“…you can hear whatever you want to hear in it, in a way that’s personal to you.”

James Vincent MCMORROW

Qualités de la musique

soigné (81) intense (77) groovy (71) Doux-amer (61) envoûtant (60) ludique (60) poignant (60) entraînant (55) original (53) élégant (50) communicatif (49) audacieux (48) lyrique (48) onirique (48) sombre (48) pénétrant (47) sensible (47) apaisé (46) lucide (44) attachant (43) hypnotique (43) vintage (43) engagé (38) Romantique (31) intemporel (31) Expérimental (30) frais (30) intimiste (30) orchestral (30) efficace (29) rugueux (29) spontané (29) contemplatif (26) fait main (26) varié (25) nocturne (24) extravagant (23) funky (23) puissant (22) sensuel (18) inquiétant (17) lourd (16) heureux (11) épique (11) Ambigu (10) culte (8) naturel (5)

Genres de musique

Trip Tips - Fanzine musical !

mardi 9 février 2016

TINARIWEN - Imidiwan : Companions (2009)





OOO
engagé, pénétrant, hypnotique
Blues touareg

Tinariwen est un groupe culte de notre génération, ils ont un son magique, mélange d’instruments acoustiques et électriques, qui est comme le soupir du désert. Ils emportèrent avec eux, partout où ils furent révélés, leur musique centrée sur la guitare électrique et ses drones (et il est facile de voir comment ceux qui enregistrent une telle chose gutturale que Tahult In ont inspiré Dylan Carlson de Earth), autour de laquelle s'orchestre un mélange de sonorités traditionnelles maliennes, de blues noir-américain réinterprété et d'épices moyen-orientales. 

Mais leurs plus beaux secrets doivent être expérimentés sur place, au Mali et dans les terres changeantes qui comprennent l'Algérie, la Libye, le Niger. Voir des pierres cambrées battues par les vents, entendre les échos du roulement minéral dans les cavernes rocheuses sous le sable, et les cordes de guitares électriques branchées à leurs amplis gronder sous la seule direction du vent. Parmi tous les combats, leur musique naturelle évoque ainsi celui contre la société technologique que nous adorons ou abhorrons.

Va t-on parler bientôt de matrimoine, et plus seulement de patrimoine ? L'un des chanteurs de Tinariwen, Ibrahhim ag Alhabib « Abraybone », ferait office de figure paternelle d'exception dans cet album qui donne envie de s'écrier : patrimoines de tous pays, unissez vous ! Sa responsabilité, restituer le son de la communauté culturelle tout entière. En comparaison d'autres albums du groupe, Imidiwan : Companions comprend plus de chœurs, notamment dans sa première partie. La deuxième partie contient un élément plus lancinant, un plus grand dénuement et des riffs qui n'auraient pas été déplacés sur un album de John Lee Hooker (Ere Tasfata Adounia).

Il y a là le paradoxe d'un message élusif partagé par le plus grand nombre, et toutes les générations. C'est un chant de vie dans toute sa complexité autant intérieur et ombragé que propre à être partagé. Cette vie est aussi vaste que des mots intraduisibles, tels assuf, qui signifie la nostalgie de sa maison, la solitude, la tristesse. Assuf ag Assuf est une chanson hypnotique, sa guitare improvisant un chant poétique rarement porté à ce niveau dans un morceau de Tinariwen. 


C'est qu'après avoir avec Aman Iman (2007) affirmé le message urgent de rébellion et de survie du peuple et de la culture des Tamasheq (touaregs), après avoir dispensé leur musique dans le monde, Imidiwan : Companions célèbre leur retour au désert, terre des hommes, qui n'appartient à aucune superstition, qui ne se soumet pas, mais s’embellit et se révèle sous le charme de la musique et des émotions de Tinariwen. Plus que jamais, cet album donne envie de considérer Tinariwen non comme un groupe aux frontière délimitées, mais comme une grande famille d'artistes dont l'esprit tout en variantes et nuances nous imprègne graduellement.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...