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Trip Tips - Fanzine musical !

mercredi 4 septembre 2013

THE RIDES - Can't Get Enough (2013)


 
O
groovy, efficace, rugueux
Blues rock, soul, Chicago blues
Le bon sens, de la part de quelqu'un qui ne s'est vraiment jamais attardé sur les disques de Stephen Stills, même les Crosby Stills, Nash and Young de l'âge d'or des seventies ou les Buffalo Springfield, qui n'a jamais rien lu sur cet extraordinaire musicien, serait de considérer Can't Get Enough comme un voyage dans le temps et de passer son chemin pour des routes plus empruntées, en compagnie de l'un de ces groupes qui sortent un disque sans trop de surprises tout les deux ans. Ce n'est pas l'inclusion au trio d'un certain Kenny Wayne Shepherd, entre deux âges (c'est à dire plus jeune que ses deux comparses), qui a enregistré un bon disque il y a la bagatelle de deux ans en arrière, qui devrait me faire changer d'avis.
Mais finalement, est-ce un défaut de disparaître, et honteux de vouloir relancer la formule 4 ans plus tard d'un disque appelé Super Session. Cet album pénalisé à l'époque par la mode soudaine de l'ornementation qui faisait suite à la parution de Sgt. Pepper Lonely Hearts Club Band par les Beatles, un album avec un concept à la bonne volonté parfaite qu'aucun groupe ne reproduira par la suite. Si l'histoire de Stephen Stills nous apprend quelque chose, c'est qu'il y a d'autres moyens d'exalter la camaraderie que d'enregistrer que de vivre dans un rêve éveillé. Super Session voyait déjà Stephen Stills revenir de l'oubli, en quelque sorte, pour enregistrer avec Michael Bloomfield et Al Kooper (tous deux notamment présents sur l'enregistrement de Like a Rolling Stone de Bob Dylan) des jams de Chicago blues plus électrique que la foudre. On est seulement à moitié surpris qu'en 2013, Stills ne trouve rien de mieux que de placer dans la deuxième partie de Can't Get Enough une version de Keep Rockin' in the Free World. Son amitié avec Neil Young, l'auteur de la chanson, ne devrait plus faire l'objet d'interrogations. Et cette chanson, au delà de son message de liberté et d'engagement est l'hymne parfait du rocker réapparaissant, et que plus personne n'attend vraiment, est parfaitement intégré au propos de l'album.
Barry Goldberg, qui apparaissait déjà en 1968 sur Super Session, donnant d'un coup de piano électrique la touche qu'il fallait aux trois compositions originales disséminées dans le parcours, a pris en 2013 la place de Kooper, aux claviers léchés plus qu'au simple piano. Et Shepherd de Los Angeles, à la place de Bloomfield de Chicago – bien que 'jeune', il a une discographie suffisamment respectée pour qu'il ne soit pas utile de citer les mérites de son ainé. Ses influences incluent Slash, Stevie Ray Vaughan, Robert Cray ou Duane Allman. Les trois hommes ont d'ailleurs un passé, des influences, des aspirations musicales que l'on devine aussi divergentes que la musique roots puisse en produire, et pourtant ils se sont mis à jouer, se mettant d'accord pour faire dominer celle de Muddy Waters parmi toutes les formes d'autorité divergentes qu'ils ont filtrées.
Stephen Stills est convaincant en anti-héros, qui surgit avec sa voix croâssante et des solos qu'il semble avoir attendu de jouer après les avoir lus dans les stèles de Restvale pendant tant d'années, car il n'a pas joué aussi fort depuis un temps dont seuls les passionnés des seventies peuvent honnêtement parler. Plus que de simples riffs, le carré de compositions originales fouillent la mémoire du blues rock avec un plaisir et une naïveté évidente. Démarrer avec une évocation passionnée du Delta quand on se donne l'air de venir de Chicago, ne peut être qu'une marque d'absolue sincérité. On ne peut pas reprocher à Shepherd de se laisser porter sur That's a Pretty Good Love. Il partage la scène avec lion : Stills est là pour ramasser tout ce qu'il peut encore saisir, s'offrant de rugir sur un tapis de choristes, avant d'embraser sa guitare, avec Don't Want Lies et Can't Get Enough of Your Love, le morceau à l'évidence conçu pour servir de pivot au disque. Plus rien n'égalera ce moment de félicité taillé pour les concerts.
A la demande du producteur, Shepherd a déjà, avant ce point culminant, remplacé Iggy Pop sur son trône en osant une version de Search and Destroy, chanson iconique qui ouvrait le dernier (vrai) album des Stooges, le détonateur à l'origine d'une autre branche de l'histoire rock. Cette façon de s'abandonner, même si elle est un peu vaine, a l'avantage de maintenir la surprise. C'est la force et la limite de l'album.

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