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James Vincent MCMORROW

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dimanche 19 août 2012

Ry Cooder - Election Special (2012)






 
ParutionAout 2012
Labelnonesuch
GenreRock, Blues
A écouterBrother is Gone, Cold Cold Feeling
°°
Qualitésrugueux, engagé, lucide

Cet album bougon et ramassé est le plus important aux Etats-Unis pour les mois à venir ! Pour Ry Cooder, il s’agit de son disque le plus engagé et le plus direct, chaque parole de ces 9 chansons faisant de lui une sorte de Randy Newman - l’archétype du songwriter caustique – en plus agressif. Pull Up Some Dust and Sit Down (2011) avait beaucoup d’histoires à raconter : Jesse James s’attaquant aux banques comme le justicier s’en prend aux voleurs (El Corrido de Jesse James) ; un mutilé de guerre sensé entrer en trêve avec ses souffrances à l’approche de noël, ou comment miner l’hypocrisie religieuse (Christmas Time This Year) ; un hommage à ceux qui travaillent de leur mains plutôt que de gagner de l’argent en suivant le cours d’actions par téléphone (Simple Tools) ; et surtout John Lee Hooker for President, imaginant le vieux bluesman monter un programme pour la présidence après avoir été refoulé sur le perron de la Maison Blanche. « Une fois que vous êtes lancé, remarque Cooder, les évènements, les idées semblent vous tomber dessus comme ça. Votre oreille s’accorde à leur résonnance. » On l’aura compris, ces histoires racontées par des ressortissants de toutes les classes de la société américaine produisent un tableau désenchanté de la politique de son pays, en mettant en évidence les terribles contradictions sur lesquelles les véritables responsables du marasme actuel sont assis depuis longtemps. La nervosité de ces commentaires de société n’empêche par Ry Cooder de rester un amoureux de musique, le blues ou la musique latino-américaine se trouvant redorés sous l’action de son jeu de guitare – l’un des meilleurs au monde.


Tel qu’il est présenté – comme une collection de chansons pour appeler les gens à ne pas voter Romney, et par extension à voter Démocrate lors des prochaines élections présidentielles en novembre – on peut se demander pourquoi ces chansons font l’objet d’un album. Très différent des concepts album de sa ‘trilogie de Los Angeles’, Chavez Ravine (2005), My Name is Buddy (2007) et I, Flathead (2008), sa façon de réveiller l’urgence de la situation le rend aussi meilleur. Et Ry Cooder ne fait quasiment pas de concerts, ce qui finit de justifier un tel geste ; Election Special est sa façon à lui d’exprimer son engagement - et vu le potentiel déjà largement commenté de l’album par les médias américains, avant même sa parution, la force de son contenu peut encore servir de levier à des actions d’éclat pour Cooder, son entourage ou ses fans. Les stickers aux couleurs de l’album sont déjà prêts à être collés sur les banderoles de prochaines manifestations. Parmi ses soutiens, et même si on ne le verra pas dans les manifestations, Cooder peut sans doute désormais compter Obama. La plus belle chanson de l’album, Cold Cold Feeling, décrit un président usé par les attaques portées contre lui – mais c’est cette usure mêlée d’une force battante qui donne aux musiciens de blues leur extraordinaire longévité. « I walked up and down the White House / Till I wore the leather out from under my shoes / I didn’t have nothing but the cold cold President blues.” D’un autre côté, vous feriez confiance à quelqu’un qui maltraite son animal de compagnie ? C’est entre autres ce dont Mitt Romney est coupable, et Cooder ne se lasse pas d’un faire un véritable blues de chien battu sur le premier morceau de l’album. Un mélange original de percussions, jouées par son fils Joachim Cooder, propulse la chanson.


A côté de ce duel présidentiel, Cooder évoque la cruauté de prisons par ailleurs florissantes (‘Guantanamo’), les lois rétrogrades (Going to Tampa, Kool Aid) et le recrutement de l’armée perpétué dans les écoles publiques (The 90 and the 9). Il ne fait jamais rien de tout ça d’une manière qui le rende moins que convaincant. Take Your Hands Off It est un point d’orgue de l’engagement pour l’intégrité morale de son pays ; il enjoint tous ceux qui ont porté un coup aux droits fondamentaux à retirer leurs mains sales de la Constitution.

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