“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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Trip Tips - Fanzine musical !

jeudi 21 mai 2015

FIELD REPORT - S./T. (2012)





OO
élégant, doux-amer, lyrique
Indie folk, songwriter

Chronique écrite dan le cadre d'un article à paraître dans Trip Tips 26. 

Il y a des gens dans la vie qui sont plus doués pour explorer les failles humaines, les fragilités, que pour vendre des appartements, travailler dans un commerce ou dans une société quelconque. Par humilité, ils décident d’étudier ce qu’ils connaissent le mieux : leur propre cas. Mais avec une petite astuce : quand tu vas t’adresser à eux, ils te parleront à la deuxième personne, comme si tout ce qu’ils ont traversé était applicable à toi. C’est le moyen qu’ils ont trouvé pour se vendre.

Christopher Porterfield s’attache à croire, et à nous persuader, que ce qu’il chante, c’est ce qu’éprouvent beaucoup d’hommes autour de lui, qui peuvent ainsi se reconnaître dans sa musique. Si c’est le cas, un artiste est vraiment aussi important qu’un médecin, et la musique remplace les médicaments pour arrêter de boire, ou ce genre de trucs. Il n’y a rien de maniéré chez Porterfield, mais c’est pourtant un gentleman. Un rejeton issu du même moule que Justin Vernon de Bon Iver ou Phil Cook de Megafaun, deux artistes indie folk qui ont remporté un grand succès depuis le milieu des années 2000, tandis que Porterfield continuait de jouer dans des endroits petits et vides et de faire les premières parties de ses acolytes. La différence de poids, (un poids sur le cœur, mélancolique), c’est que Porterfield mais l’accent sur les mots, sur la confidence plutôt que sur la musique. Il ne ressemble pas aux plus ornementé des groupes indie-folk : d’ailleurs, son ‘groupe’ change entièrement entre ce premier album et le suivant, Marigold (2014) qui réinvente le mythe d’Icare Californien comme Bill Callahan a réinventé le rider texan (Porterfield ne cache pas que son album favori entre tous, c’est A River Ain’t Too Much to Love (2005)).

C’est une musique très américaine, et pourtant, c’est cela d’une homme dans le dénuement de la marche plutôt que de celui qui fait des distances à cheval. Porterfield a pris sa vie en main à trente ans passés, saisissant selon lui le fait que le moment était arrivé de ‘sauter dans le train’, et il trouve immédiatement un équilibre exemplaire entre ce qui est personnel, ce à quoi on peut s’identifier, en tant qu’auditeur et rêveur, ce qui est général, et ce qui est précis, comme le souvenir de ce qui s’est passé la semaine dernière, mais transformé chose élégiaque. Pour le reste, le simple fait d’avoir fait de son projet l’anagramme de son propre nom en dit long. Il y a un peu de l’humour noir, aussi, de Bill Callahan, un artiste auquel Porterfield mérite vraiment d’être comparé, et c’est rare. Ses chansons sont faites pour vous mettre un peu mal à l’aise, mais la brillance mélodique qui vous gagne sur Intercommunicado ou Circle drive, au cœur de l’album, finit par vous conduire dans les endroits où vous avez toujours rêvé d’être. Là, dans son aspect le plus émotionnel (‘Someday we do the best we can’), il arrive qu’on pense aussi à Conor Oberst. Je ne sais pas pour ce dernier, mais Porterfield doit encore écluser une jeunesse complexe et en partie gâchée par la boisson et la solitude qui en découle.

Cette musique prend une dimension cinématographique sur Chico the American. Il décrit des psychés déphasées par la célébrité, plaque les avec une profonde assurance la poésie humaniste sur le surréalisme d’un rêve, jusqu’à évoquer plus largement tous ceux qui sont morts trop jeunes. L’un de ses héros, Jason Molina, en fait partie. Les instruments sonnent jusqu’à la fin dans une isolation quasi spectrale. La partie de synthétiseur qui parcourt tout l’album devient peu à peu inestimable. 

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