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James Vincent MCMORROW

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mardi 24 janvier 2017

THE ANGELUS - There Will Be No Peace (2017)





O
contemplatif, lourd, envoûtant
Slowcore, doom 


Une affirmation récurrente dans les forums de musique américains : « C'est comme ça que le rock chrétien devrait sonner », pour peu que la musique en question ait une qualité spirituelle, ou que ses instigateurs semblent prendre à cœur le musique parce qu'ils y trouve une chance. La possibilité même de s'exprimer à travers leur art leur devient symbolique. Ils recherchent une certaine noblesse, un lignage, et sont en général dépourvus du moindre humour. C'est par des gestes et des paroles prompts à être interprétés de mille façons différentes qu'ils bâtissent leur art, et leur art autour de leur vie. La quête de sens n'est que secondaire ; il s'agit avant tout de voir comment ils seront accueillis par le public et comment on se souviendra d'eux. Ils s'inscrivent dans un présent déjà obsolète, gravent leur contribution comme une icône de foi, ou bien une silhouette forcément allégorique, à l'image de cette colombe sur la pochette de There Will Be No Peace. Il faut rester attentif pour détecter dans leur art la trace du palindrome, elle s'y trouve inévitablement. Seul le recommencement perpétuel apporte un sens et un courage à leur attitude. Inutile d'aller jusqu'à imaginer Sysiphe heureux : ce que leur fardeau leur rapporte, c'est une foi inquiète.

Le trio de Denton, Texas, s'inscrit dans l'héritage de Lift to Experience et Midlake, originaires du même coin des Etats-Unis. Ils voient la musique comme un cycle dirigé vers toutes les résolutions, y compris la réalisation que le labeur de leur vie ne les conduit pas à être sauvés, que la clairvoyance acquise en échange des expériences vécues ne leur permet pas de s'arracher à la mélancolie. It's a Hell of a Climb et The Other Side of The Mountain laissent penser que c'est réellement un album-concept autour de la figure de Sysiphe. Auparavant, There Will be No Peace a culminé dans An Interceding, As I Live and Breathe et A Man Alive, Alone. Il est vain de vouloir départager ces morceaux, tant les sentiments s'y confondent. L'accordage original des guitares se remarque. La mélancolie est la plus intense sur la chanson titre de huit minutes qui termine l'album, une belle litanie ou le trio basse/guitare/batterie consolide tout ce qui a été joué avant. Les sons sont magnifiés, les paroles prennent un écho intemporel. Dans le reste du disque la cadence des morceaux a été travaillée pour les écourter, car autrement The Angelus aurait naturellement tendance à offrir des ruminations plutôt que des chansons de rock.



Il en résulte une densité mettant en valeur leur dévotion mutuelle. Ils sonnent soudés, rapprochés par une motivation spirituelle parfaitement logique. Le tableau de Jean François Millet qui leur a donné l'idée du nom L'Angelus du Soir, convient à l'impression qu'ils donnent d'une procession statique, d'un recueillement. Plutôt que d'alterner la sensibilité et la rage, The Angelus opère avec une constance qui les démarque de beaucoup d'autres.

http://store.theangelusband.com/

dimanche 23 août 2015

THE WHITE BIRCH - The Weight of Spring (2015)





OO
Lyrique, intimiste, romantique
slowcore, folk

Un an d’écoute de disques, c’est solitaire. Certaines chansons éclairent cette solitude, pas pour nous faire sentir moins seuls, mais pour nous plonger plus loin au cœur de l’engagement qu’on a pris de continuer. Pas seulement par plaisir, se dit t-on, mais parce ue, comment s’évaderait t-on autrement ? Les barrières sont de tous les côtés, alors quand il s’agit d’en sauter une pour accéder directement à l’émotion, on ne se fait pas prier. C’est le cas avec le groupe de slowcore norvégien The White Birch, et leur chanson – la mélopée Solid Dirt - est l’un de ces moments où, arrivé à une étape de l’année, en plein isolement, on se sent éclairé de l’intérieur par un certain romantisme. 

La lenteur ne semble pas, au premier abord, la façon idéale de se donner du cœur à l’ouvrage. Mais la matière musicale la plus profonde fait fi du minimalisme ou de la lenteur. De surcroît, The White Birch sonne comme un projet/groupe vieux. Au sens de vénérable. Débuté en 1995, ils n’y avait pas eu d’album depuis 2005. C’est que Ola Flottum compose, sans surprise, des musiques de film. 

The Weight of Spring est cinématique dans le sens où il amène une intrigue, comme Supper, le disque de Bill Callahan . Ici, pas une mais trois chanteuses, dont l’apparition inoubliable, à la mi-temps d’une chanson titre de 6 minutes, de Ingrid Olava. Cela vient après Winter Bride, le moment le plus soporifique de cette œuvre. Dès lors, pour, pour ne pas lasser, l’album enchaîne les duos et les moments d’une grâce inespérée (The Hours, Lantern…). Au-delà du piano, le violoncelle est l’instrument de prédilection de Ola Flottum, qui sait ainsi laisser dériver son œuvre à la mélancolie autonome plutôt qu’écrasante.
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