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James Vincent MCMORROW

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samedi 23 juin 2012

My Name is Nobody - The Good Memories (2012)





Parutionmars 2012
LabelMy Little Cab Records / Lespourricords
GenreFolk
A écouterThe Wrong Trainer, The Impossible Stroll, Nastassia
°
Qualitésfrais, poignant

Je n'ai pas ce disque entre les mains, mais j'en réclame une copie ! En route pour Bordeaux, je ferai un saut à Nantes dans la semaine s'il le faut, pour la récupérer auprès de Vincent Dupas, le principal intéressé. Je me souviens avoir assisté à son « petit set de mellowtempo depression-folk », comme il l'appelle lui-même avec un brin de dérision, alors qu'il était de passage à Toulouse. J'avais été impressionné par son anglais irréprochable. Ce disque est l'occasion de redécouvrir ses autres qualités ; son calme et sa gravité, qui font beaucoup penser aux chanteurs américains Kurt Wagner (Lambchop), Eddie Vedder (Pearl Jam) et Bill Callahan. The Good Memories m'évoque ainsi beaucoup Supper (2003), l'un des albums les plus accessibles de Callahan. On retrouve les chevaux chers à celui-ci (« go back to your stable/give your horses a brush » sur The Wrong Trainer). Comme ce dernier, Dupas a un don pour délivrer des chansons calmes mais affirmées, où il montre qu'entre tous ses interlocuteurs c'est lui qui a la main. « please go back to your stable to clean/the mess you made in it »

Il sait aussi faire prévaloir la spontanéité, laisser respirer, susciter la fraîcheur, parfois le grand frisson : « i'm facing the white mount/i'm trapped again in the whirlwind of the winter/i vanish in the snow/and freeze your image in an avalanche ». Sur Northern Memories : «little gestures, little words, precious shiver, precious heart » : de petits gestes, peu de mots, un cœur précieux. Outre l'hiver, un autre thème, le voyage : New Mexico, Japanese Tales et My Life Travelling for Working n'en font pas le secret. Les tournées dans plusieurs pays d'Europe – avec même la chance d'avoir effectué un baptême américain - et les nombreux concerts ont donné à Vincent Dupas une hauteur de vue. Pas besoin de préméditation ni de grandes répétitions pour préparer le disque, ses 10 compositions (sur 12 enregistrées au cours des 2 dernières années) sont venues brutes de leur énergie électrique, et Dupas y assume une tristesse et parfois une mollesse introspective. 

Il est accompagné de plusieurs amis, notamment Mark Trecka et Nona Invie des troubadours Dark Dark Dark que le bouche-à oreille enthousiaste et les concerts sincères vont finir par me faire adopter. C'est une chorale improvisée tout entière qui participe à l'enregistrement de Japanese Tales, une chanson au charme évanescent, sans batterie, guidée par un banjo. The Good Memories semble gagner en limpidité jusqu'au couplet de folk songs languissantes, Nastassia et Homestrech, qui le terminent.

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