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samedi 24 novembre 2012

Chris Smither - Hundred Dollar Valentine (2012)



 
 
Parution : 2012
Genre : Blues, folk, rock
A écouter : On the edge, What Mght Have Been, I Feel the Same, What they Say
 
OO
Qualités : engagé, poignant, apaisé
 
Un album qui nous ramène à une ère où la musique était ressentie au fond du cœur, et dans des régions américaines où il n’y avait rien de tel que des genres musicaux, mais où les interprètes solitaires pouvaient tremper dans le blues de Lightning Hopkins et Mississippi John Hurt, s’inspirer de Randy Newman et reprendre en chemin Tulane de Chuck Berry, Rock and Roll Doctor de Little Feat ou Desolation Row de Bob Dylan, faisant preuve de foi, de sincérité et d’humilité. Hundred Dollar Valentine est pourtant un album moderne, enregistré avec une précision minutieuse. Il montre que ces leçons d’humilité et de patience ont payé, faisant aujourd’hui de Chris Smither, à 67 ans, un de ces musiciens pour lesquels on ne peut s’empêcher d’éprouver un profond respect.
C’est son douzième album et le premier qui soit constitué uniquement de chansons originales. Il montre toute l‘étendue de sa sensibilité, fait preuve à nouveau d’une envie de secouer les choses établies, s’insurge face aux catastrophes que traverse son pays, fustige la religion parce ce qu’elle provoque la passivité, exhorte à prendre les problèmes du présent avec cœur plutôt que l’angoisse au ventre. On the Edge, c’est le nom d’une chanson dont le titre résume le sentiment idéal que devrait dégager la musique blues et la musique en général. Chris Smither n’est pas exclusif mais accessible, vous invite à comprendre ce que c’est que d’être à son âge passionné de musique, et musicien talentueux lui-même, vous fait entendre le fond de sa pensée en l’agrémentant d’un humour délicat, vous demande de le situer lui-même à l’intérieur de la grande histoire des musiques américaines, et à l’intérieur de sa propre vie, dont il se rend bien compte que la plus grosse partie est derrière lui. Smither est de ceux qui se bonifient à travers l’expérience de leurs propres sujets existentiels, et dont les albums gagnent peu à peu une sagesse et une acuité différentes.
Chris Smither n’a pas besoin de rappeler constamment qu’il est en train de jouer le blues. Sa voix et son jeu de guitare en finger-picking, élégant et délicat sont les meilleures garanties de son inspiration. Emprunte de tranquillité et de bienveillance, ses chansons évitent pourtant la redite, certaines dégageant au prime abord une tristesse simple et intense – On the Edge, I Feel the Same, Feeling by Degrees –, mais avec, elle leur centre, le rythme marqué par un tapement de pied, comme un battement de cœur.  D’autres vous ravissant plus tard parce qu’elle sont entraînantes et et amusantes jusque dans leur gravité même : "They say the good die young, but it ain't for certain, / I been good all day, and I ain't hurtin', / Not in any way, I'm too old to die young." (What They Say).  Il y a aussi What Might Have Been, blues à l’évidence fascinante.  
Ce qui hisse Hundred Dollar Valentine au pinacle, c’est le choix des accompagnements : l’harmonica chaleureux de Jimmy Fitting, sur le morceau-titre par exemple, ou les contre-mélodies de Kris Delmhorst au violoncelle et Ian Kennedy au violon sur On the Edge. Tout l’album est méticuleuse arrangé.
 

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