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mercredi 7 septembre 2011

{archive} Pearls Before Swine - Balaklava (1968)


Parution : 1968
Label : ESP-Disk
Genre : acid-folk


Qualités : engagé, lucide, lyrique

Au sein du label américain farouche ESP-Disk, aucun groupe n’eut plus de succès que Pearls Before Swine, créé en 1965. A sept ans, son fondateur, Tom Rapp, avait déjà écrit une chanson à propos d’un cow-boy mourant. Son premier instrument fut le ukulélé, et ses parents lui firent faire le tour des foires au talent du Minnesota, dans l’une desquelles il rencontra un jeune Bob Zimmerman. Plus tard, il sera impliqué dans un accident qui lui inspirera sa première chanson pour Pearls Before Swine, Another Time. Accompagné de trois amis rencontrés à l’université, il dessina bientôt un large pan d’influences « Quelque chose par Dylan me tirait dans une direction, Tim Buckley dans une autre, John Prine ou Jefferson Airplane une autre encore. Je passais mon temps à synthétiser ce qui se passait autour de moi. » Outre les chansons basées sur son expérience personnelle, il y avait les anti-guerre et anti-establishment, et d’autres nées d’une fascination pour l’histoire, comme I Shall Not Care, dérivées d’un poème de l’américaine Sara Teasdale (1884-1933), d’un opéra et de l’épitaphe d’une tombe. One Nation Underground (1967) fut enregistré en quatre jours. Pour la pochette de ce disque sera remarquablement utilisé le détail d'une représentation saisissante de l’ « Enfer » (1503) de Jérôme Bosch, peintre  du mouvement de la renaissance artistique. « Nous avons toujours pensé : qui veut voir quatre mecs blancs de plus sur une pochette de disque ? Nous nous moquions d’être célèbres. » L’évocation cauchemardesque du peintre se reflétait dans la mystique autour de la voix et des apparitions acoustiques étranges entre les grooves. Le disque fut un succès, se vendant autour de 250 000 exemplaires. Leur label leur demanda alors un second disque.



« Balaklava allait être un album concept anti-guerre » explique Rapp quant au second disque de Pearls Before Swine, parut en 1968. Une initiative précoce en pleine période hippie. Le disque portait le nom d’une bataille de la guerre de Crimée et fut enregistré pendant la guerre au Viet Nam. « J’avais des enregistrements de celui qui sonna la charge dans la bataille de Balaklava en 1854, et de Florence Nightinsale, qui traitait les soldats comme une bonne fée. C’était la dernière fois qu’une guerre avait pu être sérieusement considérée de ‘ glorieuse’. » La fameuse charge fut une action militaire insensée qui vit la mort de quantité de soldats britanniques. Balaklava fut beaucoup plus long à réaliser que son prédécesseur. Avec une meilleure conscience des possibilités et limitations de l’enregistrement, et épaulé de quiconque se trouvait dans le studio pendant qu’il travaillait, Rapp produisit un disque cohérent, poétique et mélancolique, avec la sonnerie de clairon projetant l’auditeur dans une ambiance dramatique et le reste opérant comme une reconstitution, par bribes, de la grande histoire. L’influence des années 60 devait résulter de la colère de Rapp se manifestant de façon détournée, à travers ses vers surréalistes, son ironie ou ses références historiques. Sa vive admiration pour Léonard Cohen, qui se ressent tout au long de Balaklava, se manifeste particulièrement lors d’une reprise fragile de Suzanne. Transluscent Carriages, empli de murmures inquiétants, annonçait un changement irrévocable, et définissait le ton de l’album : « Tous vos symboles sont fracassés/Tous vos mots sacrés sont évaporés. » Avec une perle comme I Saw the World, Rapp semblait capable de faire venir son environnement à lui, de laisser ses compositions ouvertes sur le monde extérieur, sans défenses.



La pochette, un détail de The Triumph of Death par Pieter Bruegel (1562), représente une armée de squelettes assassinant les vivants. On est loin de l'imagerie du flower-power pourtant à la porte de RappPearls Before Swine fit encore paraître quatre disques jusqu’en 1971, puis Tom Rapp entama une carrière solo avant de rapidement cesser d’enregistrer de la musique pour devenir un avocat de droit civil. Et laisser la nouvelle génération se responsabiliser en musique ?

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