“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

soigné (81) intense (77) groovy (71) Doux-amer (61) ludique (60) poignant (60) envoûtant (59) entraînant (55) original (53) élégant (50) communicatif (49) audacieux (48) lyrique (48) onirique (48) sombre (48) pénétrant (47) sensible (47) apaisé (46) lucide (44) attachant (43) hypnotique (43) vintage (43) engagé (38) Romantique (31) intemporel (31) Expérimental (30) frais (30) intimiste (30) efficace (29) orchestral (29) rugueux (29) spontané (29) contemplatif (26) fait main (26) varié (25) nocturne (24) extravagant (23) funky (23) puissant (22) sensuel (18) inquiétant (17) lourd (16) heureux (11) Ambigu (10) épique (10) culte (8) naturel (5)

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mercredi 11 janvier 2017

{archive} 'SPIDER' JOHN KOERNER & WILLIE MURPHY - Running, Jumping, Standing Still (1969)





OOO
ludique, original, vintage
Folk-rock, boogie

Sur la pochette, Spider John Koerner est la petite frappe énervée : il semble attendre l'occasion de mauvaises actions en plein désert. Tandis que Willie Murphy ressemble à l'un de ces docteurs charlatans dont les élixirs sont sensés vous soigner en un rien de temps. Un refourgueur de mauvaise gnôle. L'un affamé d'ambitions, l'autre déjà bien avancé dans un mode de vie légendaire qui lui vaut parfois quelques déboires dont il se tire par la ruse. Une mention au dos de la pochette prévient : Pour guérir toutes sortes de misères, écoutez ça !
C'est vrai que dès Red Palace, le programme de Running, Jumping, Standig Still et très clair : cet album veut changer votre vision de la musique folk rock, vous entraîner dans une danse ou louvoie grosse basse et batterie endiablée entre les notes de ragtime bastringue et celles de la guitare manouche. Avec une générosité anachronique, ils recyclent des rengaines XIXème, comme deux itinérants confiants dans le fait qu'ils vont changer les vies de leur trop rare public. Ils ne frelateront pas l'alcool ni de soutireront de bourses, mais se contenteront d'éprouver leur autonomie. On est du Minnesota, nous rappellent t-ils ; le blues de chez nous c'est comme ça, capiteux, né d'une rencontre unique.

Ce disque est fait de forces à la fois hétéroclites et extrêmement focalisées. Spider John Korner est un guitariste très typé avec une voix fluette parfaite pour le vaudeville country, sa présence spectaculaire, volontiers dramatique, même sans public à entraîner. Tandis que Willie Murphy joue essentiellement le piano et de sa voix écorchée, excellente pour le rythm and blues cramé (Sidestep). Ils sont accompagnés sans ostentation de quelques cuivres solistes, volontiers klezmer (Sometimes i Can't Help Myself) et d'une batterie de parade. Le producteur maison de Elektra records, Frazier Mohawk, s'est montré inspiré dans l'exercice d'enregistrer ces deux musiciens à l'imagination élastique. Koerner et Murphy ont condensé dix ans de scène folk et l'envie de la dynamiter, avec cavalcades, valses et boogies jetés pêle-mêle au cœur de mélodies décalées. C'est très efficace et rare étaient les fêtes locales où cette bande-son ne trouva sa place. « Don't let he bastards get you down » entonne le duo dans le refrain de Bill & Annie, qu'on imagine bien tout le monde reprendre. Avant même qu'Elektra ne se décide à le sortir, hésitant devant un résultat jugé bizarre, Jim Morrison l'écoutait sans arrêt et disait à qui voulait l'entendre que ça lui rappelait des 'hillbillies sous acide'. Une diatribe hors du commun se devait d'attirer l'attention du poète. The Doors étaient aussi signés par Elektra.

