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Trip Tips - Fanzine musical !

mardi 21 juillet 2009

Arcade Fire - Funeral (2004)



Malgré son titre, Funeral est une bouffée de joie, certes teintée de mélancolie mais pleine de verve et de foi. Un projet incomparable à sa sortie, il fait aujourd’hui des émules dont Broken Records. Les écouter, c’est juste une manière de s’assurer que Arcade Fire sont uniques et imbattables. C’est un album facile à approcher, ouvert, beau et chaleureux.


Et pourtant, l’alchimie qui le constitue n’est pas une évidence, c’est même une curiosité ; dix musiciens dotés de différents talents, dont un chanteur admirateur de David Bowie et sa compagne à croquer… Win Butler, le meneur et chanteur principal du groupe, joue aussi de la guitare à douze cordes, du piano et de la basse ; sa compagne Régine Chassagne, originaire d'Haïti ("Haïti, mon pays") occupe quand à elle la batterie, le piano, l’accordéon, le xylophone, les percussions, etc… ils sont accompagnés de Will Butler, de Richard Parry, Tim Kingsbury, Sarah Neufeld de Godspeed You! Black Emperor et Jeremy Gara, et davantage de camarades encore lorsque le groupe se produit en live. On pense alors à Broken Social Scene, un combo de 18 musiciens, lui aussi Canadien. Toute cette bande, camouflés ici derrière un titre étrange (dût au fait qu’il y ait eu plusieurs décès dans l’entourage du groupe pendant l’enregistrement du disque), Funéral, et sa pochette aussi charmante que l’est la musique, avec cette plume qui laisse une belle manifestation de Rebellion électrique, et renvoie aux fulgurances de la musique même.


Ce qu’a Funeral de rock, c’est cette énergie, ici extraordinairement positive ; il a aussi des hymnes redoutables ; Power Out, Rebellion ; il a des folies lyriques et intimistes ; Tunnels, Crown of love ; et enfin, les cris fiévreux de Butler sur Wake Up qui sonnent tellement sincères et urgents. Mais comment sont construits ces morceaux, et avec quels instruments ? Violon, accordéon, guitare et piano dessinent les mélodies, croissent et se multiplient, se rejoignent et s’envolent ; les « pièces », puisqu’il y a ce côté de petit théâtre éblouissant, les pièces atteignent souvent cinq minutes. Le temps pour l’énergie de se libérer, pour la musique de briller de tous ces feux et par tous ses travers. Pourtant, il y a une forte focalisation dans chacun des morceaux, tout pour amener le groupe et l’auditeur à ce fameux point de non-retour que prodigue la meilleure musique. Il y a une vraie volonté de partage, d’ouverture, par le biais de l’instrumentation faste et variée et de la voix sans retenue et parfois à la limite de la justesse de Butler. Les dynamiques se multiplient, comme sur Wake Up, l’un des meilleurs morceaux, ou le tempo est brisé après une magnifique montée en puissance, pour se terminer en comptine dictée au xylophone.


Les textes parlent de famille, de racines, de mort, d’innocence perdue, de voisins (concept amusant de quatre morceaux de « voisinage », les « Neighborhood » , d’amour et du plaisir d’être assis sur le siège arrière, là où on ne conduit pas… In the back seat, dernier morceau chanté par Régine Chassagne. Laïka et Haïti s’inspirent tous deux de musiques traditionnelles, tout en proposant comme le reste des passages lyriques ou plus enlevés ; tandis que Rebellion, sans doute le morceau le moins changeant, est à la fois politique, sentimental et naïf. Arcade Fire fait une musique ancrée dans une certaine tradition lyrique.


La sympathie que provoque le groupe est complète et ultime ; ils ont l’attitude (amicale), l’amour simple de la musique, ils savent provoquer l’émotion et ont de surcroît l’honnêteté de signer le livret qui accompagne le disque. Que demander de plus ? Depuis, le groupe est devenu un phénomène (les autocollants « album de l’année 2004 » ont fleuri), et a publié un second album et un DVD.


Neon Bible (2008) continuera l’aventure avec un nouveau venu de taille : l’orgue, qui va encore ajouter pour attirer les fidèles, transformer Arcade Fire en messies adulés, pour notre bonheur, et pour le malheur de ceux que le chant théâtral et fragile de Win insupportent.
Parution : 2004
Label : Merge
Genre : Rock choral, Pop baroque
A écouter : Power Out, Crown Of Love, Wake Up

8.25/10
Qualités : original, communicatif, vibrant, ludique, lyrique

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