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mercredi 28 mars 2012

Lost in the Trees - A Church That Fits Our Needs (2012)





Parution : mars 2012
Label : Anti-
Genre : Folk, Orchestral
A écouter : Neither here Nor There, Icy River, Garden

°°°
Qualités : vibrant, orchestral, sensible


Septet de Caroline du Nord, Lost in the Trees y opère avec le détachement et la gravité d'un petit orchestre. Au centre du projet, le chanteur et guitariste Ari Picker, un homme spirituel rendu plus spirituel encore lorsque sa propre mère mit fin à ses jours, dépressive et cancéreuse. Pas d'abandon de vocation pour Picker, et même pas vraiment de pause, puisque deux ans à peine s'écoulent entre All Alone In an Empty House (2010) et ce nouvel album.

Picker montre une volonté de s'inspirer d'abord de l'humain, du microcosme de la vie en chacun, avant de tenter d'emprunter à une tradition. On se souvient quand Cass Mc Combs expliquait la dimension de l'héritage dans la musique folk générique ; Picker ne nous parle pas tant d'héritage que d'histoires relatives à sa propre vie, faisant de Lost in the Trees le véhicule parfois disproportionné de son expérience intérieure.

Aux émotions crues de "All Alone in an Empty House" – dont l'inspiration vint de l'enfance tumultueuse de Ari Picker, le divorce de ses parents et la dépression de sa mère – font écho les sentiments complexes de l'adulte capable de rendre un hommage et de commenter l'acte même de l'hommage. La pochette de "All Alone..." préfigurait déjà celle de "A Church...", avec cette mère à la beauté très Rennaissance, personnage sublime, absorbé, qui s'impose à l'auditeur comme une gravure sur la page d'un livre, et qui le prépare aux travaux l'esprit.

Dans son monde intime, Picker n'est pas seul ; le personnage maternel l'accompagne, prévaut parfois dans les sensations qu'il est amené à décrire. Comme dans un roman gothique, Picker ressent un fantôme. On a eu raison de comparer les conséquences de l'imaginaire de cet album au Château d'Otrante, un roman anglais du dix-huitième. Comme dans un bon roman gothique, l'album est parfois exhubérant, surchargé, laissant penser que le drame dans le coeur de son auteur ne peut être contenu.

« Quand vous grandissez avec des obstacles émotionnels, votre corps et votre esprit s'adaptent à cela, d'un certaine manière – vous apprenez à le gérer différemment. Quand J'ai appris sa mort, mon cerveau s'est libéré à la créativité. » Ari Picker tente de se dégager, tout en sentant qu'il ne pourra atteindre la sérénité sans se soumettre de toute sa force créative à son sujet. Il agit avec une volupté qui semble impossible à arrêter. Il a choisi de tout dire, ce qui est apparemment cause d'embarras au sein même de sa propre famille.

Son désir est de prouver combien sa mère était une femme forte de cœur, malgré son acte désespéré. Chaque minute qu'il passe à évoquer la légende de sa mère est justifiée par l'omniprésence sensuelle de celle-ci aux côtés de son fils. “It was so glorious, was so glorious / She came down and put her song into my mouth.” Picker a le talent de savoir écrire poétiquement tout en demeurant honnête ; et de ne jamais paraître se perdre même lorsque ses vers semblent trop écrits.

Neither Here Nor There démarre étrangement, sur une mélodie improbable, avant que ne se succèdent les harmonies dont la dimension, la richesse ne cesse de s'étoffer, rigoureusement conduites par d'astucieuses percussions. Une coda onirique est exécutée à la harpe. Icy River est une magnifique sérénade, dans laquelle la voix falsetto de Picker, aussi délicate et piussante que son sujet, est soulignée par celle d'Emma Nadeau. La guitare acoustique de Picker sert toujours de base, sur laquelle se repose toute la sophistication du groupe. Lost in the Trees nous prend par la main, nous proposant une expérience graduelle, comme sur The Dead Bird is Beautiful, une petite symphonie, encore guidée par une guitare illuminée, et bientôt traversée d'une voix féminine suspendue, lointaine. Dédutant comme une marche funèbre au piano, Garden est une fresque explosive, à la fois austère et libérée. Pour parachever le plaisir d'écoute, il s'avère que Picker est passionné par les contrepoints d’orchestre aussi de la musique classique.

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