Au delà des temps, chacun avait trouvé là, dans l'autre, un génial complémentaire ; Koerner s'est reposé sur de solides bases rythmiques pour faire exploser ses jeux de mots ; Murphy a trouvé chez Koerner un allié capable de donner à des structures écrites méticuleusement une évanescence, spontanéité qui ravit l'auditeur dès les premières secondes, et jusqu'à l'accord de piano fracassant à la fin de Goodnight (on pense à celui qui termine A Day in The Life). Koerner surjoue le charme d'un songwriter dans le veine de Paul McCartney. Et remarquablement, ce charme n'est en rien dilué par la structure ambitieuse des morceaux, leur psychédélisme décadent – Old Brown Dog, Red Palace, ou la chanson titre. On ne s'attend tout simplement pas à une telle ambition dans un disque qui montre une façon de jouer si pittoresque, on se dit que les Beatles auraient pu en faire autant si seulement ils avaient décidé d'enregistrer un album avec un groupe de juifs ashkénazes, mais avec des chansons de huit minutes. Ce charme relie les première folies aux chansons plus modestes (Friends and Lovers) Les idées et la fougue de l'album sont une nouvelle fois balancées dans cette carte postale surréaliste intitulée Goodnight.





01 Red Palace
02 I Ain't Blue
03 Bill and Annie
04 Old Brown Dog
05 Running Jumping Standing Still
06 Side Step
07 Magazine Lady
08 Friends and Lovers
09 Sometimes I Can't Help Myself
10 Good Night
11 Some Sweet Nancy [bonus track]

samedi 5 mars 2016

KING GIZZARD & THE LIZARD WIZARD - Concert le 03:03:16 à la Flèche d'Or






OO
ludique, intense, frais
Garage rock, punk, boogie

"As loose as they are, they still sound incredibly tight, if that makes sense », peut-on lire en commentaire d'une vidéo live du groupe-collectif australien KingGizzard and the Wizard Lizard sur internet. Oui,pourrait t-on répondre, cela a un sens de dire qu'il sont incroyablement rigoureux, tout en abandonnant leur musique à des longueurs, allongée sur le stomp furieux de deux batteurs. Mais ce n'est pas le seul paradoxe de ce groupe, qui est aussi fun que sinistre, et sort en 2016 leur album le plus punitif, encore à paraître au moment de ce concert. Prenez leur dernier album en date, Papier Maché Dream Balloon, qui prenait le contre-pied du précédent (une habitude) en présentant des morceaux acoustiques, faisant ressortir les influences bluesy du groupe. 

Le meilleur morceau de cet album, Trapdoor, est inquiétant, habité. On pense aux Black Lips. C'était le seul morceau de cet album qui sera joué ce sort, son côté répétitif et obsédant se prêtant à un concert fait pour marquer le subconscient. Le groupe joue visiblement ce soir dans un élan qui a commencé à 2015, lorsqu'il ont inclus à leurs sets à la fois Head On/Pill, The River et toutes les pièces détachées d'I'm in Your Mind, issues de l'album portant ce nom, celui qui semble les avoir vraiment révélés en 2015.

Ils ont donné leur propre sens à la musique garage punk rock, ne se contentant pas de ressusciter les années 60. Les années 60 n'existent que dans la tête des nostalgiques dont King Gizzard n'a rien à faire. Ils ne sont pas là pour signer des pochettes mais pour abattre en particulier les morceaux punitifs de leur futur nouvel album, tels Robot Stop, Gamma Knife et People-Vultures, qui portent l'intensité un cran au delà de ce que propose les parangons du genre, les californiens Thee oh Sees, dont King Gizzard s'affirme comme le pendant australien. Il n'y a pas vraiment d'autre groupe dans le genre à se montrer aussi prolifique avec le même succès dynamite. 

