“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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vendredi 10 février 2012

St. Vincent - Strange Attractor (2)


UNE ARMEE DE VINGT

Clark accompagna le duo jazz et rythm and blues constitué de Tuck Andrews and Patti Cathcart, son oncle et sa tante, à travers le monde, pendant les vacances de sa scolarité. Tout au long d’une carrière prolifique qui démarra en 1981, le couple enregistra pour différents labels et finit par créer le sien propre en 2002 pour la parution de Chocolate Moment, un album de chansons originales. « Mon oncle est un guitariste incroyable, et j’ai passé beaucoup de temps à étudier le moindre de ses mouvements. Vous ne pouviez pas trouver de meilleur guitariste dans son style. » A 17 ans, elle compose la musique pour une version d’Alice au Pays des Merveilles montée à l’école. Ses parents ne savaient rien de ses talents musicaux, et décident, impressionnés, de l’encourager ; c’est le Berkeley College of Music, puis New-York, puis retour chez les parents, fatiguée d’accumuler les boulots sans intérêt. Puis c’est le Polyphonic Spree ; un groupe symphonique hors normes basé à Dallas, comportant deux douzaines de musiciens. La formation amenée par Tim DeLaughter mettra sans doute un peu d’étoiles et de strass dans le cœur d’Annie Clark. Elle est soudain investie de l’héritage de Marc Bolan et son Electric Warrior, de David Bowie et Aladin Sane ou Diamond Dogs, les Talking Heads, les Flaming Lips.

"Certaines personnes ont reçu des fleurs qu’ils n’attendaient pas, qui était peut-être une bonne chose à la base, jusqu’à ce qu’ils réalisent que les admirateurs secrets qu’ils avaient inventé n’existaient pas."

Si dans une « armée » de vingt, elle s’est déjà démarquée par son jeu de guitare, l’instrument lui permettra à coup sûr de briller sous sa propre étoile. Elle écrit des chansons pendant plusieurs années avant d’en faire son premier disque, Marry Me. En 2005, elle quitte le monde « normal » pour de bon. « Je me suis faite virer de mon dernier travail, en tant que fleuriste. Je livrais des fleurs et j’ai accidentellement livré des fleurs aux mauvaises personnes, le jour de la Saint-Valentin, ce qui a été horrible. Certaines personnes ont reçu des fleurs qu’ils n’attendaient pas, qui était peut-être une bonne chose à la base, jusqu’à ce qu’ils réalisent que les admirateurs secrets qu’ils avaient inventé n’existaient pas. Et d’autres personnes n’ont pas reçu les fleurs qu’elles attendaient. J’ai bafoué au moins trois personnes. J’étais si mauvaise dans ce travail. Je n’étais pas bonne en télémarketing non plus. Je ne suis pas faite pour grand-chose autre que ce que je fais en ce moment.»

Un autre artiste, et complice de longue date de Annie Clark va aussi sans doute contribuer à former sa sensibilité artistique, et réciproquement ; John Congleton. On le retrouvera comme producteur sur sur Actor et Strange Mercy (2001). John Congleton est leader du groupe The Paper Chase, originaire de Dallas comme le Polyphonic Spree, dont peu ont entendu parler, mais qui est un projet particulièrement abouti du point de vue esthétique. Avec un pendu sur la jaquette de l’album, des interludes pleines de tension sourde entre les morceaux et un dernier titre dénommé The House is Alive and The House is Hungry, Now, You are One of Us (2006) semble fait pour effrayer son éventuel auditeur. « J’ai toujours tenté de faire de la musique qui soit affirmée, et qui me fasse sentir vivant », explique Congleton. « La manière de vous sentir vivant, c’est de se confronter à la face obscure de l’existence, et regarder droit dedans sans aucune peur. » Championné par le label Kill Rock Stars, Now You Are One of Us est un disque rock passionné, une musique de cabaret, balancée, avec moins d’ambigüité que chez Annie Clark, entre vulnérabilité et agressivité. Autour d’un piano fou, on retrouve l’aspect étrangement mélodique partagé avec St. Vincent, parfois poussé à la cacophonie. Thématiquement, Congleton pousse l’expérience dans ces derniers retranchements, imposant son intransigeance, son obsession de contrôle à point de sado-masochisme macabre. La musique est chaotique, vulgaire, voyeuriste mais jamais comme on pourrait l’imaginer.

“Beaucoup de gens m’ont dit qu’ils le jouaient à leur mariage, ou qu’il faisait partie de ces petits moments spéciaux pour eux. J’ai fait un concert à Boston où un homme est monté sur scène et a fait une demande en mariage à sa petite amie. C’était fantastique. C’était très doux. C’est un vrai rappel que, une fois que votre partie est jouée, une fois le disque paru, il est assimilé par d’autres gens dans leur vie quotidienne, est c’est énorme. Totalement hors de votre contrôle. Et psychiquement, c’est très agréable de savoir cela. » Annie Clark nous parle de l’accueil de Il y eut d’abord le EP Paris is Burning (2006), dont la chanson-titre, un brin apocalyptique, est sans doute inspirée du film documentaire de Jennie Livington du même nom (1990) qui chronique la culture de bal à New York et les sujets du racisme, de l’homophobie, du SIDA et de la pauvreté. Parmi les trois morceaux de l’EP, une reprise de Jackson Browne, These Days.

A suivre

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