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dimanche 13 décembre 2009

Jesca Hoop - Hunting my Dress (2009)






Parutionseptembre 2009
LabelColumbia
GenreFolk alternatif
A écouterThe Kingdom, Angel Mom, Murder of Birds
/106.25
Qualitésoriginal, groovy,

Sur Murder of Birds, l’un des titres du nouveau disque de Jesca Hoop, Guy Harvey, de Elbow, participe. C’est peut être un hasard, mais pourtant Hunting my Dress est plus crépusculaire que son prédécesseur, et la formation de Harvey est bien connue pour faire surnager une humeur de grande mélancolie dans sa musique.La jeune artiste californienne décidait, entreprenant ses premières coupures, de créer une musique hybride entre jazz des années 30, hip-hop et folk ; ce dernier genre, on le sait, est clairement celui par lequel on peut créer sa propre identité avec le plus d’aisance. C’est dans le mélange que Jesca Hoop a trouvé sa voie, alors qu’elle réapprenait à chanter d’une manière qui lui seyait mieux – elle a pourtant su chanter avant même de savoir parler. En réalité, elle souhaitait habiter des univers presque fabriqués pour elle ; entre Walt Disney et Jim Harrisson.
La production est musclée, mais respire aussi. Whispering Light est animé par un cœur étrange, candide, tandis que court une guitare entétée. On pense à Elvis Costello. Il y a peut être dans ce mélange nouveau, culminant sur Feast of The Heart, un peu de la bizarrerie des années 80 – quelques éléments électroniques soulignant que le voies empruntées par Hoop sont voulues plutôt neuves, malgré ses airs de Dalva. Les basses et les guitares sont incisives. Cela en conservant un sens aigu de l’intimité, en multipliant les murmures, les prises de voix.

Il me semble que le disque souffre d’un manque de cœur. C’est sans doute la manière de Hoop de ne pas incarner ses morceaux, mais de les peindre avec une distance un peu perfectionniste ou cérémonieuse. Cela ne retire rien à son talent, qui réside surtout dans a manière qu’elle a de faire sauter les frontières, et à la longue à imposer son style, comme un coup de pinceau particulier ; c’est celui de Tulip ou Four Dreams, genre de canevas étiré qui joue plusieurs mélodies et interprétation tendue, cassante qui donne un vrai mouvement.
 
Hunting my Dress est assez compact, vite exécuté – il n’a pas le pouvoir apaisé d’un disque de folk, souvent plus lent à se mettre en place. Malgré quelques  échos étourdissants, ce disque perd en profondeur ce qu’il gagne en courts moments de bonheur. Les refrains sont son point fort, en dehors peut être de Angel Mom, suffisamment réussie dans un style plus lent, beau et habité que le reste. Ailleurs, sur The Kingdom par exemple, ce sont quelques instants isolés qui comptent, qui nous y font revenir.

 

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