Le concert à la Flèche d'Or a servi d'intense séance de rattrapage pour quelqu'un étant resté sur Oddments (2014). Leurs revendications se sont noyées dans la sueur, mais le lendemain, en écoutant leur musique psychédélique et abrasive l'esprit clair, on est émerveillé. Vraiment, on se demande ce qu'il font en ce 5 mars, après avoir donné autant de concerts depuis plusieurs semaines, et on le suppose, avec toujours la même intensité. On imagine le chanteur/compositeur/multi-instrumentiste Stu Mackenzie se mettant, tranquillement, à composer leur deuxième album de 2016. Avec un sitar, il en est capable.  



vendredi 25 février 2011

New Orleans - 1ère partie : 50's (2)

Guitar Slim

Rares sont les guitaristes blues du Texas ou de Louisiane qui ne citent pas Slim comme référence. Eddie « Guitar slim » Jones déboule à la Nouvelle-Orléans en 1950, et il est rapidement apprécié pour ses concerts flamboyants. Sur disque, après un premier single médiocre pour Imperial Records, il enregistre en 1952 Feelin’ Sad, qui sera plus tard repris par Ray Charles. Mais c’est The Things that i Used to Do, qui combinait une ambiance marécageuse et un arrangement quasi-religieux, qu’il va entamer son ascension. Ce titre va rester 14 semaines dans les charts R&B, et Slim va bien vite exploiter le filon dans la même veine torturée – c’est -- The Story of My Life, Something to Remember You By, Sufferin’ Mind. Ces titres ne rencontrèrent pourtant en rien un succès semblable que celui de Things that i Used to Do. La compilation Sufferin’ Mind donne à écouter tous les simples enregistrés entre 1953 et 1955 par Slim pour Speciality Records. Le blues n’a pas été meilleur à cette époque. Slim était aussi connu pour ses excès, et sa carrière s’interrompit avec sa vie en 1959 à l’âge de 32 ans.
 
Earl King

Songwriter – ce qui le positionne forcément dans le haut du paquet ! – et excellent guitariste, Earl King resta pendant 40 ans de carrière une force créative exceptionnelle à la Nouvelle-Orléans, avec son propre mélange de blues et de funk. Sous son véritable nom Earl Johnson, il enregistra Have You Gone Crazy pour Savoy Records en 1953. Il devint Earl King l’année suivante en signant avec Speciality. Son premier simple a été un hommage à Guitar Slim, produit par Johnny Vincent qui devait bientôt créer la maison de disque Ace. C’est avec celle-ci que King va ensuite travailler et enregistrer Those Lonely, Lonely Nights, un hit en deux accords qui eut un retentissement national. Il produisit ensuite des succès tout au long des années 50, avant de rejoindre Dave Bartholomew et Imperial en 1960. Là, il lâcha un classique, Come On. Il écrivit dans la période des chansons pour Fats Domino, Professor Longhair (Big Chief…) et Lee Dorsey. Il continua à bonne allure durant les années 60 et 70, trouvant même le moyen d’une cure de jouvence dans les années 1990 en chantant avec Black Top, ou encore avec King of New Orleans, compilation recommandée parue en 2001. Il s’éteignit en 2003. Earl’s Pearls (1998) rassemble 25 titres enregistrés dans les années 50 et 60. On appréciera les solos abandonnés de Huey Piano Smith sur Nobody Cares, Little Girl, I’ll Take You Back Home and Baby You Can Get Your Gun, ainsi que le jeu de guitare de King, inspiré par Guitar Slim, sur My Love Is Strong et I’m Packing Up.
 
Huey Piano Smith

Huey « Piano » Smith combinait souvent un véritable talent d’humoriste et des paroles pleines de non-sens. Il captura la musique néo-orléanaise dans ce qu’elle avait de plus infectueux avec Rockin’ Pneumonia and the Boogie Woogie Flu. Né en 1934, il se mit au piano à l’âge de 15 ans. Il commença, au début des 50’s, par servir de musicien de scène à Earl King et Guitar Slim, et devint rapidement pianiste de session avec d’autres grands : Smiley Lewis (sur I Ear you Knocking), Lloyd Price ou Little Richard. Il signa avec son groupe The Clowns sur le label Ace et fit une percée avec Rockin’ Pneumonia... en 1957. Huey Smith tenta par la suite de reproduire ce succès fondé sur des jeux de mots oisifs (Tu-Ber-Cu-Lucas and the Sinus Blues, etc.) sans résultat, jusqu’à un dernier single, Pop Eye, en 1962. Il passa une partie des années 60 en tournée avec les Clowns et d’autres groupes, The Hueys et The Pitter Pats, avant de finalement quitter la musique et rejoindre les témoins de Jéhovah ! Paru en 2009, The Best of Huey ‘Piano’ Smith & His Clowns est la dernière et la plus complète des compilations consacrées à Huey ‘Piano’ Smith et à son groupe, ce qui en fait la meilleure façon découvrir sa drôle d’approche d’une culture très vivante.
 
