“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

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jeudi 10 mars 2016

HAZMAT MODINE - Extra-Deluxe Supreme (2016)






O
vintage, varié, funky
Rythm and blues, rocksteady


Le combo New Yorkais autour de l'harmonisciste Wade Shuman est de retour avec son troisième album, en fanfare ? Non, c'est plutôt discrètement que le groupe excentrique de neuf musiciens revient ! Et c'est une longue attente depuis Cicadia (2011), leur excellent album où leur blues s'affirmait encore plus brûlant et mugissant. Des genres plus traditionnels traversent cet album élégant, dont le principal attrait, après l'intensité et la variété de Cicadia, est le charme. Le titre et la pochette ramènent son aspect vintage, et des chansons comme Whiskey Bird s'essaient à une simplicité qui valorise l'harmonie sur la surenchère passée. La poésie décalée de Shuman, aussi intéressant parolier que musicien, nous plonge dans un univers fait pour affecter et attacher. La musique reste pour lui la maladie de l'âme, et il profite de moments d'accalmie pour nous plonger dans cette boite musique, dans cette fabrique si humaine qui allie la musique et les douleurs intimes (Arcadia (Coffee, Salt and Lace).


Le large éventail de cuivres, du tuba la trompette, permet au groupe d'offrir un éclectisme parfaitement intégré à leu personnalité, en particulier des éléments de Klezmer de rocksteaddy Jamaïcain (Moving Stones) et de rythm and blues de la Nouvelle-Orléans. Le cap semble plus que jamais mis vers le sud des Etats-Unis, une évolution logique pour un groupe chassant le multiculturalisme comme un graal. On a même droit à une flûte de pan sur Your Sister ! Pour qui aime la musique traditionnelle accrocheuse, ils réussissent à réunir tout ce qu'on pourrait en attendre, avec ce zeste de folie qui a fait de Wade Shuman une personnalité et de sa musique un havre décontracté.

jeudi 19 janvier 2012

La semaine du Groove #4 : Hazmat Modine - Cicadia (2011)


Parution : mai 2011
Label : Barbes Records
Genre : R&B, Blues, Brass Band, Rock alternatif
A écouter : Two Forty Seven, Cicadia, The Tide

°°
Qualités : groovy, ludique, entraînant

Avec Bahamut (2006), Hazmat Modine annonçait la résurrection du blues traditionnel, emporté dans la danse d’influences sans aucune frontière. Les talents de Wade Shuman, aux harmonicas diatoniques et chromatiques surtout, mais aussi à la guitare, au chant et à l’écriture de chansons mélangeant exercice de styles et patine intemporelle s’éveillaient. Son excentricité et son énergie débordante le plaçant immédiatement à la croisée des chemins entre Captain Beefheart et Tom Waits, Ry Cooder et le Dirty Dozen Brass Band. Avec juste ce qu’il fallait de plans méticuleusement préparés, et accompagné d’un groupe solide qui déroulaient ensemble cuivres, blues et poésie, grooves de rythm & blues, Shuman nous entraînait dans des aventures indigènes aussi bien que sur les scènes les plus vivantes de son pays natal, les Etats-Unis.

Il avait beau avoir une solide réputation de virtuose à New York, des légendes telles Joan Osborne l’invitant à enregistrer, il n’en appelait pas moins, pour le plaisir de jouer et pour se façonner une personnalité scénique élastique, aux traditions d’outre atlantique, des caraïbes et de la Nouvelle-Orléans : calypso et ska Caribéens, musiques klezmer d’Europe de l’Est et cuivres des Balkans, blues et jazz anciens, rutilants à nouveau, et pas seulement amusants. Le résultat, c’était un musique familière mais différente de toutes les autres, à la fois neuve et ancienne, et authentiquement étrange, comme si elle venait non pas d’un groupe de pionniers ayant volé partout leur subsistance mais du pays le plus fier et le plus petit du monde, un endroit malicieux où les orgues de bouche Chinois et les xylophones Roumains sont des instruments couramment employés. Avec Cicadia, Shuman a enregistré avec le même groupe une suite logique à Bahamut, reprenant les éléments qui ont fait le grand succès de son prédécesseur. Il parvient, sans jamais s’éloigner de racines musicales solides, à faire éclore des fils de conscience, une narration propre.

dimanche 11 septembre 2011

Hazmat Modine - Cicadia (2011)


Parution : mai 2011
Label : Barbes Records
Genre : R&B, Blues, Brass Band,
A écouter : Two Forty Seven, Cicadia, The Tide

°°
Qualités : groovy, ludique, entraînant

Avec Bahamut (2006), Hazmat Modine annonçait la résurrection du blues traditionnel, emporté dans la danse d’influences sans aucune frontière. Les talents de Wade Shuman, aux harmonicas diatoniques et chromatiques surtout, mais aussi à la guitare, au chant et à l’écriture de chansons mélangeant exercice de styles et patine intemporelle s’éveillaient. Son excentricité et son énergie débordante le plaçant immédiatement à la croisée des chemins entre Captain Beefheart et Tom Waits, Ry Cooder et le Dirty Dozen Brass Band. Avec juste ce qu’il fallait de plans méticuleusement préparés, et accompagné d’un groupe solide qui déroulaient ensemble cuivres, blues et poésie, grooves de rythm & blues, Shuman nous entraînait dans des aventures indigènes aussi bien que sur les scènes les plus vivantes de son pays natal, les Etats-Unis.


Il avait beau avoir une solide réputation de virtuose à New York, des légendes telles Joan Osborne l’invitant à enregistrer, il n’en appelait pas moins, pour le plaisir de jouer et pour se façonner une personnalité scénique élastique, aux traditions d’outre atlantique, des caraïbes et de la Nouvelle-Orléans : calypso et ska Caribéens, musiques Klezmer d’Europe de l’Est et cuivres des Balkans, blues et jazz anciens, rutilants à nouveau, et pas seulement amusants. Le résultat, c’était un musique familière mais différente de toutes les autres, à la fois neuve et ancienne, et authentiquement étrange, comme si elle venait non pas d’un groupe de pionniers ayant volé partout leur subsistance mais du pays le plus fier et le plus petit du monde, un endroit malicieux où les orgues de bouche Chinois et les xylophones Roumains sont des instruments couramment employés. Avec Cicadia, Shuman a enregistré avec le même groupe une suite logique à Bahamut, reprenant les éléments qui ont fait le grand succès de son prédécesseur. Il parvient, sans jamais s’éloigner de racines musicales solides, à faire éclore des fils de conscience, une narration propre.
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