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James Vincent MCMORROW

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Trip Tips - Fanzine musical !

mercredi 17 octobre 2012

Stuck in The Sound - Pursuit (2012)




Parution : janvier 2012
Label : Discograph
Genre : Rock alternatif
A écouter : Tender, Brothers, Pursuit, Purple

O
Qualités : Doux-amer, entraînant

« Who gives a fuck about our stupid ideas 'cause we're stuck in the sound »
 
Stuck' signifie 'bloqué'. Bloqué entre deux statuts, celui de groupe prometteur et de nom qui compte, voire qui puisse s'exporter à l'étranger. C'est une situation habituelle pour un groupe français. Il s'agit en loccurrence d'un de ceux qui attirent le mieux l'attention, plutôt avantagés par leur capacité à enchaîner concerts bourrés d'énergie, portés par un public qui se prend volontiers au jeu de la kermesse pop-grunge bon enfant. Shoegazing Kids, leur précédent (bon) disque, a provoqué une nouvelle exigence pour ce qui allait suivre. Pursuitsamorce brillamment cette situation. C'est toujours un défi : un album studio qui sera jugé sans pitié, la tête froide, par opposition aux concerts où l'euphorie l'emporte, ou la bonne humeur de l'instant ne fait pas sembarrasser d'un jugement musical. Qui plus est quand il s'agit du troisième.
 
En réalité, le jugement ne peut porter seulement sur ce que Stuck in the Sound révolutionne ou non avec leur musique. Il faut les apprécier d'abord pour leur attitude, busy doing music. « On va vous jouer encore une chanson, car c'est notre métier », remarque José Reis Fontao au moment de deuxième rappel et avant d'entamer le 21ème chanson d'un concert à l'Olympia. On les aime pour leur capacité à provoquer le chaud et froid, à envoyer une grande claque jusque quand on pensait que ça serait, finalement, la chanson qui les ferait rentrer à la maison, et qu'on quitterait avec l'impression d'une simple bonne volonté. Leur travail paye : même s'il n'ont pas quelqu'un de la trempe de Franck Black pour écrire les chansons, elles sont étonnantes. Au final, on pourrait n'assister qu'à tous les concerts, ne jurer que par ceux-ci et ignorer les albums, ne plus acheter de disque et s'intéresser seulement à un morceau téléchargé et remixé plusieurs fois, Brother en loccurrence. L'histoire de cette pratique devient banale, et pourtant Pursuit mérite mieux : qu'on s'y attache, en entier, pour son séquencement sans faille d'assauts de tendresse et d'élans de romance nuancés par des arrière-pensées. 
 
« We all need to be loved when we record the tracks. » 
 
C'est l'album d'un groupe qui se surprend à écrire et jouer des chansons à propos d'amour, et qui se laisse aller au commentaire émotionnel, après avoir fait le commentaire de sa propre expérience sur Bandrupcy. Ce morceau pourrait être Stuck in The Sound se lançant à corps perdu au début de sa carrière, mais il se trouve qu'il est suffisamment tardif pour figurer sur leur troisième album, et c'est avec celui-là qu'ils choisissent de suggérer une crise créative bien naturelle pour eux. « We've been gone for some years and now we're back again ! For the worst, for the best, for tries and mistakes ». La chanson Bandrupcy avait été envoyée en éclaireur en amont de l'album, laissant leur fans dans l'appréhension. Les 'essais et les erreurs' allaient t-il payer, les failles allaient t-elle rendre le groupe plus fort 
Dès le morceau d'ouverture, Brother, la réponse est oui : un tube électro-rock où la voix si distinctive et tendue de Fontao se fait crâneuse autant que désespérée : «I cannot top myself from loving her. » Dans le nouveau studio du groupe construit par le groupe à Montreuil, les chansons sont venues suffisamment wild and free pour donner un patchwork plus que divertissant. Les morceaux de bravoure taillés pour la scène, tels que Pursuit et Purple, entremêlent les parties de guitare et se jouent toujours plus vite, tandis que des ballades hybrides comme Tender, Who's the Guy ou Silent & Sweet se taillent la part du lion, donnant, à travers les paroles chantées par Fontao, l'image d'un groupe qui met la meilleure volonté à être aimé, et réussit. Tender ou September, en particulier, sont des chansons plus risquées, car c'est plus naturel pour eux de caracoler en profitant de l'exultation d'instruments rodés par le jeu de scène (spéciale dédicace à la basse de l'excellent Arno Bordas) que de chanter crescendo les mots 'In love' sans s'écraser. La plus longue chanson, Criminal, est astucieusement placée au centre l'album, le faisant culminer sur sa note la plus dramatique : « If falling in love is criminal, let's get it together, we fuck it all. »
 

 

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