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mardi 21 juillet 2009

My Bloody Valentine - Isn't Anything (1988)




OOOO
ambigu/expérimental/efficace
Noise rock/Indie rock/pop

De l’autre côté de la manche  My Bloody Valentine sont des demi-dieux, déclenchant un épisodique tonnerre  avant lequel le public est prié d’enfoncer bien loin dans ses oreilles les bouchons qui lui sont offerts. Fuzz, feedback et larsens ont tôt fait de rendre sourds les récalcitrants.

Fondus comme nul autre dans la manne de la fin des années 80 et du début des 90’s, qui avait pour mission d’assassiner la pop (ou du moins d’y échapper) à l’instar de Sonic Youth, Nirvana les Pixies ou Jesus and Mary Chain, ces demi-dieux ne sont en réalité que quatre ados, et pas les mieux soignés. Une jeunesse fougueuse qui appelle les influences autant qu’elle les rejette. My Bloody Valentine, groupe irlandais qu’on a du mal, avant tout pour des raisons esthétiques concernant aussi bien ses musiciens (ados gras, sales, chaotiques), à imaginer passer à la radio ou à la télévision.
Sur la pochette, les membres du groupe apparaissent (transparaissent ?) plus gueules d’ange qu’a l’accoutumée, grâce au traitement phantasmatique qui leur est réservé. Ils ne se montrent qu’a travers une manne de lumière, un philtre ; impression que l’on retrouve dans la musique, puisque les voix ne sont les plus belles que posées au-dessus d’une trame filtrante de guitares et de sons générés. Impression que l’on retrouve aussi dans l’immédiateté, qui est comme un flash lumineux.

Parmi le quatre membres du groupe, Kevin Shields et Belinda Butcher sont les maîtres d’œuvre ; ils se partagent l’écriture des textes, et Shields s’occupe de la musique.

La production de Kevin Shields est parfaite. D'un talent, elle deviendra sur l'album suivant l'obsession d'une 'perfection' subjective, poursuivie sans relâche. Le son est saturé sans être confus, compact sans être crade. Les moyens sont grands pour donner aux guitares relief et puissance. Il s’agit en effet de toujours pousser plus loin le déréglage pour que jamais l’instrument ne sonne à la manière dont le voulaient ceux qui l’on conçu. L’instrument est sublimé en douleur. Pour créer l’urgence, la candeur, l’immédiateté, le déséquilibre. Et ensuite, d’encadrer cette matière électrique soigneusement découpée par une batterie très dynamique, privilégiant les rafales de caisse claire. L’audace de l’exercice n’est pas mesurable.

On s’attache au chant, unique. Entre sérénité crâneuse et vaporeuse, et les chœurs de Belinda Butcher qui se greffent comme une autre composante essentielle du son du groupe.
Les morceaux, comme taillés dans le brut, révèlent pourtant des mélodies souvent sentimentales, tèrs concises. L’album s’écoule, quelques chansons se démarquent, mais pas nécessairement. Les onze pistes passent comme un orage de milieu de journée.

Les textes sont sans équivoque et sans détour, mais pas sans imagerie juvénile parfaitement dans l’air du temps. C’est ce que je reprocherai au second album, Loveless (1991); les morceaux en veulent trop ; c’est, trois ans plus tard, la perte de l’innocence. Isn’t Anithing est un album ciselé et intelligent, instinctif.
C’est par expétrimentations que le groupe en est arrivé là, avec le maxi single You Made me Realise, sorti en juillet 1988. Approximations, désirs, jeunesse : Rock’n Roll ! Ensuite, Isn’t Anithing est né, pour l’enregistrement duquel, selon la légende, les musiciens ne dormaient qu’environ deux heures par nuit.



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