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dimanche 24 avril 2011

Smog - Accumulation : None (2002)


Parution : Novembre 2002
Label : Drag City
Genre : Lo-fi, Folk-rock
A écouter : A Hit, I Ride Horses, Little Girl Shoes

°°
Qualités : intimiste, rugueux, spontané

Il y a toujours un morceau de Smog à découvrir. Hormis les dix albums publiés sous ce nom entre 1993 (Julius Caesar) et 2005 (A River Ain’t Too Much To Love), des dizaines de titres issus des simples et EPS qu’a produits Callahan, notamment au début de sa carrière, valent d’être écoutés. L’injustement nommé Accumulation : None (pas le moins du monde un constat d’échec !) proposait, pour la première fois dans le cheminement de Smog, un regard nouveau sur le passé de ce projet bien trop peu commenté par son géniteur, avare en rétrospectives. D’aucuns auraient pu croire que les morceaux présents sur ce disque précieux allaient être perdus pour la majorité d’entre nous n’ayant pas eu accès à des tirages aussi obscurs que le single bruyant My Shell ou l’EP Floating, des enregistrements datant d’une époque où les coups d’éclat du berger du Maryland, alors plutôt mineur de fond, se faisaient sans distinction de label ; il ne regardait pas où il portait les coups de pioche, pas plus qu’il ne s’intéressait à ceux qui allaient les recevoir. Callahan n’avait alors virtuellement pour public qu’une ribambelle de fidèles locaux, comme c’était le cas pour Pavement à leurs débuts, par exemple. L’attention et le temps qu’il leur prêtait n’était que limitée, et il a visiblement eu quelques difficultés à rattraper ces négligences par la suite.

Trop occupé à explorer les possibilités, sans cesse tourné vers l’avenir, tentant – peut-être inconsciemment - d’échapper à l’aspect vain de ses premiers enregistrements (ne chantait t-il pas sur A Hit, l’un de ses percutants simples déterrés pour la compilation : «It’s not gonna be a hit/So why even bother.» («Ca ne sera pas un succès/alors pourquoi seulement s’en soucier»), ou encore « I’m not gonna be a Bowie/I’m not gonna be an Eno/I’ll never be a rockn’ roll saint ».

Ces stars du rock anglais, évoquées comme des choses, rappellent un attachement compréhensible au jeune Callahan à la musique anglaise. Après tout, lui qui se décrit aujourd’hui comme 100% américain et cite Johnny Cash ou Kris Kristoffersson, passa de nombreuses années de son enfance à Knaresborough dans le North Yorkshire, en Angleterre précisément. (Et puis, qui Bowie n’a-t-il pas influencé ?) Avec le temps, l’écriture de Callahan est devenue plus descriptive. Au contraire, A Hit - conçu à l’époque de Wild Love (1995) - était un essai fascinant pour l’appréhension qu’il dégageait ; tout était encore à faire, aucun plan de carrière n’était proposé par un tel morceau. Il s’agissait d’une pure et simple célébration de l’instant, quand le plus récents disques de Bill Callahan évoquent tout à la fois un temps – celui que prennent les images et les sons à éclore – et un espace – l’environnement de Callahan ayant de plus en plus d’emprise sur lui. Ici, Came Blue sortait de nulle part, et tournait court ; «I don’t believe in you »/I don’t believe in me» concluait t-il après avoir croqué en une seconde une autre de ses petites amies, complice et adversaire. Il n’y avait aucune place pour l’avenir, c’était le travail d’un punk sabotant toutes les perspectives émotionnelles, et relationnelles, auxquelles il allait très lentement concéder plus de place avec le temps.

Chosen One, dans une versions enregistrée pour les sessions radio du célèbre John Peel, est vaguement menaçant avec son évocation d’une collision, d’une sensation soudaine, mais reste complètement flou et indécis. «I no longer think that/I'm your chosen one” (“Je ne pense plus que/je sois ton élu”). Le jeu du chat et de la souris, incessant dans l’œuvre de Callahan, a commencé. Comme lorsqu’il prévient : « Tonight I'm swimming to my favorite island/And I don't want to see you swimming behind”(«Ce soir je pars vers mon île déserte favorite/et je veux pas te voir nager derrière ») sur I Break Horses, originairement présent sur l’EP Kicking a Couple Around (1996), et qui reste l’une de ses chansons les plus maladivement solitaires. Ici, c’ est encore un extrait des Peel Sessions, qui laisse à l’auditeur l’envie de découvrir tous les autres enregistrements encore invisibles de ces sessions.

Accumulation : None a encore cette malignité d’être frustrant, ne contenant finalement que 12 morceaux alors que tant d’autres – on pense à Look Now – n’ont jamais pu être écoutés par la plupart des gens. Le jeu de piste ne cessera pas de sitôt autour d’un travail qui ne se laisser pas collecter si facilement. On se console avec les agréables Little Girl Shoes – de la période Knock Knock (1999), ou Spanish Moss qui comme Came Blue provient du 7’’ édité par Hausmusik en 1996 (dont la jaquette montre un doigt pressant un bouton). Petit cadeau d’excuse pour l’impression de manque que laisse le disque, cette soif inextinguible sur le bout de la langue ; White Ribbon, un morceau totalement nouveau est du niveau de ce que l’on trouvera sur Supper (2003) un an plus tard. « There is still a hunger », ajoute t-il ; « Il y a encore une faim ». Il fallait nourrir l’engeance Smog. En 2002, un an après un Rain on Lens fermé à toute perspective, Accumulation : None marquait déjà pour Smog le besoin de récapituler ; Supper, puis A River Ain’t Too Much to Love, allaient ouvrir Callahan à de nouvelles possibilités qui souffriraient d’un patronyme devenu encombrant.

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