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Trip Tips - Fanzine musical !

jeudi 26 novembre 2009

Them Crooked Vultures - Self Titled




On reproche rarement à un groupe, aujourd’hui, de mettre trop d’idées dans sa musique. Pitchfork le fit  il y a quelques jours pour ce disque ; étonnant. Et puis, est-ce bien raisonnable de reprocher quoi que ce soit quand on a affaire à un trio composé de John Paul Jones, un temps bassiste et claviériste au sein de Led Zeppelin – ce solo sur Kashmir ! On se contentera ici de celui sur Bandoliers notamment – ainsi que de Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters) à la batterie et de Josh Homme, Mr. Queens of the Stone Age, à la guitare et au chant ? 

On pense aussitôt que la patte inimitable de ce dernier, à savoir des riffs épileptiques de hard-rock et des paroles alliant obsessions, sexe et scènes grotesques, est celle qui prédomine sur l’ensemble. Bientôt apparaissent les signes d’un psychédélisme très emprunté à ces mêmes désert sessions ( exercices de composition entre amis au studio Joshua Tree, en plein désert) qui ont donné Someone in the Wolf ou The Blood is Love, deux chefs-d’œuvre de Lullabies to Paralyse (2005). C’est la fin de Scumbag Blues, mais surtout Interlude with Ludes qui nous plonge dans une ambiance lounge. 

Dave Grohl apporte évidemment son imposante façon de jouer, puissante et précise, un peu majestueuse ; batteur autrefois grunge, c'est un admirateur des deux autres  – de Jones bien sûr mais aussi de Homme, puisqu’il considère à l’évidence Queens of the Stone Age comme un exemple d’intégrité pour son propre groupe. Il faut se souvenir sa participation cruciale à Songs for the Deaf (2002).



Lors d’un concert au Wembley Stadium en 2008, alors que le batteur des Foo Fighters chantait, Grohl de dire : « tu ne chantes pas mal pour un batteur ». Et l’autre de répondre : « Toi non plus ». 85 000  personnes rigolent. Mais pourquoi se priver de changer de rôle quand on a tant de talent ? C’est dommage que Grohl, ne serait-ce que pour donner un autre cachet que celui de Homme à certains titres, ne chante pas davantage. Un peu sur Interlude with Ludes… mais pour le reste, on est loin de ce grand chien très charismatique qui tint en haleine tant de public lors de ce fameux concert à Wembley – le lendemain, ils rejouèrent au même endroit et invitèrent Jimmy Page et John Paul Jones à jouer avec eux deux morceaux de Led Zeppelin ; l’idée de monter Them Crooked Vultures a peut être fleuri alors. Warsaw on the First Breath you Take After you Give Up laisse imaginer un floraison plutôt cadavérique. 

John Paul Jones est sans doute un bassiste impressionnant, mais sait aussi arranger la musique comme il faut – en témoigne Automatic for the People (1992), qu'il a produit pour REM. Au sein de Led Zeppelin, il suffit d’écouter Physical Graffiti pour se donner à voir la vision aux bases épaisses et classiques de celui qui eut au moins une fois son nom gravé dans le marbre (Led Zeppelin II). Il y a un genre d’idéal chevaleresque romantique autant que séduisant, mais aussi une vraie part d’ombre dans le personnage de Jones, qui a toujours hésité à se mettre en avant au sein de Zeppelin. Et encore ici, il est malaisé de détecter sa présence. Il est pourtant là, donnant un fonds plus riche et parfois incongru à certains titres. Et il y a son jeu de basse comme une  roquette élastique, bien entendu. 

Them Crooked Vultures est ainsi l’occasion pour John Paul Jones d’accomplir de nouvelles prouesses, afin que de concrétiser la synthèse entre le stoner enfumé de Homme et un hard rock plus classique dans la tradition moins fantaisiste de Led Zeppelin. 

Les riffs entrent les uns après les autres sur Elephant, tandis que ses compères, en plein trip hallucinatoire – ça y est, on y est, on joue avec  John Paul Jones ! , ce genre de chose – veulent donner toutes leurs forces, quitte à partir un peu dans tous les sens. Ce sentiment d'un résultat décousu s’aggrave à la longue, jusqu'à donner la sensation d’une disque sans horizon. Il y a trop de relâchement, d’enthousiasme dépensé au détriment de finesse de composition ou de sens – celle dont on sait Josh Homme capable, après I Never Came (sur Lullabies to Paralyse) par exemple.

La musique a pourtant bien de la gueule, dès le premier titre No One Loves me and Neither do I et son riff de basse appelant Out on the Tiles. La grande force du disque est que même sur des morceaux comme celui-ci, longs et ardu, la lourdeur du son et la multiplication des riffs et des idées rythmiques en font une musique impressionnante dans chaque instant. Les titres les plus directs se démarquent ; Scumbag Blues et New Fang, ou encore Mind eraser, no Chaser ont d’évidents crochets. Reptile illustre peut-être le mieux ce que fait le groupe, en puissance et en luxuriance, l’originalité en plus. Les arrangements y sont particulièrement savoureux et efficaces, et démarquent le groupe du travail de Homme comme du reste de la production musicale ambiante. 

Le problème est de savoir combien d’écoutes suffiront à épuiser votre intérêt pour ce hard rock arrangé à la sauce virtuose mais pourtant trop dépendant de son leader improvisé – Homme -  et trop peu calibré – pour ressembler à autre chose qu’a un prétexte certes solide et prometteur de s’éclater sur scène. 

  • Parution : 17 novembre 2009 
  • Label : Interscope
  • Producteur : Them Crooked Vultures
  • A écouter : New Fang, Scumbag Blues, Reptiles

  • Appréciation : Mitigé

  • Note :  5.75/10
  • Qualités : fun, puissant, groovy


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