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mercredi 30 septembre 2009

{archive} Pixies - Surfer Rosa

Rien à ajouter à l'excellente chronique de Nicolas disponible à cette adresse :
http://www.albumrock.net/critiquesalbums/surfer-rosa-452.html

Et que je publie ici.

"On le sait, je le sais, vous le savez, les années 80 ont été pour le rock une période proprement calamiteuse. Lente agonie du punk, mort brutale de la coldwave, extermination du progressif, recul inexorable du hard rock au profit du metal (une bonne ou une mauvaise affaire selon les chapelles), cette décennie sinistrée n'a pas hésité à sacrifier un Ian Gillian (Deep Purple, ndt), un Roger Waters ou un Steven Tyler au profit d'une Madonna bitchy, d'un Prince fadasse ou d'un Michael "Aouhhhh !" Jackson. Pourtant, les eighties ont aussi engendré, envers et contre tout (et probablement de façon réactionnelle), quelques manifestes rock parmi les plus percutants de ces cinquante dernières années, et Surfer Rosa, premier coup de boutoir de ces allumés de Pixies, en fait incontestablement partie.

On se demande d'ailleurs bien par quel miracle un tel brûlot a-t-il pu éclore dans un contexte aussi désastreux. A y regarder de plus prêt, la solution semble uniquement tenir au hasard des rencontres, comme c'est souvent le cas lors de la genèse des groupes cultes. Si Charles Thompson (alias Black Francis) et Joey Santiago n'avaient pas été copains de chambrée à la fac (et accessoirement jammeurs du Dimanche), si Kim Deal n'avait pas été la seule personne à répondre à l'annonce des deux premiers pour jouer de la basse au sein d'un groupe de rock, si cette même Kim Deal n'avait pas sympathisé avec David Lovering, batteur et vieux pote de son mari, le jour même où elle convolait en justes noces, les Pixies n'auraient jamais vu le jour. C'est aussi simple que cela. Ce groupe n'est rien d'autre que la résultante d'une rencontre fortuite entre quatre très fortes personnalités que la fatalité a mises sur le même chemin. Comment imaginer sinon qu'un petit chauve énervé, un fils d'immigré Philippin taciturne, une laborantine susceptible et un électricien débonnaire aient pu s'associer pour engendrer l'une des formations les plus influentes de sa génération, sans laquelle Nirvana et les Smashing Pumpkins - entre autres - n'auraient été que l'ombre d'eux-même ? Comment expliquer sinon l'émergence de ce rock proprement unique, fusion improbable du punk hardcore de Hüsker Dü, de la pop des Beatles, du glam excentrique de David Bowie, du metal progressif de Rush ou de la folk de Peter, Paul and Mary ?

La folie des Pixies doit évidemment beaucoup à la personnalité pour le moins hors norme de Black Francis, à son goût pour les textes surréalistes, sa passion pour le catholicisme, sa fascination pour les déviances psychiques comme le voyeurisme, l'auto-mutilation ou l'inceste ; mais aussi et surtout à la façon qu'il a de donner vie à ses écrits, à son timbre de fausset sans cesse sur la corde raide, à ses soubresauts de voix imprévisibles et à ses hurlements féroces dignes du plus dangereux des aliénés. Mais réduire le combo au seul futur Frank Black serait une grossière erreur. Rares en effet sont les groupes à avoir su si bien capturer la singularité propre à chacun de leurs membres. Si Black explose le rythme des morceaux par sa diction chaotique et ses riffs cocaïnés, c'est bel et bien Kim Deal qui cimente la musique du groupe tant par ses lignes de basses alpaguant les mélodies que par ses chœurs d'une grande pureté, oasis de délicatesse dans ce royal bordel. Là-dessus, la puissance de feu de Lovering se révèle absolument nécessaire pour contenir les saillies détructurées de la guitare de Santiago, qui s'entortille sournoisement autour des autres instruments pour mieux s'en extirper sans crier gare en électrisant tout ce qu'elle frôle. Les lutins de Boston sont comme du lait sur le feu : brûlants et imprévisibles. Mais aussi - et surtout - fichtrement doués.

