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James Vincent MCMORROW

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lundi 12 octobre 2009

The XX - XX (2009)




Parutionseptembre 2009
LabelYoung Turks
GenreElectro, indie rock
A écouterBasic Space, Crystallised
°
Qualitésnocturne, intimiste, fait main


Quatuor londonien essentiellement constitué de la guitariste Romy Madley Croft et de son compagnon bassiste Oliver Sim. Ils ont produit avec XX une œuvre furtive, douce et nuancée, une électro par touches légères, nocturne et charnelle, autour de paroles qui sont majoritairement ne méditation adolescente sur le sexe ; semble t-il l’angoisse du besoin, de l’envie, du manque. Un disque qui suscite plus de questions que de réponses.

Le duo Madley Croft/Sim chante sans effort et sans articuler – le quatuor construit des pièces simples, presque minimalistes, polies, parfois abstraites, une vraie fraîcheur sonore qu’il est bon d’écouter fort – comptines ouatées enregistrées dans tout le confort moderne, avec le luxe de toute cette expérience des nuances laissée par d’autres, et que le duo a parfaitement intégrée.

L’essentiel de l’instrumentation est constituée d’un clavier cheap – acheté soit-disant 2 euros sur Ebay-, puis d’une guitare et d’une basse qui ne font guère plus de quelques notes, se lançant parfois dans des lignes droites évoquant Joy Division, une influence évidente de ce duo lunaire anglais – mais pour l’essentiel, ce sont des mélodies somnambules, comme mal assurées. Une façon de renouer avec l’esprit de formations comme le Moldy Peaches : quelques lignes brutes qui laissent à l’heureux auditeur, seul juge de l’honnêteté du projet, le soin de donner un verdict. Sans avoir omis d’y apporter ses propres détails. Malgré ce qui pourrait sembler constituer sa froideur, c’est un disque humain, habité et plus convivial qu’il n’y paraît.
Ce n’est pas une œuvre qui fourmille de détails, mais  elle offre pourtant des replis de musique urbaine et des arrangements discrets et étouffés. Disque dépouillé donc ; dans Basic Space, par exemple, il n’y a quasiment rien, rien d’autre que ces voix traînantes sans prestance, qui articulent à peine, et une ritournelle soft pop. Pourtant, pour rendre l’ensemble de l’écoute à ce point énigmatique, lui donner ce côté ça-se-passe-derrière-la-porte, il a fallu se mouiller. Jeter toutes les possibilités que l’on connaît pour ne garder que les envies, les intentions complètement dépouillées de prétention musicale.

Les paroles apportent toute l’ambigüité nécessaire ; les musiciens chantent comme dans un besoin naturel de s’exprimer, peut être de discuter l’un avec l’autre. C’est alors un échange, succinct et particulièrement absorbant, sexy parce qu’il dévoile une intimité, certes artificielle mais reconstituée sans effort. Chaque élément qui constitue l’identité du groupe est couché, isolé, exposé dans une nudité qui provoque la quasi-fascination de l’auditeur. L’attache créée ne tient presque à rien, mais la légèreté de ce qui est effectivement donné à écouter nous incite à y ajouter un ensemble de références et d’images, auxquelles Ian Curtis n’est pas étranger – c’est ce en quoi c’est un grand disque électro, un genre musical qui s’immisce dans l’imaginaire de l’auditeur et le manipule, tout en lui laissant par ailleurs le soin d’apporter ses propres images mentales à ce qui est dépeint.

C’est essentiellement le travail d’une seule dimension, mais les Stooges ne possédaient eux aussi qu’une seule dimension à leur musique. Sur certains titres, de petites surprises lyriques donnent une seconde dimension à XX. Disque qui reste pour l’essentiel resserré autour des musiciens et de leurs aspirations, qui ne manquent pas de sel.

Que penser de la croix blanche sur fond noir qui orne la pochette ? Nous interdit t-on le passage ? Est-ce une sorte de serrure ? A moins que les quatre branches se rapportent aux quatre membres du groupe ? Tel symbole occulte nous annonce en tout cas le retour du post-punk, qui, après les sucreries New Order, est encore transformé.


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