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dimanche 2 septembre 2012

Michael Hurley - Ancestral Swamp (2007)



Parution : 2007
Label : Gnomonsong
Genre : Americana, folk
A écouter : Dying Crapshooter's Blues, 1st Precinct Blues, When i Get Back Home

OO
Qualités : Onirique, apaisé

Dans un album de chansons folk américaines, vous pouvez aimer les histoires qui sont racontées ou la façon dont elles sont racontées. Le mieux, c’est lorsqu’il existe une corrélation parfaite entre le chanteur qui raconte l’histoire et son histoire. A ce petit jeu, Michael Hurley est hors concours ; il vous parle de bandits, de rencontres avec les morts, de gens dans le pêché et d’autres qui trépassent brutalement, avec une attitude excluant toute belligérance. Avec sa voix trainante, il se place aux côtés J.J. Cale et Ry Cooder – et rend hommage au Delta blues qu’il pille avec bonheur, mélangé à la country et au folk du vieux pays. Jelly Roll Morton, Burl Ives, Hank Williams ou Bo Diddley sont des noms qui ont toujours signifié beaucoup pour lui, même s’il a toujours évité la révérence. Sa façon élusive est devenue un petit jeu et depuis 1964 et 20 albums solo, il a eu le temps de s’y entraîner. C’est comme l’humour et le dessin, que Hurley pratique en bandes dessinées où il s’est inventé le personnage d’un loup entouré d’une faune diverse, amusante et provocante.


Le charme un peu rugueux de sa musique – picking et bending à la guitare acoustique, violon hérité d’une tradition Appalachienne et piano électronique somnolent - tient à une façon rêveuse, décalée de jouer, d’inventer de petites tournures au fur et à mesure qu’il joue. Il détourne avec un certain romantisme les racines de la musique américaine, qu’il connaît par cœur. Hurley est de ceux qui laissent les choses se produire d’elles-mêmes sans se dépêcher ; il pourrait même être l’un de musiciens américains les plus authentiquement cool, laissant pantois plus d’un jeune musicien au désir de nonchalance. Devendra Banhart, symbole de la nouvelle scène folk excentrique californienne, s’est pris au jeu, en décidant de faire paraître sur son propre label Ancestral Swamp, un disque qui, de part la nature même de sa conception (des chansons jouée entre 2001 et 2006) sait prendre son temps. Après tout, Hurley a même attendu 2012 pour publier pour la première fois des morceaux datant de 1964.


Ce sont souvent les chansons les plus longues qui sont les meilleures chez Hurley, longues et languissantes. Toutes les fausses fins, les reprises et les expérimentations de ses doigts sur les cordes de guitares nécessitent qu’il perdre un peu son focus en route – mais il le fait sans jamais cesser de nous captiver. Ici, c’est Lonesome Graveyard, 1st Precinct Blues, et When i Get Back Home. La première est interprétée au piano électronique, un instrument utilisé ponctuellement par l’artiste musicien. Elle aurait trouvé sa place à la fin d’un album de Cooder, par son évocation d’une rencontre avec un fantôme entreprenant, et la tendresse qui en découle. Seulement elle est délibérément au début de l’album. Quant à la troisième, qui dépasse 6 minutes, le moins qu’on puisse dire c’est que le terme de terroriste musical, qui a pu qualifier Hurley du temps où il faisait partie des Holy Modal Rounders dans les années 60, est à l’opposé de la chaleur et du confort que l’on peut ressentir à son écoute.


Quelques surprises vous attendent ; Dying Crapshooter’Shoes est plein d’action par exemple, décrivant l’entrée en enfer d’un joueur invétéré dans un ambiance festive et avec une galerie de personnages cocasses ; ses partenaires de jeu et 26 hôtes de table dansant le Charleston. Le Charleston ? Sur Gambling Charley, Hurley et son violon sont encore plus ancrés dans le 19ème siècle. Streets of Laredo ressuscite sans effort le mythique far-west et ses cow-boys. Finalement, il est beaucoup question de communications entre 2 mondes, et de métamorphoses, comme le suggèrent sur la superbe pochette ces eaux miroitantes, chamarrées et mystérieuses. Hurley en fait scintiller la surface, traverse ce fleuve du temps en s’aidant aussi, sur When i Get Back Home, d’un banjo. Ce qui empêchera la léthargie de vous gagner, c’est la facilité avec laquelle Hurley impose sa présence, sa voix, son jeu épars, parfois ébouriffé, faisant d’Ancestral Swamp – appelé ainsi en égard au puits métaphorique duquel il tire son inspiration à travers les âges - un album d’Americana inhabituellement riche.

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