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mercredi 18 octobre 2017

SMOKY TIGER - Great Western Gold (2017)


OO
audacieux, vintage, frais
Pop, blues


Si l'on écoute Great Western Gold dans le détail, il paraît un peu comme l’exploit d'un homme n'ayant jamais enregistré ses chansons auparavant. La simplicité didactique des paroles, le côté sensationnel des histoires racontées – celles de hors la loi et d'indiens ayant vécu « not so long ago » et d'occultisme climatique – viennent droit de Manitoba, canada. Ces histoires n'ont jamais été racontées, et elles le sont avec cette conviction. 


Pour éveiller ces histoires remontant parfois au XIXème siècle, le mystérieux Smoky Tiger emprunte au rockabilly des années 50. Son baryton évoque Johnny Cash, ce qui sied à merveille, puisque le pénitencier est le lieu où résident beaucoup de ces histoires. Vous ne les trouverez pas à la bibliothèque, où elles auraient trouvé le repos. Comme en témoigne Smoky Tiger, ce sont des légendes déambulant dans les couloirs et les allées, attendant qu'un médium les restitue.

La drôle de maturité de Great Western Gold en fait un album d'adultes, à l'image de ses personnalités licencieuses : des durs connus pour la façon dont ils ont persévéré, toute leur vie, à se rebeller, et dont le fantôme viendra s'assurer que vous n'ayez pas raté un épisode de leur pulp fiction. Jets Anthem, avec son break à l'orgue hammond, explore la modernité, de façon toujours mythologique : « Back in the seventies/We where the champs » On pense à We Will Rock You.

Smoky Tiger a trouvé sa vocation il y a une dizaine d'années, puisque un album existe déjà sous son nom en l'année 2009. Sa voix parfaitement maîtrisée montre bien qu'il sait exactement quoi en faire. Une voix de balladin ayant défié les éléments, et quand il rocke, sur Bloody Jack, on dirait Tom Rush en plein pastiche sur Who Do You Love ? Le pont, lugubre, assure que même la mort ne laisse pas ce héros tranquille. La mère du bandit s'en va trouver un sorcier vaudou pour le faire ressusciter. L'ambiance décrépite de se grand moment de narration, puis la fin déchaînée du morceau, est l'un des meilleurs moments de l'album.

Flying Bandit, une histoire de détrousseur de banques, est agrémentée de bossa nova. Tout ce qui pourrait paraître semi délirant, comme de mêler les sons de jeux d'arcade électroniques à ce backdrop exotique, plus des accords en power chord et des harmonies dans la tradition des vieux studios américains, tout cela est parfaitement vrai. Le mélange des genres donne des ailes à Terry Fox (un athlète unijambiste canadien), avant que la chanson ne se termine avec un message révérencieux, passé comme un relais à travers les âges « Stay strong ».

Puis démarre une deuxième moitié de l'album, peut -être plus incroyable encore. Deux chansons autour de sept minutes, la première, un blues hypnotique et brûlant où « Tommy Prince was a natural born killer. » Elle décrit un héros de guerre populaire canadien, avec saxophone énervé et guitares blues rock. Plus loin la voix de Tiger devient carrément celle de Tom Waits. L'évocation de Winnipeg, omniprésente dans l'album rappelle qu'il s'agit d'un disque de ce cartel terrible, Transistor 66. « I must sing this sad song/It's a story you should know/I've yourd heard of Big bear/He was a leader here » démarre Big Bear, moins austère que ses premièrs abords le suggèrent. L'histoire d'un chef indien désireux de défendre les droits des siens, et dont ces sept minutes de magnificence constituent l'éloge universel. 

Purple City Glow nous ouvre les portes d’un monde de secrets et d’excès. «The Pool of the Black Star n’est pas une référence à David Bowie, comme me l’expliquera Courtnage après avoir lu dans cette chronique une allusion dans ce sens . «J’ai été scotché qu’il fasse cette chanson, Black Star, bien après que la mienne ait été écrite. Il y a un hall mystérieux à Winnipeg appelé  the pool of the black star, dans notre building légilatif. » Des chœurs sépulcraux s’associent bientôt. 
Louis Riel revient, à travers le portrait d’un instigateur de révolte, au temps de la chasse au bison, déjà évoquée dans Warden of the Plains. C’est peut-être une histoire d’après guerre, cette fois, mais celle d’hommes toujours tributaires d’un immense passé, bâti de règlements de comptes et de procès expéditifs. Un monde où il valait mieux être artiste derrière des portes closes que de respirer trop intensément l’air de la piste sauvage, ou encore de chercher de intéressements dans la politique locale, au risque de finir pendu. 



Ecouter l'album : 
http://www.transistor66.com/smokytiger

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