“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

soigné (81) intense (77) groovy (71) Doux-amer (61) envoûtant (60) ludique (60) poignant (60) entraînant (55) original (53) élégant (50) communicatif (49) audacieux (48) lyrique (48) onirique (48) sombre (48) pénétrant (47) sensible (47) apaisé (46) lucide (44) attachant (43) hypnotique (43) vintage (43) engagé (38) Romantique (31) intemporel (31) Expérimental (30) frais (30) intimiste (30) orchestral (30) efficace (29) rugueux (29) spontané (29) contemplatif (26) fait main (26) varié (25) nocturne (24) extravagant (23) funky (23) puissant (22) sensuel (18) inquiétant (17) lourd (16) heureux (11) épique (11) Ambigu (10) culte (8) naturel (5)

Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

vendredi 21 décembre 2012

A quiet revolution (3) Interview de Gilles Deles de Lunt





Label We are Unique Records
http://www.uniquerecords.org/

Where is the Revolution ? est le nom d'une chanson sur le récent et fascinant album de Lunt. La pochette interroge. Switch the Letters est un album de chansons composées à la guitare électrique avant tout. Ainsi qu'une oeuvre inspirée de la poésie beat et aussi par Sonic Youth, passé à la moulinette du philosophe autrichien Wittgenstein. Les concepts faciles ne sont pas de mise avec Gilles Deles, et ma 'révolution calme' va en prendre un coup. Le travail d'artiste et d'artisan ne font plus qu'un chez ce musicien, co-fondateur du label We are Unique Records.

Quelle était la vision musicale qui a participé à la création de We are Unique Records ?

Gilles Deles : Il y avait initialement, et c'est toujours le cas je crois, un désir d'autonomie très profond, qui fait que nous avons constamment respecté les décisions des artistes même quand nous les désapprouvions à titre personnel (nous sommes faillibles), et après des discussions sincères.
Les années 2000, à leur début, étaient différentes de maintenant, il était encore possible d'être autonome financièrement.
Nous écoutions énormément de choses à l'époque, et la question ça n'était pas de signer un style. Il y avait bien sûr une prédominance post-rock, folk, rock, musique atmosphérique/electro. Ceci dit les projets hip-hop de Angil (ou en collaboration comme John Venture) ont eu tout leur sens. Il fallait qu'on se dise, "ce disque sort du lot", il y a quelque chose là qui n'est pas ailleurs, nous pourrions l'acheter. Sinon comment y croire vu l'énergie demandée par la suite ?

Tu es ausi ingénieur du son au service du label. En quoi participer aux albums des autres nourrit t-il ta propre musique ?

On apprend à être un contenant en attente d'un contenu, et à aider à mettre en forme.
Produire un album c'est laisser venir à soi des notes et des harmonies en attente d'être jouées, de la musique sans un musicien pour la jouer. On apprend essentiellement à ne pas forcer les choses, et laisser l'inspiration venir à soi.

J'ai lu que tu avais fait des études de philosophie. Quels sont les thèmes abordés sur l'album, et as-tu été influencé par des concepts philosophiques ?

Le sens des concepts sont dans leur usages. (Ludwig Wittgenstein) Je ne sais pas s'il y a une sorte d'isomorphisme entre ces concepts, et la musique. Seulement, ce que j'ai longtemps défendu c'est un holisme* de l'album. Les singles existent, de la même façon que certains mots nous évoquent des choses à eux seuls, mais on ne peut pas comprendre certains titres en dehors de l'album à l'intérieur duquel ils sont inclus (voir par exemple le travail dans les interludes du teaser For : Matter d'Angil). En tant qu'ingénieur du son je te dirais aussi qu'il y a des règles dans le son que l'on se doit de respecter, une sorte de nécessité dans la structure du son. Le mixage est quelque chose qui peut être le lieu d'application du rasoir d'OCCAM**. Il ne faut pas rajouter des éléments si l'on est arrivé à quelque chose qui dit quelque chose.
Ce que la philosophie m'a appris c'est une distance très critique (un euphémisme) quant à l'esthétique.

Switch the Letters est un album de chansons qui évoquent certains songwriters américains indé les plus poignants et avisés. Peux-tu citer des albums qui ont pu influencer ta façon d'écrire des chansons ?

I See a Darkness de Bonnie "Prince" Billy, Buffalo Springfield, New Adventures in Hifi de R.E.M., Upgrade and After Life de Gastr Del Sol, Bug de Dinosaur JR, Daydream Nation de Sonic Youth, Ghost Tropic de Songs : Ohia.

Que voulais-tu accomplir avec Switch The Letters ?

Il fallait à tous les gens avec qui j'avais travaillé et qui me disait : "alors! cet album
c'est pour quand ?". Je voulais faire un album qui ne serait pas tributaire des standards d'écoute d'un moment. Quand tu écoutes Pink Moon de Nick Drake, le minimalisme qui s'y impose, fait que l'écoute est toujours possible sans kitch, même si l'album appartient à une époque.

Ce qui produit ce sentiment d'introspection dans ta musique c'est sans doute, entre autres, le fait de jouer en solo, même si tu invites plusieurs personnes à participer. N'envisages-tu pas de faire de Lunt un groupe ?

Psychiquement j'ai tendance à être un groupe à moi tout seul, comment scinder les étapes de production sans se scinder moi-même ? Je ne sais pas. Est-ce que ça serait encore Lunt ? Il faudrait que la ou les personnes qui jouent avec moi (sans omettre le fil directeur de ce que je pourrais proposer) aient une sorte de rage inconditionnelle, cette étincelle qui fait que certaines choses ne se négocient pas. Les compromis mous et le consensus névrotique m'ennuient. Pourquoi pas un album de noise en groupe.

Comment penses-tu progresser sur le prochain album ?

La question centrale est de ne pas faire l'erreur du premier Lunt, est de s'égarer dans une hétérogénéité démonstrative qui dilue le propos. Le but c'est d'avoir un fil directeur et je ne sais pas s'il s'est dessiné encore. Je ne m'oblige en rien à faire de la musique, je n'ai pas de contrat qui m'oblige à quoi que ce soit. Il sera peut être plus électrique je pense, et basé sur des tonalités différentes. Le plus dur est d'écrire des textes.

Je prévois d'intégrer cette interview à un article appelé 'a quiet revolution'. Quel serait ton slogan ou ton précepte pour une révolution musicale ?

Ce qui est écrit dans le livret de Experimental, Jet Set, Trash and No star de Sonic Youth ; "une fois que la musique a quitté votre tête, elle est déjà compromise".


* le holisme est : « la tendance dans la nature à constituer des ensembles qui sont supérieurs à la somme de leurs parties, au travers de l'évolution créatrice ». Le holisme se définit donc globalement par la pensée qui tend à expliquer les parties à partir du tout.

** Aussi appelé « principe de simplicité », « principe de parcimonie », ou encore « principe d'économie », il exclut la multiplication des raisons et des démonstrations à l'intérieur d'une construction logique.
Le principe du rasoir d'Ockham consiste à ne pas utiliser de nouvelles hypothèses tant que celles déjà énoncées suffisent, à utiliser autant que possible les hypothèses déjà faites, avant d'en introduire de nouvelles, ou, autrement dit, à ne pas apporter aux problèmes une réponse spécifique, ad hoc, avant d'être (pratiquement) certain que c'est indispensable, sans quoi on risque d'escamoter le problème, et de passer à côté d'un théorème ou d'une loi physique.

(c) Wikipédia

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...