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mercredi 18 janvier 2012

La semaine du Groove #3 : Rival Sons - Pressure and Time (2011)


Parution : juin2011
Label : Earache
Genre : Rock n'roll
A écouter : Pressure and Time, Gypsy Heart, Face of Light

°
Qualités : intense, spontané, groovy


Rival Sons font pour le rock n’roll ce qu’Other Lives ont fait pour le folk mélancolique. Ils ne créent pas à proprement parler de nouveaux standards, mais se hissent au niveau de ceux qui existent avec une élégance précieuse. Ils terminent le travail là où d’autres se contentent d’ébaucher quelque chose et d’essayer d’en tirer le plus d’ovations possibles. Ils prouvent en outre que l’élégance n’empêche pas une certaine absurdité maligne. Pour qui les voit comme des récupérateurs de clichés, on leur conseillera de passer outre l’efficace All Over the Road et ses chœurs finaux en forme de Deep Purple pour s’enfoncer plus au cœur du disque. Tous les éléments présents sur ce titre, et les chœurs non des moindres, sont réutilisés avec sincérité et maitrise ailleurs. Rival Sons use peut-être de clichés mais en les assemblant à la force d’un riff sincère à des formules hallucinantes, souvent psychédéliques. Selon le chanteur Jay Buchanan, c’est beaucoup plus simple ; tout vient du blues, de la charge émotionnelle, et de la nature de ce qu’on chante. « Qu’est ce qu’est le rock ? Est-ce la même chose que le rock n’roll ? Les Sex Pistols ? Ils ne sont pas rock n’roll, c’est comme une installation. Le rock n’roll doit être basé sur le blues – c’est de là que vient son esprit. Il doit donner des maux de cœur, de la satisfaction et tout ça. » Pas de cliché éculé lorsqu’on parle de véritable rock n’ roll. Et d’après lui, les gens le reconnaissent tout de suite. C’est le moment d’essayer.

Les Rival Sons célèbrent un temps où la musique incitait à se mettre une miurge, à entrer sans payer dans les festivals, à faire l’amour devant tout le monde et à se faire arrêter par la police, et le mélangent avec l’humeur d’une ère nouvelle, dans laquelle un nuage de publicitaires qui vous tombent dessus comme une invasion de sauterelles pour tenter d’utiliser des bouts de votre art dans des spots vantant de la bière, des voitures ou pire encore.

Formés en 2008, les Rival Sons ont pour leur deuxième signé avec Earache, un label habitué aux groupes de death metal. Pressure and Time, dominé par une chanson-titre qui a bien dû donner du fil à retordre à Judas Priest ou Alice Cooper pour qui ils ont assuré les premières parties. Ils seront aussi conviés à la grand messe par AC/DC, ce qui inclura Jay Buchanan ouvrant seul à la guitare acoustique devant 12 000 personnes. Comme disait un journaliste, Rival Sons c’est les Black Crowes avec plus de couilles. « Nous étions sur la route depuis six semaines. Quand nous sommes arrivés à New York, nous avons rencontré Al Dawson et les gars de Earache. Toute l’équipe était là à demander : « Vous avez des chansons à enregistrer ? » Nous avions prévu de commencer l’enregistrement le lendemain de la fin de la tournée. Nous étions obligés de répondre que non. Nous avons ensuite atteint Los Angeles un dimanche soir et avons commencé à enregistrer le lundi matin. Nous n’avions rien. Nous avons pris nos instruments, et commencé à écrire au moins une chanson par jour. Nous enregistrions la chanson juste après l’avoir écrite. » Le résultat, c’est l’impression que le groupe s’exécute devant vous. Le nom de l’album est ainsi parfaitement en adéquation avec son contenu. Enregistré avec la pression d’un staff accoutumé à en venir aux mains avec des gros barbus tatoués et hurlants. Ils enchaînent vite, et exhument presque systématiquement les meilleurs riffs que personne n’a encore trouvé, quand ce n’est pas pour accomplir des (power) ballades parfaitement calibrées. Cette approche très basée sur la guitare de Scott Holiday – de type Jimmy Page –, Buchanan la rend crédible en poussant à leur paroxysme le blues et l’émotion, ses chevaux de bataille, de sa voix perçante.

Les Rival Sons célèbrent un temps où la musique incitait à se mettre une miurge, à entrer sans payer dans les festivals, à faire l’amour devant tout le monde et à se faire arrêter par la police, et le mélangent avec l’humeur générale d’une ère nouvelle, dans laquelle plutôt que des hordes de hippies incontrôlables ce sont un nuage de publicitaires qui vous tombent dessus comme une invasion de sauterelles pour tenter d’utiliser des bouts de votre art dans des spots vantant de la bière, des voitures ou pire encore. Et ils tirent parti des deux courants, se situant parfaitement entre les Who, les White Stripes et les Black Keys. Leur capacité à rebondir sans arrêt sur de nouvelles idées, un peu comme s’ils tentaient de compiler en une demi-heure et dix titres les trois premiers albums de Led Zeppelin, donne l’impression d’un groupe astucieux autant que passionné. Il y a dans leur approche quelque chose de malicieux qui leur donne une légitimité supplémentaire. S’ils étaient prétentieux, comme la pochette le laisse penser, il auraient encore raison. « 95 % de ce que vous entendez au quotidien n’est pas authentique», affirme Buchanan. Autant sauter sur l’occasion.


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