“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

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samedi 22 mai 2010

Jon Spencer - Blues explosion, etc.

« C’était juste après un concert et nous nous laissions aller. Je me souviens que nous roulions à Los Angeles, faisant l'aller-retour entre l'hôtel et le G-Son Studio, et quelqu'un avait une cassette de Like Flies on Sherbet par Alex Chilton. J’avais entendu ce disque auparavant - je suis un grand fan de Panther Burns et quelques trucs d’Alex Chilton - et je me souviens qu’à l’écouter, j’ai pensé : C'est génial. C'est tellement confus et tellement concret à la fois. » Confus et concret, c’est exactement la sensation que l’on a à l’écoute des albums de Jon Spencer.

Spencer est originaire de Hanover, New Hampshire. Au lycée, il écoute les groupes new wave Kraftwerk et Devo, ce qui ne l’empêche pas d’être populaire puisqu’il est élu président du conseil étudiant. Par la suite, alors qu’il est à l’université, il se met à Test Department, Birthday Party, Einsturzende Neubauten ainsi qu’aux groupes punk vintage : les Stooges, les Ramones, ainsi que les groupes 60’s obscurs recueillis sur les anthologies Back From the Grave. Dès le départ, Spencer a donc une vision assez extrême de ce que peut être le rock ; davantage que de la musique, c’est une machine de guerre, un acte de folie, de rebellion, un défouloir fun. Il pose un premier pied tonitruant dans la « musique » avec Pussy Galore, son premier projet, bruyant et offensant. Au summum de sa puissance, cette formation-là comprendrait quatre mauvais guitaristes, ainsi qu’un batteur qui frappait sur un bidon de gaz. Leurs compositions sont souvent très courtes et à la limite de l’audible. Ils déconstruisent Exile on Main Street (1972), le double des Stones, morceau par morceau. « Avec Pussy Galore, j'ai été beaucoup plus préoccupé par ce genre de grossièretés», dit Spencer. «J'étais frustré, et c'est de ça que ce groupe parlait. Mais j’ai traversé tout ça. J'ai réalisé que j'aimais vraiment écouter de la musique, et plus que tout, que j'aimais vraiment jouer de la musique. »

Après huit albums avec cinq labels différents, Pussy Galore se sépara en 1990. Spencer participa quelques temps au roots-rock tordu des Gibson Brothers et supporta son épouse, Cristina Martinez, dans le groupe bruitiste Honeymoon Killers.

En 1991, Spencer, Russell Simins, et Judah Bauer forment le Jon Spencer Blues Explosion. Le nom du groupe est inspiré par les Bluesbreakers de John Mayall, tout ce qu’il y a de plus sérieux ou presque. Si Pussy Galore était un groupe de rock consacré à bafouer l'histoire du rock, le Blues Explosion est un groupe qui s'engage à fournir de façon déformée et souvent irrévérencielle une prise sur le hip hop, le R & B, la soul, et surtout le rock’n’roll. Leur début éponyme en 1992 avait en vedette des blues hurlants enregistrés en live, dans toute leur gloire bruyante.

Le guitariste Judah Bauer, adorateur de blues, va donner toute la mesure d’une musique bien plus sophistiquée que celle de Pussy Galore ; tandis que Spencer se met à vraiment chanter, même s’il imite ses héros. Dès le départ, le Spencer Blues Explosion , malgré son penchant pour la parodie et la démesure, va être un bon candidat pour l’archétype rock’n’roll de la nouvelle génération – se réappropriant la manière de PJ Harvey, de Beck ou de Cave la force du blues, mais restant plus direct que ces trois-là réunis.

Beaucoup plus poli, Orange, en 1994, a ajouté des cordes luxuriantes dans le style d’Isaac Hayes, et les intros et apartés de Spencer inspiré par James Brown. «Je pense que ce que nous faisons c’est de de poursuivre une sorte d’idéal du rock’n’ roll. Le rock’n’ roll, pour moi, c'est emporter avec soi une idée qui a germé dans les années 50. Je pense que ça devrait être de la musique sauvage, de la musique bizarre. Je pense aussi que ça devrait être drôle - pas comme la comédie et les blagues, mais drôle, car ça vous fait vous sentir bien. Il faut aussi être sexy. Le rock 'n' roll, c'est le sexe. » Pour illustrer cette sentence, Spencer travaille son look de rocker avec gomina, se coiffant dans un style entre l’élégance d’Elvis et l’obséquieuse apparence de Nick Cave.

Alors que le succès du Jon Spencer Blues Explosion grandit au milieu des années 1990, une polémique qui couvait affecta le groupe. On les accusait avec de plus en plus d’insistance de détourner la musique noire, de s’en moquer. Mais l’accusation avait déjà été portée contre Led Zeppelin, par exemple. Pourtant, Spencer se défend même de faire du blues. « Nous ne sommes pas un groupe de blues, et nous n'essayons pas de l'être. Nous n'essayons pas de faire le point sur la musique blues, ou sur les musiciens de blues. Nous sommes un groupe de rock 'n' roll. » Il remarque par ailleurs que les élans passionnés qui font le pouvoir du meilleur blues sont très similaires, sinon identiques à ceux qui font le pouvoir le meilleur du punk-rock, et clot ainsi assez magistralement un débat un peu stupide vieux de quarante années. Ils vont avoir à se justifier de plus en plus souvent, même alors qu’ils travaillent avec R.L. Burnside, l’une des légendes du label Fat Possum, et enregistrent un disque avec lui, puis font Chicken Dog avec Rufus Thomas.

Un autre disque décisif pour le Blues Explosion est Now I Got Worry (1996), qui prend le contrepied de Orange en étant plus direct, plus brut, mais, malgré tout, jusque dans la pochette, entretenant une sorte d’élégance. A ce moment, Jon Spencer utilise aussi la musique pour mettre en scène ses doutes et ses angoisses intimes, presque au point de la rendre illisible et intimidante. Cette sensation que tout n’est que théâtre ne plaira pas à ceux qui défendent un certain idéal de l’honnêteté qu’Elvis n’incarnait sûrement pas et dont le rock s’est toujours passé. Encore un débat simpliste, puisque le rock a toujours été une forme d’expression complexe avec plusieurs niveaux de compréhension. Et qui d’autre que le Blues Explosion illustre mieux les différents aspects schizophrènes qui font le rock ? Au début des années 2000, le groupe semble pourtant s’essouffler.

Heavy Trash, avec Matt-Verta Ray, est l’occasion de changer légèrement la donne. C’est au depart un projet de second ordre, mais force est de constater que trois disques plus tard, le groupe s’impose comme le parfait projet d’un Spencer en pleine crise du middle-age. La théâtralité est toujours bien présente ; et la notion de fun est renouvellée. Spencer apparaît capable non seulement de recycler des anciennes formules et de leur donner une crédibilité terrible, mais il réussit aussi à retrouver sans cesse le chemin le plus direct vers ce qu’il a envie de faire, quoi que ce soit, et apparement sans effort. « Nous sommes sérieux et passionnés quant à la musique que nous faisons », se défend t-il encore une fois. C’est vrai qu’une partie du public y voit à nouveau une sorte de blague.


Discoghraphie sélective

Jon Spencer Blues Explosion

  • The Jon Spencer Blues Explosion (1992) 
  • Extra Width (1993) 
  • Orange (1994) 
  • Now I Got Worry (1996) 
  • ACME (1998) 
  • Plastic Fang (2002) 


Heavy Trash

  • Heavy Trash (2005) 
  • Going Way Out with Heavy Trash (2007) 
  • Midnight Soul Serenade (2009)
 

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