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mercredi 13 mars 2013

JOSH RITTER - The Beast in Its Tracks (2013)

 
OO
attachant/apaisé/lucide
folk contemporain
 
si vous aimez : The Tallest Man on Earth, Eels
 
La première chose qui a attiré mon attention avec le septième album du chanteur de country/folk contemporain Josh Ritter, dont, je pense, peu de monde a encore entendu parler en France : la pochette de The Beast on its Tracks. Le portrait y est excellent – il provoque une sensation qu’on ne parvient pas à définir et reste difficile, voire impossible à interpréter. Et ce faux air de Bill Callahan, l’icône du romantisme minimaliste américain de ces vingt dernière années, n’est pas pour me déplaire.
Ritter est un classique dans ses goûts et ses méthodes. Son deuxième album impeccable n’est pas réputé pour avoir provoqué, lors de sa parution en 2002, une surprise insurmontable auprès de ses futurs fans, mais le songwriter était capable d’évoquer Nick Drake (You’ve Got The Moon), le Bob Dylan le plus gracieux, Paul Simon (pour les arrangements) ou Leonard Cohen (pour le sens de la formule), et il s’est formé autour de lui une communauté qui l’admire pour la qualité marquante de ses textes, sa façon de les chanter d’une voix égale et parfaitement confiante. Sa passion pour l’histoire américaine et un talent de romancier surréaliste - que Stephen King, dans une chronique pour The New York Post, a associé à celui de Ray Bradbury (son premier roman, Bright’s Passage, est paru en 2010) - l’a peut-être aidé par le passé, notamment sur l’acclamé So Runs The World Away, mais The Beast in Its Tracks lui a demandé une autre sorte de distance. C’est le récit de son divorce et due son rebond sentimental inespéré vers une autre femme.
A la première écoute, The Beast in Its Tracks manque de surprises, ses chansons apparaissant modestes et dépourvues de grosses distinctions mélodiques – à titre d’exemple, l’une d’entre elles, In Your Arms Again, évoque Grace Kelly Blues de Eels. Le pouvoir de l’album est cependant de passer sans briser une forte continuité par toutes sortes de sentiments, la colère, le désespoir, l’humour, l’honnêteté, l’empathie et le petit désir de vengeance que tout amant blessé, de Cohen à Dylan, n’a pas manqué de faire valoir jusqu’à en faire, avec une retenue tout à fait amicale, un thème central de leurs chansons les plus célèbres. Le don de Ritter pour les mots est à ce point mordant qu’il peut porter des coups bas - assurer qu’avec sa nouvelle compagne il est plus heureux qu’il ne l’a jamais été avec l’autre, là - et rester un gentleman. “But if you’re sad and you are lonesome and you’ve got nobody true, / I’d be lying if I said that didn’t make me happy too”. Depuis ses débuts en 2000, Ritter a eu plus que le temps de jouer le rôle de l’amant découragé dans ses chansons : mais c’est seulement en perdant la chanteuse Dawn Landes qu’il a saisi que la véritable valeur de l’amour résidait dans la reconstruction et la réinterprétation constante des signes quotidiens chez l’autre, dans l’apparence d’une femme sous ses yeux et dans une pensée qu’il entretient pour celle qu’il ne voit pas. Tout cela opère comme un mouvement perpétuel, ce qui correspond parfaitement à la nature d’un album où les chansons sont conçues pour se fondre les unes dans les autres, indéfiniment. 
Ses chansons décrivent les situations et les sensations précises qu’il a traversées, agissent telles une collection d’images sur un mur, qui ne font vraiment sens que lorsque vous avez consacré un moment à les étudier. Sa façon de décrire son bonheur et de laisser entendre combien il est fragile et lié à des sentiments éphémères évoque la façon de Mark Everett sur Daisies of the Galaxies (album auquel j’ai déjà fait appel en évoquant Grace Kelly Blues). La pièce centrale de l’album est New Lover : “J’ai une nouvelle amante maintenant, et elle sait ce dont j’ai besoin/Quand je me réveille la nuit, elle peut lire mes derniers rêves/et elle les apprécie, même si elle ne dit jamais ce qu’ils signifient. » Malgré la nature ténue de sa joie, Ritter est persuadé qu’il n’a jamais été si heureux de sa vie, ce qui rend l’album comme parcouru d’une étincelle vitale, en comparaison avec ses anciens disques. L’éclat d’une lumière, même passagère, est l’un des thèmes les plus légers mais les plus intenses à animer un album, et lorsque cet éclat donne encore et encore, des preuves de sa raison d’être, c’est très gratifiant pour l’auditeur. Dans Lights : “I’ve got your light in my eyes.” Dans A Certain Light : “My new lover is really kind, / The kind of lover that one rarely finds / And I’m happy for the first time in a long time”.
Dans l'amour tout s'additionne, et on ne ressort jamais perdant, comme le raconte le petit tube Joy To You Baby en conclusion : « Si je ne t’avais jamais rencontrée/Tu ne serais pas partie/Mais je n’aurais pas pu te rencontrer/Nous n’aurions pas été ensemble/On dirait que tout concourt/à être heureux à la fin. »  

 

 
 
 

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