“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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Trip Tips - Fanzine musical !

samedi 14 juillet 2012

Diablo Swing Orchestra - N°3 : Pandora Pinata (2012)






Parution2012
LabelSensory
Genre
Metal d'avant-garde, orchestral
A écouterKevlar Sweethearts, Exit Strategy of a Wrecking Ball, Aurora
°
Qualitésextravagant, original, ludique


Metal d’avant-garde, c’est ainsi qu’a été décrit cet album inclassable, détonnant, et pourtant très accessible. Même s’il conjure une gamme d’humeurs (malice, romantisme…) très large, les chansons qui le composent ne sont jamais moins que mémorables. Entendre le refrain aérien de Kevlar Sweethearts parader dans votre tête pendant une journée devrait suffire à l’affirmer. «Time to feel, time to believe/Dare to see what may come of our future/Lift your head, broaden your gaze/Speak your mind and your thoughts they will follow you ». On en vient rapidement au point où le côté pompeux et bizarre du disque est siphonné par la décharge d’allégresse, de précision, de drame qu’il constitue. On se dit : ‘ces suédois sont fous ‘. Plus que de folie, il est facile de mesurer ce que cet album renferme tout simplement de vie, pour déclarer que le groupe est déjà culte.

Un album qui contient à mi-parcours une chanson d’opéra de type Peer Gynt – un drame poétique norvégien d’Henrik Ibsen sur une musique du compositeur Edvard Grieg - ne peut pas être mauvais. Peer Gynt est la dernière d’une énorme quantité d’inspirations qui ont manifestement traversé l’esprit d’au moins l’un des 8 musiciens de cette cohorte affamée de créations nouvelles. La prouesse de l’arrangement orchestral d’Aurora, la chanson en question, permet de mesurer le talent de ce groupe doté de deux vocalistes et d’un orchestre à demeure. La chanson permet encore d’apprécier le talent, presque écrasant, d’Annlouice Loegolund, chanteuse lyrique qui consacre à sa voix toute son énergie, au sein du Diablo Swing Orchestra comme en dehors, dans des concerts qu’on imagine plus conventionnels. Daniel Hakansson, la voix masculine, essaie d’analyser l’origine de cet incroyable mélange de metal, de hard-rock, de jazz, de musique tzigane, de swing, de rockabilly, de mariachi, et de funk et de musique orchestrale. « Chacun commence à apporter de plus en plus sa propre contribution à la musique, ce qui a pour conséquence d'enrichir toujours plus notre son. » La présence de tant de talents cote à côte donne à la formation une liberté que d’autres groupes n’ont pas lorsqu’ils sont attachés à un seul chanteur et 2 ou 3 instruments mélodiques tels que la guitare, le clavier ou la basse. Aux mélodies aussi diverses, subtiles et exotiques que les instruments qui les dessinent s’ajoute un groove rock puissant, parfois tranchant.

La crainte de décevoir, d’échouer, est toujours moins forte que la soif d’enrichir sans cesse leur son. D’ailleurs, leurs craintes se révèlent infondées. Entre funk, metal symphonique et power pop, Honey Trap Aftermath a ainsi été l’objet d’un enthousiasme des auditeurs alors que le groupe craignait de les décevoir en s’éloignant du cadre qu’ils s’étaient fixés. Mais c’est comme si les règles n’atteignaient leur véritable pertinence qu’en les transgressant. Honey Trap Aftermath se termine par une coda a cappella, une dernière pirouette. Tempos effrénés, chœurs et passages théatraux, le groupe assume tout. D’ailleurs, Hakansson n’a plus de scrupule à citer l’album Origin of Symetry, du groupe Muse, comme l’une de ses références absolues, et de réinvestir ce trio anglais perdu aux mains du CIO du mérite d’avoir suscité l’inspiration, 50 ans après le débuts du rock. « C'est leur titre Microcuts qui m'a fait réaliser à quel point il était possible de combiner opéra et rock/metal sans pour autant aboutir à du vieux power metal merdique ».

La clef de l’album est dans les arrangements, qui suscitent sa fluidité, sa montée en puissance narrative jusqu’aux 8 minutes de Justice for Saint Marie, une chanson sombre et sensuelle jusqu’au bout des archets de son orchestre. Trompette, trombone, hautbois, clarinette et flûte fleurissent dans cette suite finale qui résume en un seul mouvement les aspirations dramatiques de l’album, quand Voodoo Mon Amour le démarrait sous le signe de la comédie effrontée. L’adresse avec laquelle la section de cuivres et les claviers complètent les violoncelles et les violons. Diablo Swing Orchestra joue différemment des autres groupes parce qu’ils estiment à sa juste valeur le pouvoir de la diversité et de la nuance. Les riffs de metal sont transfigurés par l’orchestration avec une ferveur qui rappelle le Deconstruction (2011) de Devin Townsend. Le titre de metal d’avant-garde prend son sens à l’aune de cette dernière comparaison.







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