ». Une petite plaisanterie, I Can Be a Frog, voit la chanteuse Karen O des Yeahs Yeahs Yeahs pousser des cris d’animaux dans un combiné de téléphone (les Flaming Lips on écrit le Yeah Yeah Yeah Song, à découvrir sur At War With The Mystics). Il y a sans doute quelque sagesse artistique : « les animaux sont bons justes en étant eux-mêmes », nous dit Coyne.

 

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