“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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dimanche 18 octobre 2009

Red Sparowes - Biographie


Les Red Sparowes sont une formation de post-rock de Los Angeles comprenant des membres d'Isis, de Halifax Pier, de Angel Hair et de Pleasure Forever. Leur son est caractéristique du post-rock matiné de quelques lourdeurs drone ou post-core et tend à être épique autant que rigoureux. Ils se démarquent par l’utilisation d’une guitare en pedal-steel (à plat) qui donne une fluidité bienvenue à leurs pièces changeantes.

Le groupe s’est formé en 2003. Grâce à leur signature chez Neurot Recordings, label de Neurosis, ils ont pu tourner en compagnie d’importantes formations de la scène indépendante américaine, Dillinger Escape Plan et Made Out of Babies, en 2004.

Le premier disque a été enregistré en mai 2004 par Desmond Shea, avec un son qui évoque les projets des guitaristes Bryant Clifford Meyer et Jeff Caxide - Isis, et Pélican - , ainsi que des formations aussi variées que Sonic Youth et The Cure.

At the Soundless Dawn a été publié en février 2005, le groupe s’engageant ensuite avec Isis dans sa tournée en première partie de Panopticon. Un split-single a ensuite été enregistré avec Gregor Samsa. Après cette expérience le groupe a été la tête d’affiche d’une tournée en Europe et a participé à une tournée américaine avec Pelican, Big Business et Breather Resist.

Les Red Sparowes ont enregistré un nouveau disque, Every Red Heart Shines Toward the Red Sun, en 2006. Ce disque a été suivi par plusieurs tournées en amérique du nord et en europe, entre autres aux Etats unis avec Nick Cave and the Bad Seeds.

En 2008, Josh Graham a quiité le groupe pour son propre projet, A Storm of Light.

Les Red Sparowes ont commencé à enregistrer de nouveau avec le producteur Toshi Kasaï (Melvins, Big Business, Tool) en mai 2008 pour faire paraître le mini disque Aphorisms, par voie numérique. Une version sur support vinyle de ce travail est prévue en automne 2009, à temps avant une tournée en compagnie de Russian Circles.

Les Red Sparowes ont récemment terminé de travailler sur leur troisième album et en ont commencé l'enregistrement le 24 août 2009.
Discographie

Red Sparowes - Every Red Heart Shines Towards the Red Sun

Le second chef d’œuvre des Red Sparowes, paru en 2006, cristallise les éléments les plus identitaires du groupe, et prouve surtout qu’il n’était pas incapable de reproduire un travail aussi fort que At the Soudless Dawn (2004). Après la Sixième Extinction (celle qui est supposée causer le crépuscule de l’homme) – le thème du précédent disque – c’est ici, sur fond de symbolisme rouge sang, au problème de la famine globale et de la rupture de la chaîne alimentaire que s’identifie le grand groupe de post rock américain.

L’histoire racontée par les Red Sparowes, c’est celle de la Chine entre 1959 et 1961, frappée d’une peste qui était transmise au bétail par des animaux sauvages, dont des oiseaux comme les moineaux (Sparowes en anglais). Cette famine fit alors 30 millions de morts. Le gouvernement lança une grande campagne, "The Great Sparrow Campaign" pour l’élimination des animaux infectés. Cela amena une invasion de sauterelles épargnées par la disparition des moineaux, qui créèrent la famine ; fable d’un fragile équilibre qui fut réalité.

Ce n’est peut-être pas une façon très saine de commencer à présenter ce disque si balancé que d’évoquer ses penchants apocalyptiques. Mais Every Red Heart Shines Toward the Red Sun. Mais il s’agit au contraire d’une musique muette, précise, retenue, jouée avec une minutie et un talent immense. Le résultat n’a pas la lourdeur que l’on peut craindre d’une formation produite par Neurot Recordings (Neurosis, Isis). Il en devient même surprenant et finalement révélateur de voir comment est gérée cette sorte de longue mais douce litanie.

Le groupe est très ambitieux. S’il s’agit de morceaux totalement instrumentaux, ils sont intitulés de longues phrases appelées à jouer le rôle de chapitres. Le titre  du disque en entier comporte plus d’une centaine de mots. Les thèmes puissants et documentés et cette propension à divulguer autant par les titres que par la musique est une façon de revendiquer l’instrumental comme genre musical à part entière. Par un artwork puissant, ils donnent à la musique une imagerie forte et propre. C’est ce que des groupes comme Sigur Ros ont exploité ; dans leur cas précis, étant donné que leur langue est peu parlée et comprise. L’image ajoute à la musique une autre dimension.

La musique des Red Sparowes est constituée de pièces assez importantes mais surtout impressionnantes pour leur rigueur. La batterie métronomique évoque Can. La guitare en pedal-steel apporte une fluidité à la construction articulée, de manière à ce que l’on ait l’impression d’une infaillible horlogerie. Le temps est géré comme une dimension à part entière, les morceaux s’épanouissant avec circonspection. Parfois, cela donne l’impression d’une musique recroquevillée, presque bridée, plutôt que totalement libérée, bien l’œuvre dans son ensemble soit effectivement libre.

Le long échafaudage construit peu à peu une ambiance de laquelle émane une intelligence tout à fait particulière. C’est presque une provocation ; par la célébration d’une musique extrêmement pensée, le groupe pourrait être prétentieux ; mais cependant, le résultat est très agréable à écouter. C’est un genre de pop, ou presque. C’est ce que ce que Kraftwerk a donné à la musique électronique, cette fois appliqué dans un domaine qui embrasse les déflagrations et accalmies de Neurosis, à laquelle les Red Sparowes apportent leur propre sens de la clarté et de l’aménagement sonore.