Lloyd Price

Lloyd Price grandit à Kenner une banlieue de la Nouvelle-Orléans. Le juke-box dans le petit fish-fry que tenait sa mère lui permit de découvrir ses premiers morceaux de musique et il devint rapidement chanteur dans un groupe monté avec son frère. Repéré par Dave Bartholomew, il signa pour Speciality Records alors qu’il n’était qu’un adolescent. Il eut son premier succès en 1952, à l’âge de 19 ans, avec Lawdy Miss Clawdy, un blues qui faisait la part belle à sa voix puissante et à de riches arrangements. Il n’eut alors de cesse de reproduire la formule, en l’améliorant, et c’est ce que raconte The Exciting Lloyd Price (1959). Des sections de cuivres dansants, des chœurs doo-wop irrésistibles et des chansons d’amour classieuses constituent quelques uns des aspects qui permirent à Price de rencontrer un succès retentissant. Stagger Lee (1959), lui fit retrouver la première place des charts, tant convoitée. C’était une reprise d’un blues vieux de plusieurs décennies déjà, racontant l’histoire vraie d’un homme qui assassina l’un de ses amis. Cette compilation montre aussi la fascination de Price pour les orchestres, et la qualité de la stéréo permet de profiter au mieux du gonflement des cuivres. En 1963, Price cessa de chanter pour devenir producteur et promoteur et fonder un nouveau label, Double L. Il se mit à expérimenter, mélangeant arrangements de jazz traditionnels et large orchestre.
 
Smiley Lewis

Smiley Lewis commença sa carrière par accompagner le pianiste originel ‘Tuts’ Washington à la guitare. Il profita du développement rapide de la scène néo-orléanaise au début des années 50 pour enregistrer du rock n’ roll tels Lillie Mae, Ain’t Gonna Do It et Big Mamou. Il eut son premier hit national avec TheBells are Ringing mais vendit davantage avec I Hear Your Knocking, morceau immortalisé par un solo de Huey ‘Piano’ Smith. Avec un enthousiasme inébranlable, il enchaîna les morceaux de bravoure : Down the Road, Lost Weekend, Real Gone Lover, She’s Got Me Hook, Line and Sinker, Rootin’ and Tootin. Il engagea le tournant des années 60 en s’associant à Allen Toussaint, en 1965, pour réenregistrer The Bells are Ringing. Il mourut l’année suivante, emporté par le cancer, et, hors de la Nouvelle-Orléans, sa mémoire ne fut honorée que bien plus tard. The Best of Smiley Lewis : I Hear You Knocking permet d’entendre résonner sa voix puissante sur 24 titres qui ont fait de lui une autre légende musicale 50’s.

lundi 7 février 2011

{archive} Professor Longhair - Crawfish Fiesta (1980)


Parution : 1979
Label : Alligator Records
Genre : Boogie-Woogie, Calypso, Ragtime, Rythm & Blues
A écouter : Big Chief, You’re Driving me Crazy, Red Beans, Bald Head, Crawfish Fiesta
°°°°
Qualités : frais, groovy, dansant, humour

