“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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samedi 5 avril 2014

JAMES COTTON - High Compression (1984)






OOOO
communicatif, intemporel
blues, rock and roll




Le rock déballe ce sentiment de ne pas être à la hauteur de ce que l'autre attend de nous.

 Généralement l'être aimé, voire, dans les cas les plus tragiques, sa famille la plus proche. Le

 regret, le remords, que le blues transmet avec le plus d'humilité et de générosité. 

L'humour, la vivacité entre les mains d'un harmoniciste aussi extraordinaire que James Cotton, 

font oublier les sujets graves. On danse, au son de sa voix rauque, qui date de quand il en 

avait  une. Elle est même la principale attraction de certaines de ces chansons.  

Aujourd'hui, il  n'en a plus, et il a peut-être produit en 2013 son testament, où on 

l'entend vaguement croasser quelques mots, parfois, entre les attaques  toujours fracassantes 

de ses harmonicas

A travers cet album, on devine que le blues est une musique moderne, sans couleur 

particulière, révélatrice en ligne directe du sentiment qui l'habite. En 1984, ce disque 

authentique était inespéré : les musiciens sont choisis pour faire le pont entre traditionnel et 

contemporain, avec Pinetop Perkins au piano, et la production est épargnée des effets de 

style qui on rattrapé le funk ou le rock à l'époque.

Un disque découvert grâce à la médiathèque de Nanterre. 

jeudi 27 juin 2013

JAMES COTTON - Cotton Mouth Man (2013)

 
OOO
rugueux, groovy, intemporel
blues, rock n'roll, funk
 
Un album merveilleusement simple et direct : il s’agit de ce vieux blues de Chicago qui est comme propulsé comme par la traction d’une locomotive neuve. Les attaques d’harmonica de James Cotton, 77 ans, sont aiguisées comme jamais. Les notes rugueuses sont parfois prolongées de longues secondes, sur Wrapped Around my Heart par exemple, une ballade poignante interprétée par Ruthie Foster. Cotton ne peut presque plus chanter, et laisse la génération suivante – dont Warren Haynes, dont j’avais remarqué l’album Man in Motion – donner leur plus honnête performances sans que l’intensité ne baisse jamais. Le piano funky donne presque à l’album un esprit de fête.  Vocalement, même si le maître ne se contente que d’introduire une chanson, d’intervenir lorsqu’il est trop question de lui – sur He Was There – et murmurer sur Bonnie Blues, il laisse une impression profonde. Son harmonica est l’artefact ultime de la musique blues ; il jouit autant qu’il travaille, surpasse n’importe quel autre instrument que vous entendrez dans un disque en 2013. Toutes les chansons, même si elles sont basées sur des idées mélodiques bien connues, sont originales, et écrites dans un esprit d’hommage aussi bien à l’homme qu’à la scène qu’il est  l’un des derniers à incarner. Une scène qu’il partageait autrefois avec Muddy Waters et Howlin’ Wolf.
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