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James Vincent MCMORROW

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jeudi 21 mai 2015

FIELD REPORT - Marigolden (2014)




OO
élégant, lyrique, doux-amer
indie folk, songwriter

La musique de Field Report est tout de suite très américaine. La pedal steel, emblématique du far west, de Marigolden a été enregistrée par Ben Lester dans un studio qui s’appelle le Unicor Ranch, le ‘ranch de la licorne’, si on en doutait. C’est une Amérique parfois spécifique, mais pas géographiquement délimitée.

Sur ce disque qui a nécessité 10 mois de travail, la scène la plus horrible de l’album survient lorsque le fils du sheriff, dont Christopher Porterfield  souffrait la méchanceté quand il était jeune, se suicide en se tirant une balle sur un green de golf. Il y a toujours cet avertissement presque grinçant de ce que peut donner la vanité de pire. Ce sont des situations de film policier données à la contemplation.  Ce chanteur-là, que l’exigence lyrique place dans les fleurons de l’indie folk américain, nous faits parfois penser à John Grant, par sa façon aussi de suggérer qu’il n’a pas la moindre valeur tout en s’en donnant une finalement, morale, triomphante. Sauf que les grands coups de synthétiseurs de Pale Green Ghosts (2013) de ce dernier sont tenus ici par des touches bien plus aériennes. La comparaison tient puisque John Grant est signé aux Etats Unis sur Partisan Records, le même label que Field Report.


Hormis que tout le groupe a changé depuis le premier album éponyme (2012) qui était comme le grand saut que Porterfield s’autorisait enfin, après toutes ces années d’attente, dans la poésie et l‘âme humaine, Marigolden sonne quasi pareil que son prédécesseur. Les innovations électroniques ont été contenues dans un faux minimalisme, assez vaste et détaillé, à l’image de Wings, la première chanson de la deuxième face – puisque l’album est clairement structuré en side a/side b. C’est le producteur de Feist aux manettes. Wings, c’est l’un de ces moments où la musique devient aussi propre à Porterfield que les paroles, qui décrivent le chanteur en Icare moderne. « Soaring close to god until his love melts my wings and the emptiness of space smells like parafin and gasoline… » La chanson-titre a le dénuement et la touche d’Americana suffisante pour entrer dans les clichés du Nebraska. Les paroles sont, comme toujours, ce qui retourne le monde et semble nous le présenter dans le bon sens pour la première fois. Les synthétiseurs qui sont devenus la marque de fabrique de Field Report nous entrainent dans un flottement jusqu’à Michelle, une chanson encore plus ambitieuse, bâtie autour de quatre couplets qui ne laissent inexploré aucun recoin de la psyché. Porterfield est dans un élan qui produirait des tragédies quasi antiques s’il transposait son sens narratif au cinéma. Mais pour rester en termes musicaux, c’est comme si un Neil Young affecté version Tonight’s the Night chantait dans les ambiances de Harvest Moon.  C’est une poésie si concrète, presque agressive, qui se révèle après plusieurs écoutes, quand les moments apparemment moins valeureux deviennent terriblement attachants au-delà de leur seule élégance. Summons tient une note d’espoir et montre une tenue qui gravite autour de la résilience. « If you fall in love again while i’ve been away… » L’album, superbement construit, commençait, ou presque, par  “Le corps se souvient de ce que l‘esprit a l’oublié” pour se terminer, ou presque, par le retour à la maison d’un homme, qui, s’il n’est pas complètement palpable, est moins malade qu’il aurait pu l’être. 

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