“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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mercredi 1 janvier 2014

DAUGHTER - If You Leave (2013)



OO

sombre, romantique, soigné
indie rock

Ce qu’il y a de plus magique avec le premier album du trio Daughter, c’est qu’il vous faudra bien quelques minutes pour passer l’euphorie du premier contact pour réaliser à quel point les chansons sont désespérées. If You Leave est l’un de ces albums aussitôt confortables, ceux pour lesquels on sait, avant même de les comprendre, qu’on les écoutera en entier. Il n’y en a pas beaucoup, et c’est un attribut de la musique du groupe que de se distinguer par sa franche excellence – la précision avec laquelle le guitariste Igor Haefeli et le percussionniste Remi Aguilella sont parvenus à produire une orchestration, des thèmes musicaux pour accompagner, voire précéder la voix d’Elena Tonra. Le son est vaste, profond et riche au point qu’il serait vain de le rattacher à un style. Les sons trouvent peut-être une référence quelque part, mais Haefeli les joue avec un état d’esprit tellement transi qu’il fait percer l’émotion avant de donner la sensation de d’être affilié à une école musicale. Quelques notes de guitare tempérées transforment Winter, la chanson d’ouverture, en lui insufflant une sorte d’aspect dramatique. C’est comme si des sons glacés se réchauffaient à travers lui et le groupe pour trouver leur beauté originale, leur indépendance. Les anglais de The XX n’en sont que les ombres projetées et mornes. 

Elena Tonra n’avait pas l’intention de faire un grand disque. Elle voulait une musique confortable, dans laquelle elle se sentit en voix et en confiance, dont elle fit l’expérience aussi bien que des sentiments qu’elle décrit. Dès Winter, les ambiances sont autant faites pour saisir les sentiments que pour les émanciper. La chanson s’arrête, le temps de libérer plus d’espace, de se polir, de trouver son chemin avec une hésitation que la pop ne pourrait pas se permettre. C’est cette osmose entre la chanteuse et son environnement sonore qui définit le mieux Daughter, et qui peut parfois rappeler Portishead. 

A cause de ce qu’elle chante, certains ont vu dans If You Leave presque une menace : comme ces fantôme japonais qui émergent d’un puits et se dirigent sur vous pendant que vous demeurez médusé. C’est qu’avec « Ne te projette pas à demain car je sais déjà que je vais te perdre », sur Tomorrow, par exemple, elle est incapacitante, nous laissant entre deux saisons, inaptes à décider ce que nous ferons, sur le plan sentimental, pendant les prochaines semaines. L’amertume et le sentiment d’une rupture non seulement amoureuse, mais avec l’âme de chaque homme en particulier, semble totale lorsque Tonra écrit et chante. If You Leave décrit dans une gaze enivrante l’effet que peuvent produire les anti-dépresseurs et la nécessité de reproduire et de changer une émotion en art seulement pour se persuader que l’on en ressent encore. C’est pour cette raison que la musique est si caressante : parce que Tonra en recherche les effets réconfortants bien davantage que nous.

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