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jeudi 14 juillet 2016

KACY & CLAYTON – Strange Country (2016)




OO
intemporel, poignant
folk

Kacy Anderson et Clayton Linthicum viennent d’un endroit ou les heures dont sont retirées, étirées, de vieilles inspirations comme Doc Watson et la Carter Family leur parvenant par un hasard de leur espace-temps, et la country des années 40 ramenée un jour par un ‘neighbor’ revenu de son égarement dans une dimension voisine. L’éducation musicale de ces deux cousins s’est constituée par coïncidences, à force de se focaliser sur leur passion et de vouloir s’arracher à leur terreau, à 12 kilomètres au nord du Montana, soit au fin fond du Canada. Il y a quelque chose de très romanesque dans la façon dont le duo a commencé à s’animer pour la musique, tout en vivant à 5 heures de route du disquaire le plus proche, sans réseau internet fiable, et poussés à conduire sans permis pour pouvoir se rejoindre et jouer alors qu’ils vivaient à 6 miles d’écart l’un de l’autre.

Propulsé par une chanson titre qui ravive instantanément les espoirs pour un folk à la fois riche et simple, hypnotique, Strange Country est déjà l’album d’un groupe qui s’est parfaitement érigé sur son propre sommet, bien que Kacy Anderson, qui se consacre exclusivement au chant, n’ait que 20 ans. Ils tiennent, avec ces sept chansons originales (et 3 reprises), le condensé d’une formule retrouvée. La qualité, la limpidité de ces compositions personnelles est évidente, notamment quand on rencontre, en fin d’album, après la traditionnelle Plains of Mexico, la glaçante Dyin’ Bed Maker, ou une femme au foyer se mue en criminelle mue par la jalousie. Voilà, d’abord composée au violon, par K. Anderson, une façon mémorable de terminer ce disque trop court mais dense. La folle décision du meurtre n’a jamais semblé si mûrement réfléchie, trente minutes durant, en réalité. Les arrangements de cordes nous ravissent une dernière fois. On sent là tout le talent du duo pour partager les images prégnantes de leur conscience.

Fascinés par les sons anciens, ils ont aussi trouvé leur public parmi les personnes âgées, avant de donner à leur formule dépouillée un sens de plus en plus cohérent dans l’époque actuelle, une forme de ‘rébellion contre la rébellion’, un vent de fraîcheur dans une ère d’albums surproduits. Le jeu envoûtant de C. Linthicum, qui évoque autant le folk du Dust Bowl, ces ballades des années 20 décrivant les famines et les désastres frappant les gens de la terre, avec une lenteur étrangement grisante, et le Blues Revival des années 50 et 60, remet sans effort cette époque au goût du jour. L’esprit d’effronterie dont ils font preuve se marie à merveille avec leur touche acoustique aventureuse, tissée d’un écheveau fiévreux de notes.

Ils ont une prédilection pour les murder ballads, ces chansons qui ravivent de vieilles histoires d’assassinat, qui exhument les secrets enfouis de leur propre communauté, le scandale de grossesses interdites. C’est une œuvre folk puissante, celle parvenant à décrire ce qui se passe derrière les portes closes, nous attrape par la main par son charme et sa grande clairvoyance. « J’étais obsédée par les femmes au foyer. Qui pense encore à leur sort ? Personne. Leur histoire, peu l’ont racontée. Personne ne les voit, ni ne s’occupe d’elles, ou en parle, quand depuis si longtemps la mère a vécu dans la maison, en esclavage, et privée de tout.” Dans les anciennes histoires de famille réside le cœur de la rébellion. « Souvent, les histoires de meurtre montre des femmes faibles. Je préfère les histoires dans lesquelles la femme commet le crime. Cela signifie : nous ne sommes pas faibles, et nous allons vous baiser. »

Les interview sont issues du site internet de Kacy & Clayton

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