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mardi 5 janvier 2010

The Devin Townsend Project - Ki (2009)




Parutionmai 2009
LabelInside Out Music
GenreRock alternatif, metal
A écouterCoast, Terminal, Heaven Send
/107
Qualitésludique, épique


Ki , Townsend l’a vu comme un genre d’introduction à sa tétralogie, qui constitue l’un des évènements de l’année 2009 quand on en vient à parler de musique alternative. Ce premier chapitre est en réalité bien davantage qu’une introduction : il symbolise le retour de l’artiste à une conduite plus en accord avec ses envies, qui ne sont plus les mêmes aujourd’hui, alors qu’il a trente-sept ans, que lorsqu’il a inventé le groupe ultra-violent Strapping Young Lad il y a une quinzaine d’années.


Ce n’est plus le même monde. Tout semble beaucoup plus clair, plus limpide que par le passé. Chez Townsend, l’ambition et le talent se sont toujours concrétisés par une musique imposante, non forcément complexe sur le plan mélodique (très souvent intéressante pourtant) mais gavée d’effets, de cordes grandioses, de guitares tonitruantes – souvent une dizaine de strates de guitares superposées. Au sommet de cette pyramide des sons, on découvrait sur chaque disque un Townsend au chant chaque fois en peu plus apte.


Il n’a jamais mieux chanté que sur Ki, le disque, le morceau, peu importe, tant cette affirmation s’applique aux deux. Townsend apparait totalement libéré, maîtrise enfin les éléments qui pouvaient parfois par le passé dépasser ses ambitions les plus folles ou donner la sensation qu’il restait en équilibre au bord de la folie. Certains sont probablement déçus que Townsend soit devenu un jeune père, qui fait maintenant face à la vie et tente de réparer ses erreurs et ses relations, redécouvrant la simple amitié que ne nourrit aucune concurrence, aucune propension à être artificiellement différent.


C’est avec la même honnêté qui l’a toujours guidé qu’il fait aujourd’hui Ki. Cette honnêteté appartenait parfois à un esprit paranoïaque mais n’en était pas moins la vraie voie de l’artiste, qui a toujours, depuis ses début aux côtés de Steve Vaï, haï le business musical – refusant une place au sein de Judas Priest pour garder son indépendance. La jeunesse de l’artiste est maintenant bien terminée, et si cela met ses deux plus importants projets en péril – The Devin Townsend Band comme Strapping Young Lad – c’est une évolution logique vers plus de maturité.


Disque dépouillé, Ki a pris trois ans à son auteur, et beaucoup de temps gaspillé en production, alors que Townsend était prêt à reprendre ses vieilles habitudes - gonfler la batterie, échantilloner, ajouter cordes, etc. Plusieurs fois, il est reparti dans cette direction ; pour toujours balancer le résultat à la poubelle. Ecoutant une version proivisoire du disque, il le trouvait trop peu dynamique et a donc entrepris d’écrire et de produire, en l’espace d’une semaine, quelques morceaux pour relever le tempo ; mais le résultat laissait de côté toute son ambition, qui était présicément de marquer un nouveau départ, et donc de construire un produit nouveau – et cohérent. Sa façon de faire – trouver un thème, le développer en une dizaine de morceaux – ne correspondait peut être plus à ses aspirations.


Ki est cohérent – plusieurs morceaux semblent se renpondre mélodiquement – mais il est aussi varié. Si l’on prend Trainfire et Winter, tout les sépare à priori. Trainfire, cette évocation de Johnny Cash jetée dans un univers stellaire ou gravite Ziltoid (2007) – c’est aussi le cas de Disrupt – est un véritable alien, même aux standards de l’artiste (qui inclua un bref thème country au sein de l’apique Triumph, sur Synchestra (2006). Heaven Send rempli le rôle de titre épique – avec peut être Ki également -, c’est l’exception qui confirme la règle : Townsend n’a pas changé dans le fond, il est toujours amateur de la grandiloquence la mieux connotée et de petites mais délicieuses surprises – ce solo surprenant en plein milieu du morceau . Les voix féminines sont due à une prénommée Che, qui n’a cependant pas la présence de Von Giensbergen sur Addicted (2009), mais apporte pour la première fois un contrepoint intéressant à la prestation toujours variée de Townsend.


La règle la plus importante de Ki ; la retenue. Pas de fureur, pas d’attaques. Si la fureur est bien présente, elle est toujours étouffée, parfois de justesse. C’est un drôle d’objectif pour un disque de Townsend, mais le pari est à peu près tenu, et donne des pièces comme Lady Helen, Winter, Coast, Terminal ou encore Demon League, qui montrent que dans le registre rock atmosphérique l’artiste se défend très bien, s’amusant parfois à utiliser sa guitare pour créer des formes floutées empruntant à l’easy listening et aux chants de baleines rescucitées de Deep Peace, sur Terria (2003).


Plutôt long, le disque est à écouter comme une sorte de voyage à la frontière entre le jour et la nuit, au crépuscule.


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