Avant de mettre en boîte ce premier album coup de poing, les Pixies pouvaient déjà se targuer de posséder une solide réputation dans le Massachusetts, principalement en raisons de lives échevelés dont ils s'étaient rendus coupables et qui leur avaient valu de décrocher la première partie de la tournée de leurs idoles, les Throwing Muse, en 1986. C'est lors de l'un de ces fameux concerts qu'un producteur du nom de Gary Smith les alpagua et se mit en tête les faire signer sur le champ chez 4AD Records, ayant immédiatement repéré leur énorme potentiel. Quelques semaines plus tard, dix huit titres furent mis sur bande aux studios Fort Apache en à peine trois jours d'enregistrement, réalisant la fameuse Purple Tape de laquelle furent extraits les huit morceaux de Come On Pilgrim, premier EP officiel du groupe. Si le boulot de Smith fut considéré comme satisfaisant par le quatuor, l'individu fut en revanche jugé trop regardant sur ses honoraires pour pouvoir être reconduit au poste de producteur sur le futur album. C'est alors que Ivo Watts-Russel, patron du label 4AD, se vit souffler l'idée d'embaucher à sa place un certain Steve Albini, obscur musicien hardcore à forte affinité indu, ex leader des vénéneux Big Black et accessoirement producteur à ses heures perdues. En matière de rock, les affaires sont parfois rondement menées, et de fait il n'a fallu qu'une seule soirée chez David Lovering, soirée aussi impromptue qu'alcoolisée, pour qu'Albini se lance dans l'aventure. Le lendemain, les Pixies étaient en studio, et Surfer Rosa vit le jour dix nuits et 10.000 dollars plus tard. Une paille.

Beaucoup de disques cultes se laissent apprivoiser sans effort, mais tel n'est pas le cas de l'album à l'andalouse dépoitraillée. Preuve de son jusqu'au boutisme sonore et de son atypie foutraque, Surfer Rosa choque, bouscule, dérange, et rejoint sur ce point le style extrémiste de Come On Pilgrim. En comparaison, Doolittle, son successeur, se révèle presque mainstream. La faute (si l'on peut dire) à une production made in Albini proprement radicale, misant tout sur un lo-fi incisif, ratissant les parties vocales pour les réduire au minimum vital, démultipliant le volume de la basse, acérant les giclées de guitares telles des lames de machettes mexicaines, et surtout plaçant la batterie au tout premier plan. De fait, la sonorité des caisses de Lovering sur cet album est tout bonnement herculéenne, il n'y a qu'à se passer l'introduction colossale de Bone Machine pour s'en rendre compte. Aussi lourde que brutale, aussi cinglante que massive, cette chappe de percussions fit rapidement la renommée de Steve Albini et fut l'argument décisif qui poussa Kurt Cobain à engager le bonhomme pour produire plus tard In Utero. De même pour Pure des Jesus Lizard, ou Rid Of Me de PJ Harvey. Mais le rendu technique de la galette n'explique pas à lui seul l'étrange ambivalence que l'on éprouve en l'écoutant, de cette ambivalence qui vous fait vous demander si, vous aussi, vous n'êtes pas en train de devenir complètement cinglé. Surfer Rosa a été conçu à l'instinct tant pour pulvériser les conventions que pour repousser les extrèmes. Ainsi en est-il de ces rythmiques punk complètement allumées, de ces chansons transpirant une démence aussi étrange qu'hilarante, mais aussi des éclats de voix hystériques de Black Francis et des grondements erratiques de la 6 cordes de Santiago. Il n'y a qu'à écouter les trésors de surréalisme déployés par des morceaux comme Something Against You, Broken Face, Oh My Golly! et Vamos (déjà présent sur Come On Pilgrim dans une version plus courte) pour prendre toute la mesure de ce disque hors norme. Le dernier titre, surtout, se pose en véritable manifeste pixiesien dans toute son excentricité, avec ses textes hispaniques sans queue ni tête, ses riffs dissonnants, sa batterie métronomique et son époustoufflant concert de hurlements copyright Black.

