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dimanche 7 octobre 2012

Lee Dorsey


 
 
Tout au long de son disque le plus consistant, et l’un des meilleurs albums de soul des années 70, Yes We Can (1970), il est facile de voir pourquoi le sémillant Lee Dorsey a tapé dans l’œil du producteur fétiche à la nouvelle orléans des années 60 et 70, Allen Toussaint. Dorsey, disparu en 1986, savait donner aux compositions – de Toussaint pour la plupart – l’humour et l’élégance qui leur revenait, prouvant par la diversité des humeurs et des styles qu’il était un grand chanteur.   
Né en 1924 à la Nouvelle-Orléans, le noir américain Dorsey commença une carrière dans la boxe après avoir déménagé à Portland, sous le nom de Kid Chocolate. Il raccrocha les gants en 1955 pour ouvrir une salle de sport. C’est le soir après le travail que commença sa carrière de chanteur, qui l’amena à enregistrer de nombreux simples, pour la plupart sans conséquence, pour différents labels. Enfin, il signa en 1961 avec le label Fury et entra en studio avec Allen Toussaint pour la première fois. La relation entre les deux hommes allait être, de part et d’autre, la plus fructueuse – les titres écrits pour Lee Dorsey, tels Help my Brother Get Further ou Yes We Can, étant parmi les meilleurs dus à Toussaint. Génie du divertissement, Lee Dorsey privilégie la légèreté avec Ya Ya, qui devient son premier hit national et atteint la première place des charts R&B. Les paroles étaient selon lui inspirées de rimes d’enfants. Ce petit monument à la facilité désarmante ne fut pas évident à reproduire, et les simples suivants ont été oubliés par l’histoire. Il fut bientôt déchu par son label.
Allen Toussaint avait beaucoup aimé la voix de Lee Dorsey, et le garda à l’esprit, ce qui finit par payer en 1965 alors que Dorsey avait signé chez Amy Records. Cette époque de sa carrière reste la plus connue des amateurs de musique néo-orléanaise. Dorsey commença par enregistrer le simple Ride Your Pony, qui relança sa carrière, puis produisit avec Toussaint et les Meters The New Lee Dorsey en 1966, contenant sa chanson la plus connue, Working in a Coalmine, qu’il co-écrivit avec Toussaint. La chanson fut tellement bien incarnée par Dorsey qu’elle devint sa signature. Toussaint, qui recherchait manifestement des interprètes suffisamment bons pour s’éclipser derrière eux, avait visé juste. Ces titres sixties avec Amy Records, privilégiés par les radios seront largement réédités, au détriment de ceux présents sur les deux disques à suivre dans les années 70. Dans la tournée internationale qui suivit, Dorsey était accompagné des Meters, qui seront, sur le disque à suivre, au sommet de leur carrière.
L’excellent Yes we Can, en 1970, marquera un arrêt dans la carrière de Dorsey. Allen Toussaint n’a jamais été aussi bon, entre la soul de When the Bill’s Paid, comme taillé pour Stax, la gemme funk Gator Tail, ou le dépoussiérage du style de Dorsey pour Amy Records sur O Me-O, My-O et Sneakin’ Through the Alley, et aussi, surtout, la protestation sociale sur Who’s Gonna Help my Brother get Further ? C’est la rencontre de deux esprits parfaitement conscients de ce qu’ils font et de la direction à prendre. L’amusant sketch final, Would You, met en valeur les qualités de Dorsey, utilisant au fond les problèmes sociaux pour monter avec un partenaire, sur le vif, des gags narratifs. Quant à l’entêtant morceau titre, scindé en deux parties sur le disque, plus tard repris en campagne par Barack Obama en 2008, il n’avait, selon Toussaint, pas du tout été pensé en ces termes à sa création, touchant plutôt à la sphère personnelle de son auteur ; il fut néanmoins enchanté par l’utilisation qui allait en être faite.
Dorsey ne reprendra vraiment sa carrière qu’en 1977, avec Night People, qui ne rencontra pas de succès malgré de bonnes critiques. Yes We Can et Night People seront réédités en tandem, l’intérêt étant surtout de pouvoir retrouver le premier dans le commerce. Il accompagnera en tournée James Brown, Jerry Lee Lewis ou The Clash. Son succès d’estime a été considérable, avec Ike & Tina Turner ou John Lennon reprenant l’enfantin Ya Ya, tandis que Working in the Coalmine était passé à la moulinette new wave par Devo ; ou encore les emprunts de Everything I Do Gonh Be Funky (From Now On) par les jazzmen Lou Donaldson et récemment par Jon Cleary, ou de Yes we Can par les Pointed Sisters.
Wheeling and Dealin’ : the Definitive Collection, paru en 1997, reste la compilation de référence concernant les simples de Lee Dorsey. En sont exclus certains de ces morceaux les plus tardifs (ceux que l’on trouvera sur ses deux albums) mais les 20, morceaux qui restent sont tous des classiques ; Ya Ya, Do-Re-Mi, Ride Your Pony, Get Out of My Life Woman, Working in a Coalmine, Holy Cow, Everything I Do Gonh Be Funky (From Now On) ainsi que des titres moins connus mais aussi bons comme Confusion, Can You Hear Me, et My Old Car.

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