Bruce Iglauer, le président d’Alligator Records, évoque avec un attachement certain l’enregistrement de Crawfish Fiesta (1979), le l’ultime album du pianiste mythique de la Nouvelle-Orleans.  « J’étais au téléphone avec le manager de Professor Longhair, et j’ai mentionné mon envie d’enregistrer ‘Fess pour Alligator. J’adorais son style de rhumba-blues New-Orleanais  excentrique et  sa voix sauvage, et il était un de mes musiciens favoris. Je me suis envolé pour la Nouvelle-Orléans et j’ai écouté les masters de ses vieux hits ainsi que de quelques standards R&B de la Crescent City. J’ai fait une offre, et, à mon grand étonnement, elle a été acceptée. Entouré d’amis et se retrouvant dans une situation où il était complètement responsable de ce qu’il faisait, sans doute pour la première fois de sa carrière, Professor Longhair s’est présenté chez Alligator avec, peut-être, le meilleur disque de sa carrière et l’un des meilleurs que le label ait jamais sorti. » La scène s’est déroulée en 1979. Il avait enregistré une flopée de titres mais Crawfish Fiesta était son seul disque complet. « Il n’avait jamais été autant satisfait avec quoi que ce soit d’autre qu’il ait enregistré », raconte Andy Kaslow, qui coproduisit les sessions. « Tout fut parfait. Il avait hâte que le disque sorte ». Malheureusement, avant cette date, Longhair, fragilisé, mourrait de problèmes cardiaques à l’âge de 62 ans.
Crawfish Fiesta se démarque des autres enregistrements par la qualité de ses arrangements de sa production digne. Mais plus encore, c’est la sensation que Longhair, guidé par l’esprit supérieur de l’euphorie et du jeu, n’a rien perdu de son mordant et peut encore rivaliser de génie et de personnalité avec tous ceux qui sont arrivés après lui, tout en interprétant ses propres titres. Crawfish Fiesta est encore un nouveau départ ; un processus non seulement lié à son retour en forme quelques mois auparavant, mais à la tradition musicale du cru qui veut que les chansons plébiscitées continuent d’évoluer au travers d’enregistrements ultérieurs, comme l’a fait Mac Rebennack (ici producteur associé et guitariste) avec Dr John’s Gumbo (1972) par exemple. S’il manque sur Crawfish Fiesta quelques-uns des ses grands succès, on y retrouve une version irrésistible de Bald Head, le premier morceau qu’il ait jamais enregistré en 1949 – et celui qui a le mieux marché - à la fin des années 40.
Un bon disque de Professor Longhair, c’est le piano qui prend vie sous son jeu d’alchimiste, dans un style rythmé et chaloupé. Sa voix oscille entre plainte fêlée couplée d’un ton de crooner séduisant, ou la meilleure imitation qu’il puisse en faire ; ambiance dansante ininterrompue de bout en bout dans des rythmes originaux (Her Mind is Gone). La place du piano est prépondérante ; c’est l’âme de la musique de Longhair, et sur Crawfish Fiesta le concept est poussé jusqu’au final – le morceau-titre est une véritable petit étude de fête, un joyau et l’épitaphe d’une carrière très personnelle. Longhair a toujours cette inclination à se mettre dans la peau du public qu’il va distraire. Les textes sont largement à la hauteur : « I remember when i got married/I tried to settle down/but the women that I took for my wife/she took me for a clown” sur Her Mind is Gone.
Il donne le maximum, et dans des conditions dignes d’un grand chef. Maître de cérémonie, clairement à l’honneur sur Crawfish Fiesta, il parvient en douze titres remarquablement reconstruits à couvrir l’ensemble de ce à quoi il a prétendu sans le chercher au cours de sa carrière. C’est un aboutissement, en toute simplicité.  On commence avec l’excellente nouvelle version de Big Chief, l’un de ses morceaux favoris, sur lequel il est accompagné de Earl King (à l’origine du morceau) et de Dr John. En concert, c’est presque huit minutes de boogie à quatre mains. Longhair introduit seul une poignée de titres, dévoilant plus clairement ses intentions à ce que les titres prennent vie ; You’re Driving me Crazy,  It’s the Wee Wee Hours ou Red Beans ont le coup d’envoi dans les cordes. A partir de là, vingt ans ont passé mais le boogie est toujours bondissant et frais de bout en bout, jusqu’à ce Whole Whotta Lovin’ dont la voix délirante nous ramène au début du parcours de Longhair.

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