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jeudi 22 octobre 2009

Sonic Youth - A Thousand Leaves


Limiter Sonic Youth à son ère grunge, c’est comme limiter le Floyd à Syd Barrett. Bien sûr, Evol pou Goo était des albums délicieux, mais après un Dirty, Experimental Jet Set, Trash and No Star ou encore un Washing Machine en demi teinte, il est temps pour la formation de sonner à nouveau comme une terrible alternative à la pop. A Thousand Leaves est l’un de leurs meilleurs disques, celui qui les voit se débarrasser de considérations superflues et de compromis pour offrir un voyage froid et industriel, mais aussi sexy et organique comme un autre rejeton du Velvet Underground. Comme eux, Sonic Youth parvient ici à restituer un côté énigmatique et vaguement salace tout en faisant une musique murement réfléchie. Kim Gordon y incarne une Nico acculée dans quelques mètres carrés qui sentent le trouble et la fumée. Sur Female Mechanic Now On Duty, elle balance sur une base vibrante : "I want to shut you down, love your sight and sound ; I wanna spin you round till your underground…” Groupe adolescent ? Pas tant que ça. En fait, il se pourrait que la formation adulée en 1988 avec Daydream Nation n’ait jamais été aussi adulte. Ces questions peuvent paraître futiles, mais le problème semble se poser à nouevau à chaque étape de la carrière d’un groupe que l’on accuse parfois d’imposture. Dès le début de ce disque, que ce soit à travers le genre d’introduction glauque que constitue Contre le Sexisme ou avec le flamboyant Sunday, on ne peut qu’acclamer le talent évident de Sonic Youth qui semble avoir réappris un certain genre de spontanéité.

Les accords dissonants et les structures qui ont fait la réputation du groupe sont partout le prétexte d’une beauté en embuscade. Imprévisibles, les sonorités électriques qui empruntent au noise (rock du bruit) comme à l’après rock (post-rock) créent une ambiance cohérente, en son tapageur mais largement appréciable. Rien ne semble acquis au groupe, qui, on le sent, a évité les sentiers balisés de par sa propre carrière – ils auraient pu répéter Daydream Nation, engager d’autres rappeurs ou devenir trublions politique pour de bon. Plutôt que cela, ils ont trouvé le moyen d’écrire de nouvelles chansons passionnantes et intimistes, qui font la part belle au talent de Gordon pour ce qui est de l’interprétation fiévreuse. Elle contribue beaucoup au succès de l’expérience, avec Female Mechanic…, French Tickler ou Heather Angel. Et malgré quelques plages cérébrales, des titres comme Wildflower Soul offrent une balance parfaite en empruntant à la pop. Les longueurs de Wildflower Soul, Hits of the Sunshine ou Karen Koltrane sont toujours justifiées. Très écrit, le disque offre bien des retournements, loin de la langueur dans laquelle on craint toujours de voir tomber Lee Ranaldo et Thurston Moore.

C’est donc loin de la popularité que Sonic Youth travaille le mieux. Groupe hésitant et plus respectueux de son public qu’on l’air de le penser certains – il fait un peu figure de penchant américain à Radiohead – il semble qu’ils aient tenté une nouvelle fois de se mettre en danger. Le choix récent de quitter Geffen pour un label indépendant est encore une manière de prendre le large, même si cela a donné le bien décevant The Eternal. Ce dernier étant du Sonic Youth classique, en somme, pour un groupe qui n’est vraiment excitant que lorsqu’il sort un peu de ses gonds - déjà pleins de jeu.

  • Parution : 12 mai 1998


  • Label : DGC


  • Producteur : Wharton Tiers avec Sonic Youth


  • A écouter : Sunday, French Tickler, Wildflower Soul



  • Appréciation : Méritant
  • Note : 7.50
  • Qualités : bruitiste, habité, sombre

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