Puis, au fur et à mesure que les écoutes s'enchaînent, on se rend compte qu'il y a plus, bien plus qu'une folie incontrôlée chez les lutins de Boston. On y découvre des chansons, des vraies de vraies, avec des lignes mélodiques en béton armé, de petites rengaines rapidement expédiées (esprit punk oblige) mais qui n'ont pas leur pareil pour nous trotter dans la tête à toute heure de la journée. Et c'est à ce moment que l'on appréhende le mieux la place absolument primordiale qu'occupe Kim Deal dans la formation. Sur River Euphrates, par exemple, même si Black assure un show vocal assez délirant, les choeurs tendus et asphyxiants de la bassiste aimantent l'attention et tractent le titre vers des sommets insoupçonnés. Kim est également l'auteur (et la chanteuse) d'un petit bijou pop répondant au nom de Gigantic, jolie ritournelle sur fond de grosses guitares imposant d'emblée la marque de fabrique la plus fameuse des Pixies : couplets calmes et refrains puissants. Oui, ce schéma qui nous semble si galvaudé de nos jours, ce schéma ultérieurement vulgarisé par un certain Smells Like Teen Spirit, ce sont eux qui l'ont inventé. Quoi qu'il en soit, ce titre représente la seule contribution de Deal au groupe. Mais dans le genre mélodies imparables, Black Francis ne s'en sort pas trop mal non plus, merci pour lui. Que ce soit dans le pamphlet barge martelé avec toute la conviction d'un détraqué (Bone Machine), le brulôt alternatif au refrain incandescent (Break My Body), le gros délire d'adolescent cancanné avec passion (Tony's Theme) ou encore la ligne de guitare qui tue transportant un duo vocal en apnée (Brick Is Red), la fibre musicale du chauve fait déjà merveille. Et puis il y a Where Is My Mind, le tube le plus connu du quatuor (bien aidé en cela par son apparition dans la BO de Fight Club), superbe morceau inspiré à Black Francis alors qu'il faisait de la plongée sous-marine à Porto Rico et qu'il s'étonnait de l'absence de réaction belliqueuse des poissons dont il dérangeait l'habitat. Placé en plein milieu de l'album, tel une bouée de sauvetage lancée à l'auditeur en détresse, il offre un instant de répit et de contemplation dans tout ce foutoir sonore grâce à la limpidité de son hymne électrique et à ses choeurs évanescents.

A sa sortie, Surfer Rosa fût un flop commercial assez retentissant, et ne fut distribué dans un premier temps qu'en Angleterre avant que Rough Trade Records ne sorte l'album couplé à Come On Pilgrim aux Etats Unis - c'est d'ailleurs sous cette forme duale qu'on peut le trouver actuellement dans le commerce. Pourtant, le disque n'est pas longtemps passé inaperçu parmi les rockeurs, c'est le moins qu'on puisse dire. Il représente la meilleure carte de visite que pouvait se fabriquer Steve Albini pour démontrer l'étendue de son talent de producteur. Kurt Cobain lui-même affirma que la sonorité de l'album, sa dynamique novatrice et cette alliance entre gros son et mélodies pop avait eu un impact très fort sur la genèse de Nevermind. Quant à Billy Corgan, il a trouvé dans cette galette la motivation suffisante pour franchir le pas et lancer ses Smashing Pumpkins sur les rails. C'est dire si le premier album des Pixies a frappé fort là où ça faisait mal, réalisant une agression aussi barrée que joviale, aussi percuttante que jouissive. Un véritable sommet du rock alternatif, et la parfaite définition d'un abum culte, en quelque sorte. "
  • Parution : 21 mars 1988
  • Label : 4 AD
  • Producteur : Steve Albini
  • A écouter : Bone Machine, Where is My Mind, Gigantic, River Euphrates, Something Against You