Chaque morceau apporte une progression intéressante, depuis la basse en forme de grande poussée en avant sur The Great Leap Forward..., jusqu’à la rythmique de pendule de Like the Howling Glory… et au doux intermède de piano intitulé And by Your Own Hand... Les qualités mélodiques déjà remarquables sur le précédent opus sont encore bien présentes, notamment sur la deuxième moitié du disque, atteignant peut être un point hors de toute comparaison sur Millions Starved and as we Became Skinnier and Skinnier…, pièce de plus de neuf minutes qui enfonce le couteau dans la plaie.

Il est ainsi intéressant de voir comment la formation joue de son équilibre précaire, fournissant pour l’essentiel une introspection qui peut être prise à la légère, avant de décider, lorsque le moment est venu, d’ouvrir les abysses qui leur font retrouver leurs origines plus caverneuses sur As That Blazing Sun Shone... et de retourner à nouveau, l’espace d’un instant, à une lubie plus pastorale.

  • Parution : 19 septembre 2006

  • Label : Neurot Recordings

  • Producteur : Red Sparowes, Tim Green
  • A écouter : "Like the Howling Glory of the Darkest Winds, This Voice Was Thunderous and the Words Holy, Tangling Their Way Around Our Hearts and Clutching Our Innocent Awe", "Millions Starved and Became Skinnier and Skinnier, While Our Leaders Became Fatter and Fatte"

jeudi 24 septembre 2009

Red Sparowes - At the Soundless Dawn

Les Red Sparowes (moineaux rouges, en référence à T.S. Eliott), groupe de post-rock (Mogwai ; Sigur Ros ; Godspeed you ! Black Emperor ; Grails ; Mono ; Explosions in the Sky, etc.) musclé sont une formation expérimentée, même à l’aune de leur premier disque (deux musiciens d’Isis), qui travaille textures et sons dans un style virtuose de composition moderne, donnant à la musique sans voix une expression personnelle et foisonnante. Le groupe Californien affilié à Neurosis, Isis ou encore A Storm of Light, et signé comme eux sur le label Neurot Recordings, fait montre en 2005 avec At The Soundless Dawn de talents de composition tout à fait remarquables.

Ce genre musical aura tôt fait de détourner l’intérêt des critiques et du public ; et pourtant, c’est dans un souci constant de clarté, de beauté et d’ouverture au monde que le groupe progresse. Red Sparowes a un message et un filament poétique qu’il souhaite partager, une ligne de cohérence – signe de tout album post-rock qui se respecte - et pour cela, il fait briller le mieux possible tous les aspects du son qui, d’une pièce à l’autre, le caractérise de plus en plus. Un album de ce genre – d’une durée approchant ou dépassant les soixante minutes - sans motif peut s’avérer faible ; l’exercice est d’y apporter un constant renouvellement de forme. Sur le fond, le dessein est clair et ambitieux et les différentes étapes permettent d’illustrer ce message, de dérouler ce filament et, de surcroit, de multiplier dans la tête de l’auditeur les images les plus belles et parfois les plus opposées.

Ce qui fait l’intérêt de l’instrumental, c’est aussi la fulgurance et l’expressivité de certains instruments. La guitare en pedal steel (à plat) permet un grand apport d’expressivité à la musique. Utilisée entre autres par les groupes de rock progressif comme Pink Floyd ou Yes, elle participe à la construction des morceaux en leur donnant une touche plus construite ; comme l’orgue Hammond (Deep Purple) ou les Ondes Martenot (Radiohead), c’est un outil occasionnel et inoubliable dans la composition populaire moderne. Par l’utilisation d’instruments mélodiques comme l’orgue et le piano, les Red Sparowes empruntent une voie originale, produisant une musique puissante, contemporaine, très agréable. Les guitares conventionnelles sont également capables de grands riffs. Les ambiances sont variées, le groupe joue sur les contrastes avec une grande intelligence, ne laissant à aucun moment l’impression d’opérer en roue libre ; chaque minute apporte une mélodie ou grandit celle qui court déjà ; parfois on laisse un arpège s’installer mais sans abuser de longueurs (trois morceaux font moins de six minutes).

C’est une musique qui, en surface, explore diverses dimensions spatiales. En esprit, elle se concentre autour de l’idée d’une « sixième extinction » comparable aux grandes extinctions des espèces à la surface de la terre par le passé ; cependant, cette nouvelle extinction est causée par l’homme, et non par des éléments naturels. Il y a là une tentative de communiquer sur un plan métaphysique, une vision spirituelle qui est par ailleurs fortement présente dans une large part de la scène Californienne. Le format des pièces permet d’embrasser une large quantité d’éléments qui rejaillissent tôt ou tard dans les sillons que les Red Sparowes laissent comme une charrue dans la terre apocalyptique de notre époque. Constant en qualité et en inspiration, le disque ne lasse jamais, n’en déplaise aux détracteurs (je défendrai toujours Yes, par exemple) du genre rock progressif. Parfois menaçant (Mechanical sounds…) mais sans jamais devenir exagérément sombre, le disque rebondit et offre toujours, au sein de ses ambiances denses, de nouveaux crochets physiques ou volatiles. Une musique pour rêver. Surprenant et salutaire pour la scène indépendante, ce disque est l’un de ceux sur lesquels Neurot Recordings peut fonder sa réputation.

  • Parution : 22 février 2005

  • Label : Neurot Recordings

  • Producteur : Red Sparowes 
    genre : post-rock

  • A écouter : Alone and Unaware..., Mecanical Sounds....
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