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dimanche 10 janvier 2010

Magik Markers - Boss (2007)



Parution : 25 septembre 2007
Label : Ecstatic Peace
Genre : Noise rock
A écouter : Taste, Bad Dream/Hartfords's Beat

°
Qualités : spontané
Comme beaucoup de groupes bruitistes, le désormais duo Magik Markers (la bassiste Leah Qimby a quitté la formation avant l’enregistrement de ce nouveau disque, mais si l’on considère que Lightning Bolt, No Age et les White Stripes sont des duos, il n’y a pas à s’inquiéter) s’est fait un nom sur ses performances live. L’alchimie du jeu de Elisa Ambrogio et de Pete Nolan, et, mieux, leur interactivité dégénérée les rend fascinants, dit t-on, et probablement chaotiques à souhait. Ambrogio prétend chercher à « brouiller la ligne d’autorité entre public et musiciens".

Sur disque, c’est autre chose. Boss n’est pas vraiment poli et encore moins raffiné, mais la production laisse entendre une volonté d’écrire de vraies chansons. Même les enregistrements précédents – EPS principalement - n’avaient pas la nouvelle clarté qui semble éclairer le groupe désormais produit par Lee Ranaldo de Sonic Youth – légende de l’alternatif américain. Ils peinaient pourtant à reproduire l’exubérance de leurs concerts. Boss parvient à restaurer les forces qui s’entrechoquent – la voix et les textes d’Ambrogio, sa guitare mal dressée et le jeu de batterie quasi primitif de Nolan tout en proposant des morceaux plus construits. La structure couplet-refrain n’est donc plus tellement étrangère aux vanités charnelles d’Ambrogio.

Quand ils restaient auparavant bloqués entre des tranches de son saturé, ils parviennent grâce à un processus quasi inédit pour eux – la recherche au studio – à diversifier leur offre. On trouve même sur le disque une « ballade » au piano, même si le terme est quelque peu malmené selon les standards du genre – c’est toujours avec la même impudeur, la même provocation que connaissent bien Patti Smith et PJ Harvey qu’avance le duo. On imagine Ambrogio surir dans un sac plastique, la tête en sang et les doigts noir et poisseux de la main qui serre le micro. Mais c’est encore trop convenu pour définir ce qu’elle-même veut nous laisser imaginer.

Sans les traduire, je peux vous proposer ces quelques lignes qui évoquent les sujets de prédilection des Magik Markers : « Twigs and rocks, locks and vices; black men and movie star blonds; pin-fed camel's heads, hypocrites and ghosts, judgment day and secular Pentecost; paradise and hell and rot and decay; teeth, bones, eyes, mouths and tongues; depravity, disease and shake seize…” Soit un panorama focalisé sur l’underground américain et sa touche d’exotisme maison.

La qualité que je préfère chez ce groupe, c’est qu’il parvient à la fois à avoir ce côté sale mais intelligent qui est probablement né du Velvet Underground (donc pas d’hier) et à y mêler une rêverie atmosphérique, qui en fait un moyen inattendu pour s’endormir. Il contient des éléments de torpeur, de repli comme Sonic Youth dès Bad Moon Rising (1988). Quels que soient les revendications d’Ambrogio, cette torpeur l’emporte toujours sur toute la violence d’une oppression qui reste imaginaire – et donne parfois à voir des images humoristiques (Last of the Lemach Line), même si ce n’est pas l’effet voulu. Des morceaux aussi divers et que Taste ou Empty Bottle ont cette marque, qui est plus forte que l’appréciation que l’on peut faire de leur véritable qualité.

Si l’on retourne à la base de l’appréciation, justement, Taste, est sans doute le morceau le plus efficace, le plus rock – mais c’est pour s’éloigner d’une certaine vision de ce qu’est la musique rock, ou pour l’élargir, que l’on écoute des bricoleurs aussi improbables que les Magik Markers – ils peuvent être parrainés par la plus importante formation indé américaine de ces vingt dernières années, et même avoir signé récemment, pour Balf Quarry (2009) avec Drag City, label magnifique qui abrite Bonnie « prince » Billy, Bill Callahan ou Silver Jews – ils n’en restent pas moins des seconds couteaux. Au moins jusqu'à ce que l’on comprenne leur nouvelle viscéralité, éclatante sur Shells (Balf Quarry).

Leur vraie sensibilité artistique s’exprime avec plus d’évidence à travers les pochettes très réussies de ces deux derniers disques – et l’incroyable poster qui est également vendu aux couleurs de Balf Quarry. Ces têtes ouvertes à la circulation, c’est l’alchimie du rock revisitée. Une alchimie moins approximative en dessin qu’en vrai.


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