dimanche 30 août 2009

Black Francis


De son vrai nom Charles Michael Kittridge Thompson IV, membre fondateur des Pixies, né en 1965 dans la Massachusetts. En 1986, étudiant à Boston, il prend le pseudonyme de Black Francis et fonde les Pixies avec son colocataire, le guitariste Joey Santiago, recrutant Kim Deal à la basse et David Lovering à la batterie. En quelques années et quatre albums historiques, cette formation va changer la face du rock indépendant américain, permettant l’éclosion d’une nouvelle vague de groupes fortement influencés par leur son et leur attitude. Ainsi Kurt Cobain ne cachera jamais tout ce que Nirvana doit aux Pixies.

En 1992, au moment de la séparation du groupe, Black Francis change son pseudo en Franck Black.

Avec l’aide d’Eric Drew Feldman (Captain Beefheart, Père Ubu), il publie en 1993, après le lancement d’une inattendue reprise électro de Hang On To Your Ego des Beach Boys (extrait de leur album Pet Sounds), son premier album, Frank Black, salué par la critique.
En dehors d’un hommage aux Ramones (le lyrique I Heard Ramona Sing : « The speed they’re travelling/They are the only thing ») et de la reprise de Brian Wilson, on retrouve dans ce premier album les thèmes favoris de l’ex-leader des Pixies : extraterrestres, planètes lointaines, distorsions spatio-temporelles, folie douce, ésotérisme, etc. Frank Black s’y essaye à différents styles de chant (du langoureux Everytime I Go Around Here au hurlant Ten Percenter), y compris parfois dans un seul et même morceau (Parry The Wind High, Low). Il poursuit, avec une orchestration élargie (cordes, cuivres), les expérimentations déjà perceptibles dans les deux derniers albums des Pixies, Bossanova (1990) et Trompe le monde (1991) et semble gagner en ambition et en puissance vocale ce qu’il perd en légèreté et efficacité.

Avec le très dense Teenager Of The Year, sorti un an plus tard, la prolixité de Frank Black se change en gloutonnerie : 23 morceaux inégaux s’y succèdent à un rythme échevelé. D’une chanson à l’autre, on change d’univers sonore et mélodique, F. Black s’amusant à multiplier les ruptures de style, passant d’un court morceau hardcore (Thalassocracy) à une douceâtre chanson reggae (Fiddle Riddle) puis à une composition aérienne indécidable (The Vanishing Spies), etc. Les thèmes, eux, ne varient pas : astrophysique, science fiction, caprices de l’espace physique, etc.

Si Teenager Of The Year reste aujourd’hui l’un des albums préférés des fans de Frank Black, à cause sans doute de sa largesse, l’album est un échec commercial. Frank Black traverse alors une période de crise d’inspiration et renoue avec ses premières amours, le punk-rock hardcore, s’appliquant à composer des titres moins ambitieux.

Sur sa lancée, F. Black s’adjoint un groupe, The Catholics, et fait paraître un disque tout aussi brutal et électrique, Frank Black and The Catholics, dans lequel le morceau The Man Who Was Too Loud fait office de confession sur les raisons de ce tournant musical (« He’s not the man that he used to be »). L’unique ballade de l’album, Dog Gone, est une des plus personnelles et déchirantes de l’auteur.

F. Black se sépare se remarie dans les années 2000 avec la bassiste et chanteuse Violet Clark, avec qui il aura plusieurs enfants et fondera quelques années plus tard le duo Grand Duchy. Il abandonne son groupe les Catholics et part enregistrer à Nashville, en compagnie d’un certain nombre de grands noms (le légendaire guitariste Steve Cropper, Buddy Miller, Reggie Young, le bassiste David Hood), l’album Honeycomb, à ce jour sans doute sa plus grande réussite. Doux-amer mais serein, dépouillé de toute explosion de rage, Honeycomb explore avec tendresse et professionnalisme divers aspects de l’americana : country, folk, soul. F. Black y interprète une version très réussie du célèbre At The Dark End Of The Street de James Carr.

Courant 2006, Frank Black reprend son pseudonyme du temps des Pixies et redevient Black Francis.

Discographie sélective :
  • 1988 : Surfer Rosa
  • 1989 : Doolittle
  • 1993 : Franck Black
  • 1994 : Teenager of the Year
  • 1996 ; The Cult of Ray
  • 2009 : Petits Fours (Grand Duchy)


Pour une discographie complète et commentée, voir Wikipédia.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_Black

lundi 24 août 2009

Grand Duchy - Petits Fours (2009)


Parution : 2 mars 2009
Label : Cooking Vinyl
Genre : Rock alternatif, garage, pop
A écouter : Fort Wayne, Black Suit, Volcano !

7/10
Qualités : sensuel


Les excès de sucreries ont peut-être porté, depuis 1993, atteinte à la légende Franck Black. Après 17 albums de qualité variable, quelle alternative reste t-il à cet artiste, qui se moque certes des modes, tendances, courants et influences, mais est sans doute trop enclin à préférer une routine je m’enfoutiste, ni grand art, ni grand coup.
Franck Black a pourtant une vraie force, encore aujourd’hui ; son aura. Pas besoin pour lui de regarder loin au-delà de son imposant corps pour voir graviter une bonne quantité de formations contemporaines, se nourrissant des miettes des Pixies et essayant de comprendre la fulgurance pop de Where is My Mind, un des morceaux les plus extraordinaires de l’histoire musicale moderne, aussi incroyablement accrocheur que peu révélateur de ce que furent les Pixies. Franck Black ressemble un temps à une planète gazeuse, dont il ne reste pas de noyau, seulement des anneaux, ces manifestations plus vraiment sincères. Ou peut être que si, mais plus tellement intéressantes. Et on promet de reformer les Pixies, mais Kim Deal et ses Breeders semblent partis loin, loin.


Grand Duchy est une belle manœuvre de l’ancien leader des Pixies. Plutôt que de complètement se débarrasser de sa forte tête, il reporte cet égo sur sa moitié, Violet Clark, une quasi-débutante (elle n’a réalisé qu’un album solo peu remarqué l’an dernier), montant du coup un duo excitant en forme d’osmose naturelle.


Que deux personnes amoureuses puissent faire de la musique ensemble, est, à mon sens, une des plus belles idées du rock, et c’est bien trop rare. C’est vrai qu’il faut du cran, parce qu’alors, où que vous soyez, vous n’êtes jamais à l’abri de devoir donner votre avis sur telle au telle partie vocale, vous assistez à absolument tout ce que fait l’autre (« We drive each other nuts », commente Clark en interview). La collaboration musicale aurait démarré avec la participation à un disque hommage à The Cure sur lequel Clark chantait A Strange Day. Elle devient ici la pièce maîtresse, apportant ses joliesses en forme de mignardises pop New Wave –« I've had strong musical aspirations since I was young. My mom would buy me whatever little keyboards she could afford, and I would spend hours, singing in the mirror.” -, qui se mélangent aux guitares crues et surtout à une lourde basse qui ressuscite un peu le panache Pixies. Ce qui peut paraître déroutant c’est de voir à quel point toutes les qualités de l’album trouvent leur opposé ailleurs dans le disque ; romantique et glamour, new-wave  typique de Brian Eno (chœurs et claviers) molle ou dynamique. Des morceaux comme Seing Stars ou Ermesinde sont très pop, et trahissent la direction tout de même fortement commercialisable confirmée sur des titres plus dynamique et sexy comme Black Suit ou The Long Song.
Si les deux titres ne sont pas entièrement convaincants, la suite n’est qu’un crescendo de crochets acérés et jamais agaçants, grâce notamment à l’enthousiasme de l’interprétation. Fort Wayne voit Clark chanter en français, tandis que sur Black Suit, Black donne une prestation physique assez rassurante.
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